MORFE 90–Étude pilote sur la faisabilité d’une mesure précoce à 90 minutes de la redistribution hydrique nocturne par impédancemétrie - 06/03/26
Résumé |
Objectif |
Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est un phénomène multifactoriel pouvant être favorisé par le déplacement liquidien rostral nocturne « fluid shift », qui augmente la collapsibilité des voies aériennes supérieures. L’impédancemétrie est la méthode de référence pour quantifier ce phénomène nécessitant une hospitalisation nocturne, limitant son usage en pratique courante.
Méthodes |
Dans le cadre de cette étude pilote prospective monocentrique (CHU de Poitiers, déc. 2023–avr. 2024), étaient inclus des adultes suspects de SAHOS. Tous ont bénéficié d’une polysomnographie associée à des mesures segmentaires de bio-impédancemétrie réalisées à T0 (avant le coucher), T30, T90 et au réveil (D1) ( Fig. 1 ). Le critère de jugement principal reposait sur l’analyse de la corrélation entre les mesures effectuées à T90 et celles obtenues à D1.
Résultats |
Trente patients ont été inclus dans l’analyse finale (âge moyen 52 ± 14 ans, 53 % de femmes, IMC moyen 30 ± 8 kg/m 2 ). Près de 37 % étaient hypertendus, 17 % diabétiques, et 17 % présentaient une insuffisance cardiaque. L’indice d’apnées-hypopnées (IAH) médian était de 19 événements/h (13–42), avec un profil globalement modéré. Concernant le critère principal, le coefficient de corrélation intra-classe (ICC) entre les volumes mesurés à T90 et ceux obtenus après une nuit complète (D1) était à 0,33, avec une différence moyenne de 90,2 mL entre les deux temps. En revanche, le critère exploratoire, basé sur un indice normalisé tenant compte de la variabilité interindividuelle, montrait une meilleure corrélation avec un ICC de 0,70. Les valeurs mesurées à T90 étaient en moyenne légèrement supérieures à celles observées au matin (+0,33 point), suggérant que l’essentiel du déplacement liquidien vers la région cervicale était capté dans les 90 premières minutes de décubitus. Aucune corrélation statistiquement significative n’a été retrouvée entre l’ampleur du fluid shift nocturne et l’IAH ( p = 0,20), ni avec les scores cliniques (Berlin, STOP-Bang, Epworth).
Conclusion |
Cette étude pilote suggère qu’un protocole court de 90 minutes pourrait offrir une estimation pertinente du fluid shift et représenter, sous réserve de validation, une alternative simplifiée aux mesures nocturnes dans le phénotypage des patients SAHOS.
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Vol 23 - N° 1
P. 71 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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