Déterminants macro et microstructuraux de l’inertie du sommeil dans les troubles centraux de l’hypersomnolence - 06/03/26
Résumé |
Objectif |
L’inertie du sommeil est un état transitoire d’hypovigilance au réveil. Lorsqu’elle est sévère et prolongée, elle constitue un symptôme majeur des troubles centraux de l’hypersomnolence, notamment l’hypersomnie idiopathique (HI). L’objectif de cette étude était d’identifier les paramètres macro- et microstructuraux du sommeil associé à l’inertie.
Méthodes |
Nous avons analysé les polysomnographies de patients hospitalisés pour investigation d’une hypersomnnolence, disposant d’une évaluation de l’inertie au réveil (Saint Mary Hospital, item 6 : score minimal correspondant à une inertie maximale). Les variables macro et micro structurales reflétant l’instabilité du sommeil (stade N1, veille-intra-sommeil, index de changement de stade [ICS]) et les oscillations du sommeil lent (ondes lentes : index, pente, amplitude et fuseaux : index, durée, fréquence, puissance) ont été mesurées sur la nuit entière et dans l’heure précédant le réveil. Les comparaisons intergroupes reposaient sur une ANOVA ou un test de Kruskal–Wallis selon la distribution, avec correction pour comparaisons multiples. Les corrélations avec l’inertie ont été testées par le coefficient de Spearman.
Résultats |
La cohorte incluait 73 participants (71,2 % femmes, âge moyen 31,8 ± 13,1 ans) répartis en 16 HI, 18 narcolepsies de type 1 (NT1), 23 hypersomnies psychiatriques (HP), et 16 hypersomnolences subjectives (HS). L’intensité de l’inertie au réveil ne différait pas significativement entre les groupes. Au plan macrostructural, des différences intergroupes étaient observées pour le N1 (nuit : p < 0,0001 avec NT1 > HI,HP,HS et heure : p = 0,011 avec NT1 > HI,HP), la veille-intra-sommeil (nuit : p = 0,008 avec HIHI,HP,HS ; heure : p = 0,016 avec NT1 > HP). Concernant les variables microstructurales, les différences concernaient la pente des ondes lentes (nuit : p = 0,033 avec HI > HP et heure : p = 0,04, NS en post hoc) ainsi que l’index et la durée des fuseaux (index nuit : p = 0,014, HI > HP et heure : p = 0,016 HI > NT1 ; durée nuit et heure p < 0,0001 avec HI > HP,NT1 et H P > HS) sans différence intergroupe pour leur fréquence et leur puissance. La puissance relative des fuseaux sur la nuit (r = -0,24, p = 0,037) et dans l’heure pré- réveil (r = -0,29, p = 0,014) était corrélée à l’inertie au réveil.
Conclusion |
Le sommeil apparaît plus stable au niveau macro- et microstructural dans l’HI. Les fuseaux de sommeil, par leur rôle de stabilisation du sommeil via le filtrage sensoriel, pourraient être impliqués dans la physiopathologie de l’inertie au réveil.
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Vol 23 - N° 1
P. 90 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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