Somnambulisme après instauration de dabrafénib et tramétinib pour un cancer bronchique non à petites cellules avec mutation BRAFV600E - 06/03/26
, Annemerel Van Wylick 1, 3, 4, 5, Laura Seynaeve 1, 3, Lore Decoster 4, Sonia DE Weerdt 2Résumé |
Objectif |
Présentation d’un cas clinique de parasomnie survenu chez une patiente octogénaire après instauration d’un traitement par dabrafénib et tramétinib pour un cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) avec mutation BRAFV600E, afin de sensibiliser oncologues et somnologues à une éventuelle association.
Méthodes |
Description de données cliniques et paracliniques, suivi sur deux ans, et évaluation de l’imputabilité médicamenteuse selon les méthodes de Naranjo et de l’OMS (WHO-UMC).
Résultats |
Une patiente de 82 ans a été diagnostiquée d’un CBNPC de stade IVB (cT1cN0M1c dont une petite métastase cérébrale asymptomatique) avec mutation BRAFV600E. Un traitement combinant dabrafénib (200 mg/j) et tramétinib (prescrit à 2 mg/j) a été instauré. Après environ 3 mois, l’entourage a décrit des épisodes hebdomadaires non stéréotypés de déambulation nocturne avec confusion, souvent associée à une miction inappropriée, avec amnésie des faits le lendemain. Aucun antécédent personnel ou familial de parasomnie n’était connu. Le bilan oncologique montrait une réponse favorable à la thérapie ciblée. La polysomnographie avec enregistrement vidéo et EEG nocturne étaient normaux, sous réserve qu’aucun épisode n’a pu être enregistré. Il s’est avéré que la patiente prenait par erreur 3 mg/jour de tramétinib. Après une période de washout de 2 semaines, le traitement a été poursuivi avec 1,5 mg/jour de tramétinib. Les épisodes de somnambulisme se sont espacés au cours des mois suivants, ne survenant plus qu’exceptionnellement lors de séjours à l’étranger. Au vu de l’évolution favorable et de l’absence de troubles cognitifs ou autres symptômes neurologiques après deux ans de suivi, une origine neurodégénérative est peu probable. L’hypothèse paranéoplasique paraît également peu vraisemblable, les plaintes étant apparues après l’instauration de la thérapie ciblée, coïncidant avec la documentation d’une réponse tumorale. L’imputabilité médicamenteuse est jugée probable selon la méthode de Naranjo et possible selon la méthode de l’OMS (WHO-UMC). L’hypothèse de parasomnie induite par une substance reste donc la plus plausible (probablement liée au tramétinib au vu du surdosage initial). Le mécanisme physiopathologique de cet effet indésirable reste néanmoins incertain.
Conclusion |
Ce cas suggère une association inédite entre thérapie ciblée par tramétinib et dabrafénib et survenue de parasomnies, appelant à une vigilance accrue en oncologie clinique.
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Vol 23 - N° 1
P. 90 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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