Perturbations longitudinales de l’architecture objective du sommeil dans le trouble d’usage de cocaïne : revue systématique translationelle - 06/03/26
, Sébastien Catoire 3, Christelle Peyron 1, Pierre-Alexis Geoffroy 4, 5, 6, Thomas Bernabeu 1, 2, Laure Peter-Derex 1, 7, Benjamin Rolland 1, 2Résumé |
Objectif |
Cette revue systématique visait à décrire les altérations objectives du sommeil associées au trouble de l’usage de la cocaïne (TUC) et à ses différentes phases de sevrage, chez l’humain et dans les modèles animaux. L’objectif secondaire était d’identifier des points de convergence et de divergence entre les espèces, afin d’éclairer les mécanismes translationnels impliqués.
Méthodes |
Une recherche systématique a été menée selon les recommandations PRISMA dans les bases PubMed, PsycInfo et Google Scholar, depuis leur création jusqu’à décembre 2024. Les études incluses devaient rapporter des données objectives du sommeil (PSG, EEG, actimétrie) dans un contexte d’usage ou de sevrage de la cocaïne. Les études impliquant des consommations multiples (hors nicotine) ou des comorbidités psychiatriques majeures ont été exclues. L’évaluation du risque de biais a été réalisée à l’aide des grilles NIH (humains) et ARRIVE (animaux).
Résultats |
Dix-neuf études ont été incluses (12 humaines, 7 animales). Le TUC est associé à une diminution du sommeil paradoxal (SP), du temps total de sommeil (TTS), de l’efficacité du sommeil (ES) et à une augmentation de la latence d’endormissement (LE). En début de sevrage, un rebond paradoxal du SP et une amélioration transitoire du sommeil sont souvent observés. Cependant, ces effets s’inversent après quelques jours, avec une détérioration progressive de la qualité du sommeil (SP et TTS ↓, ES ↓, LE et latence SP ↑), pouvant persister plusieurs semaines. Les données animales confirment globalement ces tendances, bien que plus hétérogènes méthodologiquement.
Conclusion |
Il s’agit de la première revue systématique et translationnelle centrée exclusivement sur les mesures objectives du sommeil dans le TUC. Les troubles du sommeil associés à la cocaïne évoluent de façon dynamique, dépassant largement la phase aiguë du sevrage. Ces résultats renforcent la nécessité d’intégrer le sommeil dans la prise en charge des patients, et suggèrent son intérêt potentiel en tant que cible thérapeutique ou marqueur pronostique dans les troubles addictifs.
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Vol 23 - N° 1
P. 79-80 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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