La grande famille contemporaine des TSA est-elle justifiée ? Un diagnostic différentiel pour les comportements étranges et maladroits - 06/05/26
Is the broad contemporary family of ASDs justified? A differential diagnosis for strange and awkward behaviors
, H. Vulser c, dRésumé |
Depuis l’avènement du DSM-5 et le changement de critériologie définissant le trouble du spectre de l’autisme (TSA), on rencontre de plus en plus de parents d’enfants ou de personnes sollicitant un diagnostic pouvant être convaincues d’avoir un enfant autiste ou d’être elles-mêmes autistes. Outre l’élargissement diagnostic lié à la notion de spectre, l’autisme est devenu un phénomène sociétal. La large diffusion du fait ‘autisme’ dans les médias contribue à l’attirance de certains pour ce diagnostic parce qu’il semble reconnaître quelque chose qu’ils ont vécu ou que vit leur enfant. En fait, le TSA dans le DSM-5 pose de nombreux problèmes de diagnostic différentiel. Ils sont différents chez l’enfant et l’adulte, et sont d’autant plus complexes qu’on a affaire à un enfant ou un adulte de niveau cognitif normal et qui a accès au langage oral. Dans ce point de vue, nous proposons d’en discuter les plus délicats selon nous, avec chez l’enfant le trouble de la communication sociale et pragmatique (anciennement trouble de la pragmatique du langage) ; le trouble du développement des coordinations motrices (anciennement dyspraxie) ; et le trouble de l’attention isolé chez la fille anxieuse. Mais également chez l’adulte, l’ensemble des troubles du neurodéveloppement qui sont bien moins connus que le TSA ; les troubles de la personnalité (schizoïdie, schizotypie, personnalité obsessionnelle-compulsive, voire trouble borderline) ; le trouble de stress post-traumatique complexe ; et certains troubles anxieux sévères. Pour guider le clinicien, rappelons ici ce que souligne le DSM-5 : poser un diagnostic de TSA, comme tout diagnostic, « ne s’aurait se limiter à simplement cocher des symptômes présents dans les listes de critères diagnostiques ». Il est nécessaire de disposer aussi « d’une bonne connaissance des descriptions cliniques qui accompagnent les critères diagnostiques de chaque trouble ». Donc, établir un diagnostic de TSA implique ainsi à la fois une bonne connaissance des critères des autres troubles neurodéveloppement et psychiatriques, mais également une expérience clinique qui n’est rendue possible que par une exposition suffisante à ces différents troubles. La qualité de l’expertise d’un clinicien dans le champ du TSA ne vient donc pas de sa seule évaluation de l’autisme, mais également, et surtout, de sa confrontation aux autres troubles et à leur évaluation. Dans certains cas complexes, cela requiert une vraie enquête anamnestique qui ne peut pas se faire seulement auprès de la personne concernée, mais nécessite de s’entretenir avec la famille, visualiser des films de l’enfance ou encore consulter les bulletins scolaires.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Since the publication of DSM-5 and the change in criteria defining ‘autism spectrum disorder’ (ASD), we are seeing more parents of children or individuals who may be convinced that they have an autistic child or that they themselves are autistic. In addition to the broadening of the diagnosis linked to the concept of spectrum, autism has become a societal phenomenon. The widespread coverage of autism in the media contributes to the fascination for this diagnosis because some people seem to recognize something they have experienced or that their child is experiencing. In fact, ASD in the DSM-5 poses many differential problems of diagnosis. They differ in children and adults and are even more complex when dealing with a child or adult of normal cognitive ability who has access to spoken language. In this regard, we propose to discuss what we consider to be in children the most delicate issues, including: social and pragmatic communication disorder (formerly pragmatic language disorder); motor coordination development disorder (formerly dyspraxia); and isolated attention disorder in anxious girls. But also, in adults to discuss all neurodevelopmental disorders that are much less well known than ASD: personality disorders (schizoid, schizotypal, obsessive-compulsive, and even borderline personality disorder); complex post-traumatic stress disorder; and certain severe anxiety disorders. To help clinicians, let us recall what the DSM-5 emphasizes: making a diagnosis of ASD, like any diagnosis, “cannot be limited to simply checking off symptoms present in the diagnostic criteria lists.” It necessitates having “a good knowledge of the clinical descriptions that accompany the diagnostic criteria for each disorder”. Therefore, establishing a diagnosis of ASD requires both a good knowledge of the criteria for other neurodevelopmental and psychiatric disorders, as well as clinical experience that can only be gained through sufficient exposure to these different disorders. The quality of a clinician's expertise in the field of ASD, therefore, does not come solely from their assessment of autism, but also, and above all, from their exposure to other disorders and their assessment. In some complex cases, this requires a thorough medical history which cannot be obtained from the person concerned alone but requires interviews with the family, viewing childhood videos, and consulting school reports.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Trouble du spectre de l’autisme, Diagnostic différentiel, Enfant, Adulte
Keywords : Autism spectrum disorder, Differential diagnosis, Childhood, Adulthood
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