Le paradoxe du sommeil chez les sportifs adolescents de haut niveau : opportunités limitées versus besoins élevés - 06/03/26
, Damien Léger 2, 3, Mathieu Nedelec 1Résumé |
Objectif |
L’objectif de cette étude était de déterminer si une opportunité de sommeil limitée, du fait des charges scolaire et sportive, constitue la principale barrière à l’obtention d’une durée de sommeil adéquate chez les sportifs adolescents de haut niveau.
Méthodes |
Vingt-neuf rugbymen adolescents (16,4 ± 0,7 ans) d’un centre d’entraînement de haut niveau ont été suivis pendant deux mois et demi. Le suivi comprenait une période de reprise, une période classique, un stage d’entraînement et des vacances. Le sommeil a été évalué quotidiennement par actimétrie. Les emplois du temps scolaires et sportifs ont été considérés afin de calculer l’opportunité de sommeil (fin de la dernière activité–début de la première). L’usage du smartphone a été mesuré objectivement par captures d’écran horaires.
Résultats |
Par rapport à la période classique (entraînement 1h41/j, cours 4h40/j, opportunité 13h33, extinction 23 :28, lever 07 :33, TST 7h23), les vacances réduisaient l’entraînement (1h00/j) et l’école (0h11/j), avec une opportunité plus longue (16h47), extinction plus tardive (01 :07), lever plus tardif (09 :51) et TST légèrement supérieur (7h58). Le stage associait plus d’entraînement (1h51/j), moins d’école (1h34/j), une opportunité plus courte (11h40) et un TST intermédiaire (7h36). L’ANOVA confirmait des différences significatives entre périodes ( p < 0,001). Une heure supplémentaire d’opportunité avançait l’extinction de 70,5 min (R 2 = 0,09), retardait le lever de 22,8 min (R 2 = 0,56) et augmentait le TST de 12,3 min (R 2 = 0,23). Malgré une variabilité importante de l’opportunité (écart-type 163 min en période classique), le TST variait peu (64 min). Globalement, les athlètes ne convertissaient qu’environ 55 % de l’opportunité disponible en sommeil, et pendant les vacances +3h14 d’opportunité n’apportaient que +35 min de TST.
Conclusion |
Ces résultats soulignent le paradoxe du sommeil chez les sportifs adolescents : malgré des besoins élevés, ils dorment peu en raison des contraintes structurelles de leurs emplois du temps. De plus, même lorsque l’opportunité s’élargit fortement, comme pendant les vacances, le temps de sommeil n’augmente que marginalement. Une explication possible réside dans l’usage important des écrans en soirée, qui pourrait limiter la conversion de l’opportunité disponible en sommeil réel.
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Vol 23 - N° 1
P. 98 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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