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Consommations pharmaceutiques et antibiothérapie en réanimation - 01/01/00

R.  Gauzit 1 et le Club d'infectiologie en anesthésie-réanimation, Icare 2 ,    ACE 3

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Résumé

L'objectif de cette étude réalisée sur un échantillon de 750 services de réanimation médicochirurgicale ou chirurgicale était d'identifier les variations de consommation des antibiotiques (AB), mesurées en termes de coûts et de rechercher les variables explicatives de ces dépenses. Les données d'activité et les dépenses pharmaceutiques recueillies sont celles de l'année 1997. Une liste d'AB « de réserve » a été arbitrairement définie : imipenem, ceftazidime, cefpirome, céfépime, pipéracilline/tazobactam, amikacine, isépamicine, vancomycine et teicoplanine. Seuls 60 questionnaires analysables ont été retournés (28 000 admissions et 183 960 journées d'hospitalisations). Les résultats sont présentés en moyenne plus ou moins déviation standard (DS) et la variabilité a été considérée comme importante quand le rapport DS/moyenne était supérieur à 1. Une surveillance des infections nosocomiales (IN), un comité antibiotique et une liste d'AB à prescription contrôlée existaient respectivement dans 95, 67 et 78 % des cas. La taille des services correspondait à une unité de dix lits (extrêmes 6 à 24) pour une activité de 468 ± 184 admissions/an et de 3 066 ± 1 454 journées d'hospitalisation. La durée moyenne de séjour (DMS) était de 6,9 ± 2,7 jours et le score oméga de 114 ± 61. L'âge moyen des patients était de 56,5 ans, le score IGS II de 35 ± 7, 29 ± 16 % des patients était ventilés plus de 48 heures et la mortalité était de 17 ± 7 %. Le nombre moyen de souches isolées par service a été de 369 ± 323 : Staphylococcus sp. 30 % (dont 25 % de SAMR), entérobactéries 30 % (dont 14 % de céfotaxime R) Pseudomonas sp. 14 % (dont 40 % de ticarcilline R). Les dépenses de pharmacie et de consommables par journée d'hospitalisation étaient de 834 ± 364 F, dont 536 ± 273 F pour les médicaments. Les AB représentaient 32 % du budget du médicament, et les AB « de réserve » près de 50 % du budget des AB. Plus de 80 % des dépenses en AB reposaient sur dix molécules. Le coût moyen par jour d'hospitalisation du premier poste budgétaire des AB, toutes molécules confondues, était de 27 F, celui du deuxième et du troisième de 18 et 14 F alors que le dixième ne représentait que 3 F. Les dépenses en AB étaient corrélées avec le nombre de lits, le nombre de journées d'hospitalisation, la DMS, le score oméga, le nombre de patients ventilés plus de 48 heures, la mortalité, le nombre de souches isolées et le taux d'IN. Les traitements actifs contre les SAMR et Pseudomonas sp. ticarcilline R correspondaient à 7 et 20 % des dépenses totales en AB alors que ces deux germes représentaient respectivement 7,5 et 4,6 % des souches isolées. En conclusion, dans cet échantillon de 60 unités de réanimation, il existait des différences dans le coût de l'antibiothérapie, mais sans variabilité ni disproportion majeure. 83 % des dépenses d'antibiothérapie reposaient sur dix molécules. Les AB actifs contre Pseudomonas sp. ticarcilline R avaient un impact financier important.

Mots clés  : pharmaco-économie ; budget pharmaceutique ; antibiothérapie ; réanimation.

Abstract

Pharmaceutical use and antibiotherapy in intensive care units.

The present study has involved a sample of 750 medical or medical/surgical intensive care units. The aim was to indentify the variations of antibiotic (AB) use, measured in monetary terms, and to sort out explicative variables accounting for the corresponding expense. Activity and expense data have been recorded for 1997. “Second intention” antibiotics have been defined as follows: imipenem, ceftazidime, cefpirome, cefepime, piperacillin/tazobactam, amikacin, isepamicin, vancomycin and teicoplanin. Only 60 evaluable sheets have been sent back. They include data about 28 000 admissions and 183 960 hospital days. The results are presented as means ± standard deviation (SD) and the variability has been considered to be important if the ratio SD/mean was > 1. Nosocomial infections (NI) surveillance, antibiotic advisory board and restriction of use for some molecules were present in 95%, 67% and 78% of units, respectively. The units usually had 10 beds (range: 6-24) and the mean activity was 468 ± 184 admissions/year and 3,066 ± 1,454 hospital days/year. Mean duration of hospitalisation (MDH) was 6.9 ± 2.7 days and mean omega score 114 ± 61. Mean age of patients was 56.5 years, IGS II score 35.7 ± 7 ; 29 ± 16% of patients were mechanically ventilated for more than 48 hours and mortality rate was 17 ± 7%. The mean number of bacterial isolates per unit was 369 ± 323 : Staphylococcus sp. 30% [including 25% of meticillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA)]; enterobacteria 30% (including 14% of cefotaxime-resistant isolates); Pseudomonas sp. 14% (including 40% of ticarcillin R isolates); other 26%. Pharmaceutical expense was 834 ± 364 FF per day of hospitalisation, including 536 ± 273 FF for drugs. Antibiotics accounted for 32% of the expense and second intention molecules for nearly 50 % of antibiotic expense. More than 80% of antibiotic expense was accounted for by only 10 molecules. The mean cost/hospital day for the most expensive antibiotic, whatever the molecule ranking first, was 27 FF, for the second and third ones 18 and 14 FF. The expense for the tenth molecule was only 3 FF. There was a correlation between antibiotic expense and number of beds, number of hospital days, MDH, omega score, number of patients mechanically ventilated for more than 48 hours, mortality, number of bacterial isolates and incidence of NI. Molecules thought to be active against MRSA and ticarcillin-resistant Pseudomonas sp. accounted for 7 and 20% of total antibiotic expense, as compared to 7.5 and 4.6%, respectively, of bacterial isolates.

As a conclusion, in this sample of 60 intensive care units, differences were shown for the cost of antibiotics, but the variability was low, without major discrepancies. Ten molecules accounted for 83% of total antibiotic expense. The financial impact of molecules against ticarcillin-resistant Pseudomonas sp is high.

Mots clés  : pharmacoeconomics ; pharmaceutical expense ; antibiotherapy ; intensive care.

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Vol 19 - N° 5

P. 424-429 - mai 2000 Retour au numéro
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