Troubles du sommeil chez les internes : résultats du Baromètre santé des internes de la subdivision de Lyon 2025 - 06/03/26
, Alexandra Duvignau 2, Emmanuel Fort 2, Julia D’aviau De Ternay 3, Amélie Massardier Pilonchery 4, Stéphanie Mazza 5, Ludivine Nohales 4, Carole Pelissier 6, Frederic Roche 7, Benjamin Rolland 3, Martine Wallon 5, Sophie Pelloux 8, Laure Peter-Derex 1Résumé |
Objectif |
Les internes sont exposés à des conditions de travail exigeantes et à des facteurs de stress pouvant altérer leur santé et leur bien-être. Le sommeil apparaît comme une vulnérabilité particulière pouvant être ciblé par des mesures de prévention. Dans le cadre de la 2 e édition du Baromètre santé des internes de la subdivision de Lyon (BASIL-2), nous avons évalué les troubles du sommeil et leurs déterminants.
Méthodes |
L’enquête BASIL-2 a été proposée à l’ensemble des internes en médecine/pharmacie/odontologie de la subdivision de Lyon (février–mars 2025). Un questionnaire en ligne recueillait les données sociodémographiques, caractéristiques du travail, habitudes de sommeil, état de santé, et consommations. Il incluait des instruments validés : qualité du sommeil (PSQI), insomnie (ISI), somnolence (ESS), bien-être mental (WEMWBS), détresse psychologique (K6), et activité physique (IPAQ). Un calage sur marges (sexe, spécialité) a corrigé la représentativité de l’échantillon. Les analyses descriptives pondérées ont été réalisées, ainsi que l’analyse uni- et multivariée des facteurs associés à la qualité de sommeil et à la somnolence.
Résultats |
Sur 2092 internes sollicités, 592 ont répondu (61,3 % de femmes, âge moyen 27 ans). La qualité du sommeil était altérée (PSQI > 5) chez 63,6 % des répondants, 25,5 % rapportaient une somnolence diurne excessive (ESS > 10) et 8,3 % une insomnie modérée à sévère (ISI > 14). Alors que les besoins de sommeil moyens étaient estimés à 8h13 min, 71,8 % des internes déclaraient dormir habituellement moins de 7 h. En analyse multivariée, une qualité du sommeil altérée était associée au fait de vivre seul (OR = 1,69, p = 0,02), à une santé perçue négativement (OR = 2,41, p = 0,0002), aux plaintes cognitives (OR = 2,88, p = 0,002), à la détresse psychologique (OR = 4,64, p = 0,03), et à la consommation fréquente d’anxiolytiques/somnifères (OR = 9,88, p < 0,0001). La somnolence était associée à la spécialité ( p = 0,03), au nombre d’heures hebdomadaires de stage (OR = 1,03, p = 0,01), à la dette de sommeil (OR = 1,01, p = 0,001), à une santé perçue négativement (OR = 2,7, p = 0,02), aux plaintes cognitives (OR = 2,87, p = 0,02), et à la consommation occasionnelle de somnifère/anxiolytique (OR = 2,03, p = 0,04).
Conclusion |
Les troubles du sommeil sont fréquents chez les internes, et associés à des facteurs professionnels, comportementaux, ainsi qu’à leur santé. Ces résultats soulignent la nécessité d’actions de prévention ciblant le sommeil dans cette population.
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Vol 23 - N° 1
P. 65 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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