Durée et variabilité du sommeil : vers de nouveaux marqueurs précoces de maladie d’Alzheimer - 06/03/26
, Maéva Boulin 1, Anaïs Hamel 1, Pierre Champetier 1, Stéphane Rehel 1, Florence Mezenge 1, Brigitte Landeau 1, Françoise Bertran 1, 2, Gaël Chételat 1, Claire André 1, Géraldine Rauchs 1The Medit-Ageing Research Group 1
Résumé |
Objectif |
Les troubles du sommeil sont fréquents dans la maladie d’Alzheimer (MA) et peuvent survenir dès le stade préclinique, caractérisé notamment par l’accumulation cérébrale insidieuse de peptide β-amyloïde (Aβ). Ils sont ainsi de plus en plus reconnus non seulement comme un symptôme mais également comme un facteur de risque de MA, et des résultats récents mettent en évidence l’importance de la variabilité intra-individuelle du sommeil dans ces associations. Cette étude vise à identifier les paramètres de qualité et de variabilité du sommeil associés à la pathologie amyloïde, ainsi que leurs associations avec la santé cognitive et psychoaffective.
Méthodes |
Les données de 76 sujets âgés cognitivement sains, issus de l’essai clinique Age-Well (69,05 ± 3,41 ans), ont été analysées. Tous ont bénéficié d’un enregistrement de sommeil à domicile sur 3 à 7 nuits avec le dispositif Somno-Art®, d’une imagerie TEP au Florbetapir, ainsi que d’une évaluation neuropsychologique et psychoaffective détaillée. Toutes les analyses ont été corrigées pour l’âge, le sexe, le niveau d’éducation et l’indice d’apnée-hypopnée.
Résultats |
Au sein de l’échantillon, 22 participants présentaient une charge Aβ positive (Aβ+) et 54 une charge négative (Aβ-). Par rapport aux individus Aβ−, les participants Aβ+ présentaient un temps total de sommeil (TTS) réduit et une variabilité plus importante de la durée de sommeil paradoxal d’une nuit à l’autre (exprimée en minutes ou en pourcentage de TTS ; p < 0,05). Des analyses sur l’ensemble du cerveau (i.e., voxel-wise) ont montré des associations entre ces paramètres de sommeil et la charge amyloïde dans des régions cérébrales étendues, principalement temporales médiales et latérales, et pariétales postérieures (punc < 0,005). Aucune association n’a été retrouvée avec les scores cognitifs composites ou les mesures psychoaffectives. Toutefois, un TTS plus long était associé à des difficultés mnésiques subjectives plus importantes ( p = 0,046).
Conclusion |
Une durée de sommeil réduite et une variabilité du sommeil paradoxal plus importante apparaissent comme des caractéristiques associées à une pathologie amyloïde précoce, indépendamment de toute altération cognitive objective. Favoriser la qualité et la stabilité du sommeil pourrait constituer une stratégie prometteuse pour ralentir ou prévenir la progression de la MA.
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Vol 23 - N° 1
P. 85 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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