Interests and issues of emotion recognition and emotional congruence with children in forensic inpatients who sexually abused - 03/07/26
Intérêts et enjeux de l’évaluation de la reconnaissance émotionnelle et de la congruence émotionnelle avec les enfants chez des patients internés ayant commis des infractions à caractère sexuel sur mineur(s)
, Xavier Saloppé b, c, Thierry H. Pham a, d, Luca A. Tiberi aAbstract |
Identifying risk factors that precipitate sexual offenses is essential for developing effective prevention and intervention strategies. Individuals who committed sexual offenses constitute a highly heterogeneous group, highlighting the need to distinguish offender subgroups with specific criminological and clinical profiles. In this context, child sexual abuse represents a distinct offense category of particular concern, given its high prevalence in the general population, with up to 20% of girls and 14% of boys reporting experiences of sexual victimization. The Structured Assessment of Risk and Need framework identifies four core dynamic risk domains associated with sexual offending: deviant sexual interests, distorted attitudes, socio-affective functioning, and self-management. Across these domains, emotional processes play a central role. They are involved in the regulation of affect through fantasy, in the influence of distorted attitudes on emotional processing, and in the role of emotion recognition in adaptive functioning. Despite this theoretical relevance, emotional processes remain poorly operationalized in sexual recidivism risk assessment. apart from Emotional Congruence with Children (ECWC). ECWC is a salient risk factor specific to child sexual abuse and is closely associated with deviant sexual interests in children and offense-supportive attitudes. Emotion recognition represents another essential but understudied socio-affective process. Deficits in emotion recognition may impair emotion regulation and contribute to (sexual) offending. This process appears particularly relevant to investigate among individuals with elevated ECWC, as emotional affiliation with children may bias sensitivity to distress cues. Further research is needed to examine how emotion recognition and ECWC jointly contribute to child sexual offending and recidivism risk.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Résumé |
L’identification des facteurs de risque précipitant les infractions à caractère sexuel est essentielle au développement de stratégies de prévention et de prise en charge plus ciblées et efficaces. Toutefois, les auteurs d’infractions à caractère sexuel forment un groupe particulièrement hétérogène, tant sur le plan criminologique que clinique. De fait, afin de mieux comprendre la délinquance sexuelle, il est essentiel d’identifier des sous-groupes d’auteurs au profil clinique et criminologique spécifique. Dans cette perspective, l’agression sexuelle sur mineur constitue une catégorie infractionnelle distincte, dont les enjeux sont particulièrement importants au regard de la forte prévalence d’infractions à caractère sexuel sur mineurs dans la population générale. La littérature indique que jusqu’à 20 % des filles et 14 % des garçons ont subi une forme de victimisation sexuelle. Ces données soulignent la nécessité d’identifier les facteurs de risque spécifiquement associés à l’agression sexuelle sur mineur. À cet égard, la Structured Assessment of Risk and Need conceptualise quatre domaines de facteurs de risque dynamiques impliqués dans la délinquance sexuelle : les intérêts sexuels déviants, les attitudes distordues, le fonctionnement socio-affectif et la gestion de Soi. Dans ces différents domaines, les processus émotionnels occupent une place centrale. La littérature souligne une influence bidirectionnelle entre émotions et mécanismes infractionnels, impliquant la régulation émotionnelle par le fantasme ou encore l’impact des attitudes distordues sur le traitement émotionnel. Cependant, les émotions et leurs composantes demeurent insuffisamment opérationnalisées dans les outils d’évaluation du risque de récidive sexuelle. Pourtant, les émotions constituent une composante centrale des interactions sociales, notamment au travers du domaine socio-affectif défini par les modalités d’entrée en interaction et de mode de relation avec les autres, ainsi que par les états émotionnels émergeants au cours de ces interactions sociales. Dans ce domaine, la Congruence Émotionnelle avec les Enfants (CEE), définie comme une orientation relationnelle et émotionnelle spécifique envers les enfants, a été identifiée comme un facteur de risque dynamique majeur de l’agression sexuelle sur mineur. La CEE présente une pertinence particulière en raison de sa spécificité aux infractions sexuelles sur mineurs et de ses associations documentées avec d’autres facteurs de risque établis, tels que les intérêts sexuels déviants envers les enfants et les attitudes distordues favorables aux contacts sexuels adulte-enfant. La reconnaissance émotionnelle constitue une autre composante essentielle, bien que peu explorée, du fonctionnement socio-affectif. Ce processus permet la perception et l’interprétation précises des indices émotionnels, facilitant l’inférence des états mentaux et affectifs d’autrui, ainsi que la sélection de réponses comportementales adaptées aux situations sociales. Les déficits de reconnaissance émotionnelle ont été associés à des difficultés de régulation émotionnelle et aux comportements (sexuels) délictueux. Ce mécanisme apparaît particulièrement pertinent dans le contexte de la CEE, dans la mesure où une affiliation émotionnelle accrue avec les enfants pourrait biaiser l’interprétation de leurs expressions émotionnelles et réduire la sensibilité aux signaux de détresse ou d’affect négatif. Malgré la pertinence théorique de ces processus dans la compréhension de l’agression sexuelle sur mineur, la reconnaissance émotionnelle et la CEE demeurent, à ce jour, insuffisamment documentées empiriquement. En particulier, la majorité des études n’a pas examiné la reconnaissance émotionnelle au sein de sous-groupes cliniques spécifiques, tels que les auteurs d’infractions à caractère sexuel d’enfants présentant des niveaux élevés de CEE. De plus, peu de travaux se sont intéressés à la manière dont certains mécanismes infractionnels pourraient influencer – ou être influencés par – la reconnaissance émotionnelle, ni au rôle direct ou indirect de ce processus dans l’évaluation du risque de récidive sexuelle. De fait, les recherches futures devraient ainsi tenter d’examiner les interactions entre les facteurs de risque spécifiques à l’agression sexuelle sur mineur, tels que la CEE, et la reconnaissance émotionnelle, afin de mieux comprendre leur contribution respective et conjointe au risque de commission d’infraction à caractère sexuel.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Keywords : Emotion Recognition, Emotional congruence with children, Sexual abuse, Deviant sexual interest, Distorted cognition
Mots clés : Reconnaissance émotionnelle, Congruence émotionnelle avec les enfants, Agression sexuelle sur mineurs, Intérêt sexuels déviants, Distorsions cognitives
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