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États de mal épileptiques : épidémiologie, définitions et classifications - 09/04/09

Doi : 10.1016/j.neurol.2008.11.010 
S. Dupont a, , A. Crespel b
a Unité d’épileptologie, clinique neurologique, hôpital Pitié-Salpêtrière, AP–HP, université Pierre-et-Marie-Curie, 47, boulevard de l’Hôpital, 75651 Paris, France 
b Service d’explorations neurologiques et d’épileptologie, hôpital Gui-de-Chauliac, Montpellier, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

L’incidence annuelle des états de mal épileptiques (EME), définis sur les recommandations de 1993, est de 10,3 à 41 pour 100000habitants. L’incidence est plus élevée chez les patients épileptiques, les jeunes enfants et les sujets âgés, près de la moitié des EME survenant chez un patient épileptique. Les trois premières causes sont un taux bas de médicaments antiépileptiques, des antécédents de lésions cérébrales et les accidents vasculaires cérébraux aigus. Les crises observées sont le plus souvent partielles, évoluant secondairement vers des crises généralisées. La mortalité varie de 7,6 à 39 % et est influencée par la prise en compte des encéphalopathies anoxiques et par la qualité de la prise en charge initiale. Cette mortalité implique une stratégie thérapeutique codifiée qui peut dépendre de la définition et de la classification de l’EME. Par définition, un EME est une crise d’épilepsie qui perdure ou se répète à intervalles brefs sans reprise de conscience. La durée requise pour parler d’EME face à une crise qui ne s’arrête pas est plus débattue. Un consensus émerge de la littérature pour distinguer deux définitions suivant le type clinique et la gravité potentielle de l’état de mal : (i) l’EME est défini, de façon générale, par des crises continues ou par la succession de crises sans amélioration de la conscience sur une période de 30minutes ; (ii) du fait de sa gravité, l’EME tonicoclonique généralisé requiert une définition spécifique impliquant une prise en charge plus précoce. Cette définition « opérationnelle » fait référence à des crises continues ou subintrantes pendant au moins cinq minutes. Les classifications des états de mal répondent, elles, à différentes problématiques : clinique, pronostique et thérapeutique, épidémiologique, physiopathologique… Actuellement, les classifications des états de mal les plus utilisées dérivent soit de la classification syndromique des épilepsies, soit de la classification des crises, soit de la classification « opératoire » issue de la dernière conférence de consensus sur la prise en charge des EME. La réalité clinique pratique suggère l’adoption d’une classification la plus opérationnelle possible impliquant une stratégie thérapeutique, toujours urgente, mais adaptée au pronostic avec trois stratifications de stratégies : EME avec pronostic vital engagé à court terme, EME avec pronostic vital et/ou fonctionnel engagé à moyen terme, EME n’engageant pas le pronostic vital.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

The annual incidence of status epilepticus based on the definitions of the International League Against Epilepsy (1993) ranges from 10.3 to 41 per 100,000inhabitant. Half of the cases of status epilepticus concern epileptic patients. In all studies, incidence is higher in epileptic patients, young children and the elderly. It is estimated that 13% of patients with status epilepticus will experience recurrence during the two first years. The three leading etiologies are low-dose antiepileptic drugs, non-acute brain lesions and acute stroke. Seizures are generalized in 9 to 33% of patients and focal in 25 to 75%. Secondary generalized seizures can be observed in 19 to 66% of patients. Mortality ranges from 7.6 to 39% and varies as a function of inclusion of postanoxic encephalopathies and difference in initial care. The definition retained and the classification adopted for status epilepticus also affect mortality estimates. Status epilepticus is defined as the existence of a prolonged seizure or a series of seizures during which the patient does not recover, or incompletely recovers, consciousness. The duration parameter used to distinguish status epilepticus from a seizure remains controversial. At the present time, there is general agreement in the literature distinguishing two definitions based on different durations according to the clinical type of status epilepticus and its potential severity: (i) a status epilepticus is defined by a seizure lasting more than 30minutes or recurrent seizures without recovery of consciousness over a period of 30minutes; (ii) considering its severity, tonic-clonic status epilepticus has a specific definition leading to earlier therapeutic management. This operational definition is continuous, generalized, convulsive seizure lasting more than five minutes or two or more seizures during which the patient does not return to baseline consciousness. Several types of background can be used to establish a classification for status epilepticus: clinical manifestations, prognostic and therapeutic course, epidemiological data, pathophysiological mechanisms… At the present time, the classifications most commonly used in France for status epilepticus are derived from the syndromic epileptic classification, the seizure classification or the classification proposed by the French consensus workshop on status epilepticus. For routine clinical practice, an operational classification can be used to adopt therapeutic strategies adapted to probable prognosis: short-term life-threatening, mid-term life-threatening, not life-threatening.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : État de mal épileptique, Épidémiologie, Incidence, Durée, Définition opérationnelle, Classification opérationnelle, Pronostic

Keywords : Status epilepticus, Epidemiology, Incidence, Duration, Operational definition, Classification, Prognosis


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 Ce texte a été publié dans Reanimation 2009;18(1):13–20.


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Vol 165 - N° 4

P. 307-314 - avril 2009 Retour au numéro
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