Les hypersomnies centrales chez la femme - 04/04/26
Central disorders of hypersomnolence in women
, Marine Auffret b, Isabelle Lambert c, Marina Atzenhoffer b, Christine Rousset-Jablonski d, e, Isabelle Arnulf fRésumé |
La prise en compte du sexe et du genre en médecine du sommeil demeure limitée, avec une sous-représentation des femmes dans les études cliniques et des biais diagnostiques et thérapeutiques encore fréquents. Dans le champ des hypersomnies centrales (HC), ces enjeux sont particulièrement importants. Sur le plan épidémiologique, la distribution selon le sexe varie selon les entités nosologiques. La narcolepsie de type 1 (NT1) présente globalement un sex-ratio équilibré, tandis que l’hypersomnie idiopathique (HI) touche majoritairement les femmes et que le syndrome de Kleine-Levin (SKL) est plus fréquent chez les hommes. Ces différences soulèvent la question de mécanismes physiopathologiques distincts, mais aussi de possibles biais diagnostiques. Cliniquement, certaines dimensions symptomatiques apparaissent plus marquées chez les femmes atteintes d’HC, notamment la fatigue, l’inertie du sommeil et les plaintes cognitives. De plus, la prévalence des comorbidités anxiodépressives est plus élevée. Ces éléments peuvent complexifier l’évaluation diagnostique et contribuer à des délais de prise en charge plus longs. La stratégie thérapeutique doit intégrer des enjeux spécifiques aux femmes, en particulier les interactions médicamenteuses avec la contraception hormonale, l’anticipation des projets de grossesse et les adaptations nécessaires lors des périodes de vulnérabilité fonctionnelle, comme la grossesse sans traitement ou le post-partum. Enfin, les fluctuations symptomatiques liées au cycle menstruel, à la grossesse et à la ménopause constituent des périodes clés encore insuffisamment explorées. Une approche intégrée, tenant compte des dimensions biologiques, psychologiques et sociales, est indispensable pour améliorer la compréhension des hypersomnies centrales et proposer une prise en charge personnalisée chez les femmes.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Consideration of sex and gender in sleep medicine remains limited, with persistent underrepresentation of women in clinical studies and ongoing diagnostic and therapeutic biases. These issues are particularly salient in central disorders of hypersomnolence (CDH). From an epidemiological perspective, sex distribution varies across entities: narcolepsy type 1 (NT1) shows an overall balanced sex ratio, idiopathic hypersomnia (IH) predominantly affects women, whereas Kleine–Levin syndrome (KLS) is more frequent in men. These differences raise questions regarding both distinct pathophysiological mechanisms and potential diagnostic biases. Clinically, several symptom dimensions appear more pronounced in women with CDH, including fatigue, sleep inertia, and cognitive complaints, along with a higher prevalence of anxiety and depressive comorbidities. Such features may complicate diagnostic assessment and contribute to longer delays in diagnosis and treatment. Therapeutic management must also address sex-specific issues, particularly drug interactions with hormonal contraception, anticipation of pregnancy, and adaptations required during periods of functional vulnerability such as pregnancy without medication or the postpartum period. Finally, symptom fluctuations related to the menstrual cycle, pregnancy, and menopause represent key yet insufficiently explored phases that may significantly influence disease expression and care needs. An integrated approach incorporating biological, psychological, and social dimensions is critical to improve understanding and deliver personalized care for women living with central disorders of hypersomnolence.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Narcolepsie, Hypersomnie, Syndrome de Kleine-Levin, Femme, Sexe
Keywords : Woman, Sex, Gender, Narcolepsy, Hypersomnia, Kleine-Levin syndrome
Plan
Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
