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P111 - Évaluation du déficit énergétique chez le patient en choc septique : une étude à propos de 86 cas - 07/12/10

Doi : NUCLI-12-2010-24-S1-0985-0562-101019-201005358 

E* Occhiali,

N Devos,

J P Eraldi,

F Bougerol,

J C Chakarian,

I Auriant,

J P Rigaud

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Résumé

Introduction et But de l’étude. – Le déficit énergétique a un impact direct sur la morbidité et la mortalité du patient en réanimation [1]. Ce travail a pour but d’évaluer les conditions de création de cette dette énergétique chez le patient en choc septique.

Matériel et Méthodes. – Étude rétrospective chez des patients admis en réanimation entre 2005 et 2009 pour choc septique avec une durée de séjour d’au moins 7 jours. La cible énergétique à atteindre est calculée selon les dernières recommandations de l’Espen [2]. La dette énergétique correspond à la différence entre la cible recommandée et les apports reçus par le patient. Le séjour du patient est divisé en deux périodes : instable (J1-J7) et stable (J8-fin).

Résultats. – Quatre-vingt-six patients âgés de 65 ± 15 ans sont inclus. Le choc septique est d’origine médicale (53 %) ou chirurgicale (47 %). Le SOFA moyen est de 9,77 ± 2,88, l’IGS2 de 51,1 ± 15, la DMS de 25 ± 3 jours et la DVM de 22 ± 20 jours. La mortalité en réanimation et à J28 est respectivement de 23 et de 21 %.

De J1 à J7 : le délai d’initiation de la nutrition est de 3,1 ± 1,3 jours ; 2 patients n’ont reçu aucune nutrition ; la nutrition est majoritairement parentérale (77 %) ; 69 % des patients reçoivent moins de 60 % de la ration calorique recommandée les 3 premiers jours du séjour, puis le déficit énergétique devient moins important à la fin de la première semaine (23,5 % des patients reçoivent moins de 60 % de la ration recommandée) ; le déficit calorique journalier est de – 243 kcal/jour ± 402 ; le bilan azoté est en médiane à – 6,7 gN/jour [+ 12 ; – 19,2], 83 % des patients ont un bilan azoté négatif à la fin de la première semaine et seuls 14 % reçoivent de la glutamine ; 24 % des patients dépassent les objectifs caloriques recommandés.

De J8 à la fin du séjour : 12 patients ne sont pas nourris ; les patients reçoivent en majorité de la nutrition parentérale (72 %) ; 25,5 % des patients reçoivent moins de 60 % de la ration calorique recommandée ; le déficit calorique journalier est de – 584 kcal/jour ± 575 ; 10 % des patients dépassent la ration calorique recommandée.

Sur la totalité du séjour : en moyenne les patients sont nourris 71 % du temps de séjour ; 19 % des patients reçoivent moins de 60 % de la ration calorique recommandée à la fin de leur séjour et le déficit calorique est de – 387 kcal/jour ± 407 ; 17 % des patients sont trop nourris.

Conclusion. – Le déficit calorico-azoté se creuse principalement au cours de la phase très précoce du choc septique. En effet, plus de 2/3 des patients reçoivent moins de 60 % de la ration calorique recommandée pendant la phase initiale du choc septique, cela à cause d’un délai d’initiation de la nutrition à J3 et d’une sous-nutrition en quantité et en qualité. Retarder l’initiation de la nutrition artificielle et administrer des apports inférieurs aux recommandations entraînent la création d’une dette énergétique qui ne peut être recouvrée au cours du séjour, sauf au prix d’une surnutrition. L’impact sur la morbimortalité d’une nutrition artificielle plus précoce et plus proche des besoins au cours du choc septique doit être évalué.




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Vol 24 - N° S1

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