Déterminants microstructuraux de l’expérience subjective du sommeil et des rêves - 06/03/26
, Cyann Bernard 2, François Ricordeau 3, Anne Cheylus 1, Laure Peter-Derex 4Résumé |
Objectif |
La discordance entre enregistrements objectifs et perception subjective du sommeil est fréquente en conditions physiologiques comme pathologiques. Cette étude vise à identifier les paramètres macro- et microstructuraux du sommeil prédisant la perception du sommeil et des rêves chez des patients atteints d’hypersomnolence.
Méthodes |
La perception du sommeil et du rêve ont été recueillies après des tests itératifs de latence d’endormissement (TILEs) scorés manuellement selon deux approches : « macro » par époques de 30 secondes, et « micro » en continu pour intégrer micro-sommeils et micro-éveils. Le temps total de sommeil (TTS-macro/TTS-micro), la durée maximale de sommeil ininterrompu (DMSI-macro/DMSI-micro), les stades atteints et le stade précédant l’éveil ont été collectés. Des modèles linéaires généralisés binomiaux ont été utilisés pour prédire la perception du sommeil et des rêves avec une sensibilité de 90 %.
Résultats |
Cent-quatre patients (28,4 ± 11,9 ans, 70 femmes, 413 TILEs) ont été inclus : 33 narcolepsies de type 1, 16 narcolepsies de type 2, 28 hypersomnies idiopathiques, 27 hypersomnolences subjectives. Les modèles basés sur le micro-scorage étaient plus performants que ceux basés sur le macro-scorage pour prédire la perception du sommeil et des rêves. La perception du sommeil dépendait du TTS-micro ( p < 0,001) et de la DMSI-micro ( p = 0,002), avec une meilleure performance et des durées plus courtes qu’en macro-scorage (TTS : 7,8 vs 9,0 min ; DMSI : 6,5 vs 20,2). Le stade précédant l’éveil modulait la perception du sommeil, en réduisant le TTS ( p = 0,007) et la DMSI ( p < 0,001) en REM et N2 comparé au N1 et N3 (TTS-micro en N1 = 10,3 ; N2 = 6,3 ; N3 = 8,9 ; REM = 6,3 ; DMSI-micro en N1 = 12,3 ; N2 = 2,7 ; N3 = 7,7 ; REM = 3,5). Le rappel de rêve dépendait aussi du TTS-micro ( p < 0,001) et de la DMSI-micro ( p = 0,01), avec des durées plus courtes qu’en macro-scorage (TTS : 14,8 vs 17,5 ; DMSI : 15,6 vs 29,3) et modulées par les stades atteints ( p = 0,01 et p = 0,007) : le TTS-micro prédisant le rappel était moindre en R (9,9) et N1 (4,5) qu’en N2 (14,5) et N3 (18), et seule la DMSI-micro en R (7,6) prédisait significativement le rappel. L’étiologie de l’hypersomnolence n’améliorait pas la performance des modèles.
Conclusion |
La continuité microstructurale du sommeil paradoxal constitue un marqueur clé de l’expérience subjective du sommeil et des rêves.
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Vol 23 - N° 1
P. 80 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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