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Pratique et complications de la rachianesthésie en milieu tropical africain - 01/01/01

J.P.  Carpentier 1 * ,  J.P.  Banos 2 ,  R.  Brau 3 ,  G.  Malgras 3 ,  P.  Boye 4 ,  J.  Dubicq 5 ,  G.  Angel 6 ,  C.  Roth 7 *Correspondance et tirés à part

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Résumé

Objectif : Évaluer, en milieu tropical africain, le risque lié à la pratique de la rachianesthésie (RA).

Type d'étude : Enquête prospective multicentrique sur deux ans.

Investigateurs : Vingt et un médecins anesthésistes-réanimateurs et infirmiers anesthésistes exerçant dans dix pays africains.

Méthodes : Deux questionnaires anonymes : l'un, rempli à l'occasion de chaque complication, avait pour but de définir le type de l'incident ou de l'accident, d'en préciser les circonstances ; l'autre devait permettre de définir le poste occupé, de quantifier l'activité anesthésique globale et le nombre des RA pratiquées par rapport aux autres techniques et d'évaluer le nombre des complications et des décès en rapport avec une RA.

Résultats : Six médecins anesthésistes-réanimateurs et une infirmière anesthésiste ont répondu à l'enquête. Six sites répartis sur cinq pays différents (Sénégal, Tchad, République centrafricaine, Niger, Madagascar) ont participé et ont réalisé 18 432 actes d'anesthésie dont 2 703 RA, ce qui représente 14,7 % de l'activité anesthésique. L'anesthésie générale prédominait avec une fréquence supérieure à 75 % dans les centres bien équipés. En revanche, dans les centres peu équipés ou dont l'approvisionnement était plus aléatoire la rachianesthésie a été la technique la plus utilisée avec une fréquence qui variait de 48,9 à 68,7 %. Quarante incidents et accidents (1,5 %) ont été rapportés dont cinq (0,2 %) ont entraîné le décès du patient. Sur les sept arrêts cardiocirculatoires (0,3 %), quatre ont été fatals (0,1 %). Huit des dix accidents et tous les décès ont eu lieu dans les sites peu équipés. Huit des dix accidents ont eu lieu au cours de césariennes réalisées en urgence. Tous les arrêts cardiocirculatoires étaient secondaires à une hypovolémie majeure d'installation brutale. Pour les quatre décès après arrêt cardiocirculatoire, la RA a été réalisée par un infirmier anesthésiste et avec de la bupivacaïne isobare 0,5 %.

Conclusions : La pratique de la RA en milieu tropical africain était caractérisée par des conditions d'exercice et une qualification des personnels différentes par rapport à la France. La fréquence des arrêts cardiocirculatoires y était cinq fois plus importante et celle des décès 20 fois plus. Il est discutable d'avoir recours à la RA pour césarienne de sauvetage en situation d'hypovolémie. Une formation spécifique des infirmiers anesthésistes à la pratique des anesthésies locorégionales et d'une formation à la démarche qui conduit au choix d'une technique d'anesthésie adaptée à la chirurgie, à l'état du patient et aux moyens disponibles est à considérer en Afrique.

Mots clés  : Afrique ; anesthésie ; milieu tropical ; rachianesthésie ; risque anesthésique.

Abstract

Objective: To evaluate the risk of the practice of spinal anaesthesia (SA) in African tropics.

Study design: Prospective study in multiple centres over a two years period.

Persons: Twenty-one anaesthesiologists and anaesthetist nurses covering ten African countries.

Methods: Two anonymous questionnaires; the first, filled in each anaesthetic problem occurred, to define the type of incident or accident, and its circumstances; the second was designed to define the position occupied, to quantify the global anaesthetic activity, the number of SA, and to value the number of complications or deaths linked to SA.

Results: Six anaesthesiologists and one anaesthetist nurse replied to the study, covering six sites in five different countries (Senegal, Chad, Central African Republic, Niger and Madagascar). On the 18,432 anaesthetic acts collected, 2,703 (14.7%) were SA. In the well-equipped centres, general anaesthesia was predominant with a frequency of over 75%. However in the not so well equipped centres or those which supplies were more problematical, SA technique was used with a frequency varying from 48.9 to 68.7%. Forty incidents and accidents were reported (1.5%), five led to the death of the patient (0.2%). Among the seven cardiac arrests (0.3%), four were fatal (0.1%). Eight of the ten accidents and all of the deaths occurred in the least equipped centres. Eight of ten accidents happened during emergency caesarean sections. All cardiac arrests were preceded by a severe hypovolemia. For the four deaths after cardiac arrest, an anaesthetist nurse with isobaric bupivacaine 0.5% carried out SA.

Conclusions: This study showed that the practice of SA in African tropics was performing in different practice conditions and people qualification than they were in France. The frequency of cardiac arrests and deaths was respectively five and 20 times more important, in those conditions. The first conclusion that can be drawn from this study is that it is questionable to use SA for emergency Caesarean section under hypovolemic condition. The second is the necessity for specific training on the local anaesthesia for anaesthetist nurses but also training to choose the anaesthesia best adapted to the surgery, the condition of the patient and the means available.

Mots clés  : Africa ; African tropics ; anaesthesia ; anaesthesic risks ; spinal anaesthesia.

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Vol 20 - N° 1

P. 16-22 - janvier 2001 Retour au numéro

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