Les périodes OFF neuronales comme signature électrophysiologique des lapses attentionnels chez les adultes avec et sans TDAH - 06/03/26
Résumé |
Objectif |
Certaines études ont montré que des ondes lentes delta (DSW ; 1–4 Hz), caractéristiques du sommeil NREM, peuvent émerger localement pendant l’éveil. Ces intrusions de sommeil local sont associées à des périodes de silence neuronal susceptibles de perturber les fonctions cognitives en cours, notamment le contrôle de l’attention. Notre objectif était d’examiner les DSW comme corrélats électrophysiologiques des lapses attentionnels et d’évaluer si ces corrélats diffèrent chez des adultes avec un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) par rapport à des témoins.
Méthodes |
Soixante adultes (30 TDAH, 30 témoins appariés) ont réalisé une tâche de détection visuelle sollicitant un fort contrôle attentionnel pendant que leur activité cérébrale était enregistrée par EEG (64 électrodes). Les DSW ont été détectées automatiquement et leurs caractéristiques extraites (amplitude pic-à-pic, amplitude des pics négatif et positif, pentes descendante et ascendante, fréquence et densité). Les analyses ont comparé les DSW précédant les détections correctes et les omissions, à la fois dans l’ensemble de l’échantillon et indépendamment dans chaque groupe.
Résultats |
Les lapses attentionnels étaient précédés, spécifiquement en région frontale, de DSW présentant une pente descendante plus raide et un pic négatif plus ample, indicateurs de silence neuronal. Ces effets étaient observés chez les témoins comme chez les patients. Toutefois, certaines différences apparaissaient entre groupes dans les caractéristiques discriminant détections correctes et omissions. Sur le plan comportemental, les deux groupes présentaient des performances globalement comparables.
Conclusion |
Ces résultats mettent en évidence des corrélats électrophysiologiques des déficits du contrôle attentionnel, liés à la survenue de DSW frontales indicatrices de silence neuronal. Leur localisation frontale est cohérente avec le rôle central de ces régions dans le contrôle attentionnel. Les caractéristiques mises en évidence pourraient refléter une synchronisation accrue de populations neuronales, traduisant des épisodes transitoires de silence perturbant le maintien de l’attention. Le fait que ces corrélats soient retrouvés à la fois chez les témoins et chez les adultes avec TDAH suggère que le sommeil local constitue un mécanisme commun, bien que ses manifestations puissent varier en fonction de la vulnérabilité attentionnelle.
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Vol 23 - N° 1
P. 82 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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