Le carcinome pulmonaire, SMARCA4-déficient, une étiologie fréquente de métastase du système nerveux central : données cliniques, histopathologiques et génétiques - 08/07/26
Résumé |
Introduction |
La 5 e édition de la classification de l’OMS des tumeurs thoraciques a introduit un nouveau type tumoral de nature épithéliale, appelé tumeur indifférenciée thoracique SMARCA4-déficiente, caractérisée par une perte d’expression de la protéine BRG1. Elle est grevée d’un mauvais pronostic et présente des aspects histopathologiques variables : de carcinomes bien différenciés à des carcinomes indifférenciés pseudo-sarcomateux, ici regroupés sous le terme générique de carcinomes, SMARCA4-déficients (CSD). Le système nerveux central (SNC) est le premier site métastatique des cancers bronchopulmonaires avancés et constitue une localisation fréquente révélatrice de la maladie.
Objectifs |
Criblage immunohistochimique (BRG1) des métastases synchrones et métachrones du SNC de cancers bronchopulmonaires sur une période de 10 ans (2015–2024) opérées au GHU-Paris Sainte-Anne, puis caractérisation clinique, histopathologique et génétique des CSD.
Méthodes |
Relecture histopathologique, étude immunohistochimique (TTF1, p40, BRG1, ALK, ROS1, PDL1) et analyses moléculaires (NGS et RNAseq).
Résultats |
Sur les 502 métastases testées, 56 (11 %) étaient BRG1−. L’histopathologie de ces tumeurs était de type adénocarcinome (43/56), de carcinome sans précision (8/56), de tumeur indifférenciée (3/56), de carcinome sarcomatoïde (1/56) et de carcinome neuroendocrine à petites cellules (1/56). Soixante-treize pour cent (41/56) étaient de statut p40−/TTF1−. Parmi la population générale des métastases du SNC de carcinomes de profil p40−/TTF1−, 38/148 (26 %) étaient BRG1−. Aucune tumeur était ROS1+ et le score PDL1 TPS moyen était de 10 %. Ces métastases concernaient majoritairement des hommes (38/56, 68 %), d’âge médian de 61 ans (37–83 ans) avec une localisation unique supratentorielle (38/56, 68 %). Dans la majorité des cas (33/56, 59 %), la métastase au SNC était révélatrice du cancer pulmonaire. Le profil moléculaire montrait des altérations de TP53 ( n = 36), STK11 ( n = 16), KRAS ( n = 14), dont 3 mutations p.G12C, et KEAP1 ( n = 10), une amplification du gène MET ( n = 3) et une fusion ALK::EML4 ( n = 1), sans mutation des gènes EGFR , HER2 et BRAF .
Discussion |
Nos résultats montrent que cette entité n’est pas rare. Ce type tumoral étant associé à un pronostic péjoratif, on comprend aisément que la révélation par un stade métastatique au SNC constitue un mode fréquent de révélation de la maladie. Ces métastases sont préférentiellement localisées à l’étage supratentoriel comme les autres cancers pulmonaires, BRG1− conservés métastatiques au SNC. La biologie moléculaire des métastases est identique aux formes primitives de CSD thoraciques. Bien que cette étude donne une idée de la fréquence des CSD métastatiques au SNC, celle-ci n’est de facto pas exhaustive, seules les métastases réséquées étant incluses.
Conclusion |
Compte tenu du caractère agressif des CSD, il paraît pertinent de cribler les métastases du SNC de carcinomes avec l’immunomarquage anti-BRG1, particulièrement en cas de négativité du TTF1 et de p40. Ce type tumoral constitue alors un diagnostic différentiel des tumeurs peu différenciées primitives et sarcomes du SNC.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 46 - N° 4
P. 362-363 - juillet 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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