Les smartphones : menace principale au sommeil des sportifs adolescents de haut niveau ? L’impact des smartphones sur le sommeil et son architecture - 06/03/26
, Pierre Vernel 1, Damien Léger 2, 3, Mathieu Nedelec 1Résumé |
Objectif |
Les smartphones n’existent que depuis moins de vingt ans et leur impact sur le sommeil des sportifs adolescents de haut niveau reste encore mal compris. L’objectif de cette étude était de caractériser l’usage du smartphone dans cette population et d’examiner ses effets à la fois sur les rythmes de sommeil et sur l’architecture du sommeil.
Méthodes |
Vingt-neuf sportifs masculins âgés de 16,4 ± 0,7 ans, issus d’un centre d’entraînement de rugby, ont été suivis pendant deux mois. Le sommeil a été évalué quotidiennement par actimétrie. L’usage du smartphone a été suivi de manière objective grâce à des captures d’écran, permettant d’analyser le temps d’écran total, le type d’utilisation (jeux vidéo, réseaux sociaux, divertissement) et le moment d’utilisation. Enfin, chaque sportif a réalisé deux nuits de polysomnographie espacées de trois semaines.
Résultats |
Les sportifs passaient en moyenne 5,88 h/jour (± 2,17) sur leur téléphone, allant de 3,91 h (± 1,03) à 8,16 h (± 2,33). L’utilisation en semaine (5,66 h ± 2,04) était inférieure à celle du week-end (7,47 h ± 2,36, p < 0,001). Ils consacraient 80,9 % de leur temps aux réseaux sociaux, 9,1 % aux divertissements, 4,5 % aux jeux vidéo et 5,5 % à d’autres applications. Chaque heure d’utilisation supplémentaire du smartphone était associée à un coucher retardé (+ 5,7 min/h, p < 0,001). Cet effet était plus marqué en cas d’utilisation tardive du smartphone (20h–3 h) (+ 34,4 min/h, p < 0,001). Chaque heure d’utilisation tardive était également associée à une réduction du temps total de sommeil de 35,8 min ( p = 0,0017) et à une augmentation de la proportion de sommeil lent profond (N3) (+ 3,35 %, p = 0,028).
Conclusion |
Les sportifs consacrent une part importante de leur temps quotidien au smartphone, principalement aux réseaux sociaux. L’effet le plus marqué concerne l’utilisation tardive, associée à un coucher retardé, un temps de sommeil réduit et une proportion de N3 accrue. Ces résultats soulignent l’importance du moment d’utilisation plus que de la quantité totale et renforcent la nécessité de limiter l’usage tardif du smartphone pour préserver les rythmes de sommeil et la récupération des jeunes sportifs.
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Vol 23 - N° 1
P. 97 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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