Durée du sommeil et santé mentale : l’effet du genre dans la population générale - 06/03/26
Résumé |
Objectif |
Les troubles du sommeil et les difficultés de santé mentale présentent des prévalences différenciées selon le sexe. Cependant, peu d’études à grande échelle ont exploré simultanément les comportements de sommeil, la somnolence et les symptômes dépressifs dans la population générale via des outils numériques. L’objectif de cette étude était d’analyser les différences entre hommes et femmes sur les troubles du sommeil et de santé mentale à partir des données collectées par l’application Kanopée.
Méthodes |
Nous avons inclus les utilisateurs ayant téléchargé l’application avant septembre 2025 et complété les évaluations initiales ( n = 96 779). L’échantillon comprenait 56,6 % de femmes (âge moyen 45,2 ± 15,6 ans) et 39,2 % d’hommes (44,8 ± 16,7 ans). Les questionnaires utilisés incluaient l’ Insomnia Severity Index (ISI), l’ Epworth Sleepiness Scale (ESS), le Patient Health Questionnaire (PHQ-2, PHQ-9), ainsi qu’un agenda du sommeil, et du jetlag social. Les analyses ont été stratifiées par sexe et suivies longitudinalement aux temps J0, J7 et J17.
Résultats |
À l’inclusion, les femmes présentaient une prévalence plus élevée d’insomnie (64,3 vs 35,7 % chez les hommes) et de symptômes dépressifs (PHQ-2 positif : 64,0 vs 36,0 %). Cette tendance se maintenait à J7 et J17, malgré une diminution progressive des effectifs. Concernant la somnolence diurne (ESS), les différences étaient similaires, avec des scores plus élevés chez les femmes. Pour autant, les comportements de sommeil reportés montraient des divergences : à J0, 66,3 % des femmes déclaraient un horaire de coucher plus tardif contre 33,7 % des hommes, différence retrouvée sur les temps de lever et le TST. L’analyse du TST moyen montre que les femmes dorment significativement plus longtemps que les hommes, quelles que soient leurs catégories socioprofessionnelles et leurs scores ISI, ESS, PHQ. Le jetlag social était également plus marqué chez les femmes (59,1 vs 40,9 %).
Conclusion |
Cette étude met en évidence des différences nettes entre sexes dans les troubles du sommeil et de santé mentale. Les femmes rapportent davantage d’insomnie, de symptômes dépressifs et de jetlag social, malgré un temps de sommeil légèrement supérieur. Ces résultats soulignent la nécessité d’approches différenciées et personnalisées dans la prévention et la prise en charge des troubles du sommeil selon le sexe.
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Vol 23 - N° 1
P. 68-69 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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