L’automédication et ses déterminants parmi les militaires français en mission sur les bâtiments de surface de la Marine nationale : une étude descriptive - 30/05/26
Self-medication and its factors amongst Navymen aboard surface ships of the French Navy at sea: A descriptive study
, Nicolas Robin c, Bakridine Mmadi Mrenda d, Ludovic Karkowski eRésumé |
Objectif |
L’objectif de cette étude était d’évaluer la prévalence et les déterminants de l’automédication parmi les personnels militaires embarqués en mission sur les bâtiments de surface de la Marine nationale.
Méthodes |
Une étude observationnelle transversale monocentrique a été réalisée entre avril et septembre 2024 à l’aide de questionnaires auto-administrés distribués à bord de cinq bâtiments de surface de la base navale de Toulon. Les données recueillies concernaient les caractéristiques sociodémographiques et les comportements d’automédication. Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel R (version 4.0.3, 2020).
Résultats |
Parmi les 405 participants inclus, 54,1 % ont déclaré avoir consommé au moins un médicament en automédication au cours de la mission. Les antalgiques de palier 1 étaient les plus utilisés (85,8 %), principalement pour des céphalées (82,2 %). Les principaux facteurs indépendamment associés à la pratique de l’automédication étaient le sexe féminin, l’appartenance à la catégorie des équipages ou officiers mariniers de plus de 25 ans, un temps de mission plus long et des antécédents d’automédication. Des effets indésirables ont été rapportés par 3,2 % des participants.
Conclusion |
L’automédication apparaît comme une pratique fréquente au sein de la Marine nationale, probablement favorisée par l’isolement, la culture de performance et la volonté de préserver son aptitude opérationnelle. Ces résultats plaident pour une meilleure information des marins, un encadrement raisonné des médicaments emportés et le renforcement du rôle éducatif du personnel de santé embarqué.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Aims |
The objective of this study was to assess the prevalence and determinants of self-medication among military personnel deployed on surface ships of the French Navy.
Methods |
A cross-sectional observational monocentric study was conducted from April to September 2024 using self-administered questionnaires distributed on board five surface ships from the Toulon naval base. The data collected covered sociodemographic characteristics and self-medication behaviors. Statistical analyses were performed using R software (version 4.0.3; 2020).
Results |
Among the 405 participants included, 54.1% reported having used at least one medication in self-medication during the mission. First-line painkillers were the most commonly used drugs (85.8%), mainly for headaches (82.2%). Independent predictive factors for self-medication were female sex, being a crew member or petty officer over 25 years old, longer mission duration, and history of self-medication practices. Adverse drug reactions were reported by 2.8% of participants.
Conclusion |
Self-medication appears to be a common practice among naval personnel, probably favored by isolation, culture of the performance, and desire to maintain operational skills. These findings highlight the need for better education and supervision regarding self-medication use at sea, the development of guidelines for a reasonable self-medication, and a stronger preventive role for onboard medical staff.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Automédication, Militaires, Marine nationale, Missions, Médecine des forces, Effets indésirables
Keywords : Self-medication, Military personnel, French Navy, Operational missions, Military medicine, Adverse effects
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