Échelle de somnolence de Bordeaux (BOSS) : une échelle pour prédire les accidents de la route liés au sommeil chez les abonnés du réseau autoroutier - 06/03/26
, Julien Coelho 1, Jacques Taillard 1, Bernadette Moreau 2, Alex Chanteclair 3, Jean-Arthur Micoulaud-Franchi 1, Pierre Philip 1Résumé |
Objectif |
La somnolence au volant est fréquemment rapportée. L’objectif de cette étude est d’explorer la prévalence de la somnolence au volant et les facteurs de risque associés aux presque-accidents et aux accidents de la route chez les abonnés du réseau autoroutier.
Méthodes |
Les abonnés du réseau autoroutier ont été invités à participer à une enquête en ligne entre avril et novembre 2024. Au total, 13 187 conducteurs non retraités ont répondu à des questions sur leurs caractéristiques sociodémographiques, leurs habitudes de sommeil, leurs troubles du sommeil, leur mode de vie et leur état de santé, leur consommation de substances, leurs habitudes de conduite et les conditions d’un presque-accident ou d’un accident. L’échelle de somnolence de Bordeaux (BOSS) [1] a également été utilisée.
Résultats |
Au total, 29,6 % des conducteurs ont déclaré au moins un presque-accident et 8,8 % ont déclaré au moins un accident au cours de l’année passée. Après ajustement sur l’âge, le sexe, l’exposition kilométrique et les troubles psychiatriques déclarés, les facteurs prédicteurs d’accidents liés à la somnolence sont la survenue d’au moins un épisode de somnolence sévère au volant au cours de l’année passée (odds ratio [OR] 5,9 intervalle de confiance [IC] à 95 %, 2,8–12,4, p < 0,001), un score BOSS ≥ 3 (OR 3,2, 95 % IC, 1,7–6,3, p < 01), un score Epworth ≥ 11 (OR 2,4, 95 % IC, 1,4–4,3, p < 01), un temps de sommeil < 7 h les jours de repos (OR 2,1, 95 % IC, 1,1–3,9, p < 0,05), être en travail posté (2/8, 3/8, etc.) (OR 3,6, 95 % IC, 1,4–9,3, p < 0,01], être en jetlag social ≥ 2 heures (OR 2,1, 95 % IC, 1,1–4,0, p < 0,05] et avoir rapporté un presque-accident l’année passée (OR 65,0, 95 % IC, 23,6–178,5, p < 0,001).
Conclusion |
La somnolence au volant reste un facteur de risque majeur d’accidents et de presque-accidents. Une mauvaise hygiène de sommeil, un sommeil irrégulier, la survenue d’épisodes de somnolence sévère au volant et avoir rapporté un presque-accident au cours de l’année passée sont des facteurs de risque des accidents liés à la somnolence. Le BOSS est une échelle plus pertinente que l’ESS pour prédire les risques liés à la somnolence au volant dans une population non clinique.
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Vol 23 - N° 1
P. 67 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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