Mélatonine chez l’enfant : que nous apprend la pharmacovigilance française ? - 06/03/26
, Frédéric Roche 2, Lytissia Mouhli Gasmi 3, Lea Kaczmarek 4, Louise Gaboriau-Louvieaux 4, Rodolphe Charles 5, Valérie Rousselon-Charles 6, Marie-Laure Laroche 7, Marie-Noëlle Beyens 8Résumé |
Objectif |
La mélatonine est de plus en plus prescrite en pédiatrie en cas de troubles du sommeil avec ou sans trouble du neurodéveloppement associé. Son utilisation repose sur une efficacité satisfaisante et un profil de sécurité jugé rassurant. L’objectif de ce travail était d’évaluer son profil de sécurité en pédiatrie à partir des effets indésirables (EI) rapportés dans la Base Nationale de Pharmacovigilance (BNPV).
Méthodes |
Nous avons réalisé une étude rétrospective descriptive incluant les cas d’EI pédiatriques (< 18 ans) imputés exclusivement à la mélatonine, enregistrés dans la BNPV depuis sa création jusqu’au 31/12/2024. Ont été exclus les cas i) insuffisamment documentés, ii) avec médicaments co-suspects, iii) d’erreurs médicamenteuses sans conséquence. Les EI ont été codés selon MedDRA et caractérisés par leur gravité, délai de survenue et évolution.
Résultats |
Soixante-dix-sept cas ont été analysés (sex-ratio H/F : 2,3 ; âge médian : 9 ans [2–18]), dont 20 (26 %) graves. Les effets indésirables les plus fréquents étaient psychiatriques (37,7 %), neurologiques (31,2 %) et généraux (28,6 %), avec un délai médian de survenue de 2 jours. Parmi les 51 patients dont l’évolution était renseignée, la mélatonine a été arrêtée chez 40 d’entre eux (78,46 %), entraînant une amélioration chez 35 (87,5 %). Trois cas concernaient des épilepsies chez des filles de 5, 7 et 11 ans : une crise inaugurale de type absence chez une enfant aux séquelles d’anoxie néonatale, 6 heures après la prise de 2 mg à libération immédiate ; et deux exacerbations d’une épilepsie préexistante (sous topiramate pour l’une ; sous lamotrigine–valproate de sodium pour l’autre), avec convulsions, observées respectivement 1 jour et 15 jours après l’instauration de mélatonine à libération prolongée (5 mg et 2 mg).
Conclusion |
En pédiatrie, la mélatonine présente un profil de sécurité globalement favorable, avec surtout des effets indésirables psychiatriques et neurologiques, généralement non graves et réversibles, pouvant aussi refléter la pathologie sous-jacente. La survenue rare d’épilepsie (12 cas dans la base mondiale de l’OMS ; Sheldon et al., 1998 ; ANSES 2016) impose néanmoins une vigilance chez les enfants à risque, y compris sous antiépileptiques, sans interaction pharmacocinétique attendue sur leurs concentrations plasmatiques.
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Vol 23 - N° 1
P. 99-100 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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