Caractéristiques phénotypiques des patientes avec un antécédent de syndrome des jambes sans repos gravidique - 06/03/26
, Lucie Barateau 1, 2, 3, Lily Guiraud 1, Philippe Deruelle 4, Isabelle Jaussent 3, Séverine Beziat 3, Yves Dauvilliers 1, 2, 3Résumé |
Objectif |
Déterminer la fréquence d’un antécédent de syndrome des jambes sans repos (SJSR) gravidique chez des patientes atteintes de SJSR, puis comparer leur phénotype, leurs comorbidités, et leur histoire familiale de SJSR à celles de patientes sans antécédent de SJSR gravidique, appariées sur l’âge.
Méthodes |
Entre 2005 et 2022, 305 patientes consécutives avec SJSR (âge moye n = 57,1 ± 12.9 ans, 17.7 % obèses, âge de début du SJSR 41,7 ± 16,6 ans) suivies à l’unité des troubles du sommeil et de l’éveil du CHU de Montpellier, ont bénéficié d’une évaluation standardisée clinique, biologique et polysomnographique, avec recueil des antécédents de maladies cardiovasculaires (MCV) et de SJSR gravidique. Les patientes sans enfants ont été exclues. Pour l’analyse comparative, un sous-groupe de patientes avec antécédent de SJSR gravidique ( n = 74) a été apparié sur l’âge à 121 patientes sans antécédent.
Résultats |
Un antécédent de SJSR gravidique a été rapporté par 31,5 % d’entre elles, survenant principalement au 2e trimestre (46 %), puis au 3e (36,5 %) et au 1er trimestre (17,5 %). Dans l’analyse appariée, les patientes avec un antécédent de SJSR gravidique présentaient un âge de début du SJSR plus précoce (30,3 ± 13,9 vs 42,9 ± 14.3 ans), plus souvent des antécédents familiaux de SJSR (56,7 % vs 36,5 %), plus de somnolence (score d’échelle d’Epworth > 10 chez 60,3 % vs 42,2 %) et un score d’inventaire de dépression de Beck plus élevés (20,1 ± 10,8 vs 16,4 ± 9,9). L’analyse détaillée du profil familial montre une fréquence plus élevée de SJSR chez les enfants (21,2 % vs 7,8 %) de femmes avec un antécédent de SJSR gravidique. Aucune différence significative n’a été observé pour le nombre d’enfants, la sévérité de la maladie, les symptômes d’insomnie, le taux de ferritine, les paramètres polysomnographiques, et les antécédents personnels et familiaux de MCV.
Conclusion |
Près d’un tiers des patientes qui présentent un SJSR rapportent un antécédent de SJSR gravidique présent surtout au 2ème et 3ème trimestre. Un antécédent de SJSR gravidique est associé à un âge de début plus précoce, plus de somnolence et de symptômes dépressifs, et d’antécédents familiaux de SJSR notamment chez leurs enfants. Les femmes avec un SJSR gravidique et leurs enfants devraient bénéficier d’un dépistage précoce du SJSR.
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Vol 23 - N° 1
P. 88 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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