Le nitrite de sodium, une tendance suicidaire inquiétante: le rôle clé de l’électrophorèse capillaire avec détection en UV inverse pour prouver une exposition fatale - 07/04/26
The increasing use of sodium nitrite in suicides: the essential role of capillary electrophoresis in documenting lethal exposure.
, Annie Geraut, MD 1, Alice Ameline, PhD 1, Jean-Sébastien Raul, MD PhD 1, Pascal Houze, PharmaD PhD 2, Pascal Kintz, PharmaD PhD 1Résumé |
Introduction. - Le nitrite de sodium (NaNO2) est utilisé comme conservateur (E250) dans l’industrie alimentaire pour donner un aspect rose aux charcuteries. Cependant, son usage est également détourné à des fins suicidaires en raison de son faible coût, de sa disponibilité en ligne et de la banalisation de forums et blogs décrivant précisément son mode d’action. Dans l’organisme, sa toxicité repose sur la dissociation du composé en deux ions (NO2- et NO3-) qui oxydent le fer ferreux de l’hémoglobine en fer ferrique, provoquant une méthémoglobinémie mortelle. À l’institut de médecine légale de Strasbourg, environ 1 à 2 intoxications létales par an sont recensées depuis 2020.
Objectif. - L’objectif de cette étude de cas est de discuter de la stratégie analytique mise en œuvre pour établir le diagnostic d’intoxication létale par ingestion de nitrite de sodium.
Méthode. - Le cas présenté est celui d’un homme âgé de 26 ans découvert décédé à son domicile, après ingestion d’une poudre blanche inconnue. La collaboration entre les équipes de toxicologie et le médecin légiste a permis d’orienter le diagnostic vers une intoxication aux sels de nitrites et de réaliser la méthode analytique adéquate.
Résultats. - Une électrophorèse capillaire avec détection en UV inverse a révélé des concentrations de 750 mg/L de nitrites et 1550 mg/L de nitrates dans le sang périphérique, valeurs largement supérieures aux seuils létaux rapportés dans la littérature, confirmant ainsi le diagnostic d’intoxication au nitrite de sodium.
Conclusion. - Ce cas souligne la nécessité d’intégrer le dosage du nitrite de sodium dans les protocoles de toxicologie médico-légale.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Introduction. - Sodium nitrite (NaNO2) is used as a preservative (E250) in the food industry to give cured meats their characteristic pink coloration. However, it is increasingly misused for suicidal purposes, driven by its low cost, easy online availability, and the proliferation of forums and blogs describing its mechanism of action in detail. In the body, its toxicity stems from the dissociation of the compound into two ions (NO2- and NO3-) which oxidize ferrous iron in hemoglobin to ferric iron, resulting in fatal methemoglobinemia. At the Strasbourg Institute of Forensic Medicine, approximately 1 to 2 fatal poisoning cases per year have been recorded since 2020.
Objective. - The aim of this case report is to discuss the analytical strategy implemented to confirm this diagnosis.
Method. - A 26-year-old man found deceased after ingesting an unknown white powder. Close collaboration between the toxicology team and the forensic pathologist led to a suspected diagnosis of sodium nitrite poisoning and conduct the appropriate analytical workup.
Results. - Capillary electrophoresis with reverse UV detection revealed nitrite and nitrate concentrations of 750 mg/L and 1550 mg/L, respectively, in peripheral blood – values well above lethal thresholds reported in the literature – thereby confirming the diagnosis of sodium nitrite poison.
Conclusion. - This case underscores the need to incorporate sodium nitrite testing into routine forensic toxicology protocols.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-Cles : Suicide, nitrite de sodium, électrophorèse capillaire, toxicologie, investigations médico-légales
Keywords : Suicide, sodium nitrite, capillary electrophoresis, toxicology, forensic investigations
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