La chronothérapie comme stratégie potentielle pour réduire l’encéphalopathie induite par l’ifosfamide : étude préclinique chez la souris - 06/03/26
Résumé |
Objectif |
L’ifosfamide, agent alkylant dérivé du gaz moutarde et utilisé en chimiothérapie, reste limité par ses toxicités sévères. L’adaptation de son administration selon ĺheure (chronothérapie) pourrait en améliorer la tolérance. Notre étude a exploré la chronotolérance et la chronotoxicité de l’ifosfamide chez la souris afin d’identifier les horaires d’administration les plus sûrs.
Méthodes |
Un total de 160 souris albinos ont été synchronisées à un cycle lumière/obscurité de 12 h :12 h. La chronotolérance de l’ifosfamide (IFO), évaluée à la DL 50 , a entraîné une forte létalité. Une dose sublétale (DL 30 ) a donc été utilisée. L’IFO a été administré à 1, 7, 13 et 19 heure Aprés Début de la Lumiére (hADL). Les paramètres étudiés incluaient l’hématologie, les enzymes hépatiques, l’histopathologie des organes cibles et les performances neurocomportementales avant le sacrifice.
Résultats |
Des variations circadiennes significatives ont été observées pour tous les paramètres. La survie et les atteintes organiques dépendaient fortement de l’heure d’administration. L’administration à 7 hADL a conduit aux pires résultats (survie ≈ 47 %, lésions multi-organiques sévères), tandis qu’à 13 hADL la survie était préservée (∼82 %) et les lésions minimales. Ce décalage de six heures représente une fenêtre thérapeutique critique. Chez la souris, 13 hADL correspond à une heure après le début de l’obscurité, alors que chez l’humain (espèce diurne), la phase équivalente se situe une heure après le début de la lumière, soit vers 6 h. Ainsi, le moment optimal d’administration est inversé entre les deux espèces. Les toxicités hématologiques présentaient une rythmicité marquée (leucopénie et lymphopénie maximales à 7 et 19 hADL, minimales à 13 hADL). Les enzymes hépatiques, les lésions histopathologiques et les altérations neurocomportementales variaient également selon l’heure d’injection.
Conclusion |
L’encéphalopathie et les toxicités multi-organiques induites par l’ifosfamide suivent un rythme circadien chez la souris. L’administration à 13 hADL minimise les lésions organiques et améliore la survie. Ces résultats soutiennent la chronothérapie comme approche prometteuse pour optimiser la tolérance et l’efficacité clinique de l’ifosfamide.
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Vol 23 - N° 1
P. 76-77 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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