Infections secondaires à l'implantation d'un pacemaker - 01/01/00
A. Da Costa a , G. Kirkorian b , K. Isaaz a , P. Touboul b
Voir les affiliations| pages | 10 |
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Résumé |
Introduction. - Les infections secondaires à la mise en place d'un stimulateur cardiaque sont peu fréquentes, mais constituent une complication redoutée et grave. Les infections localisées au site d'implantation sont rapportées dans 0,5 à 5 % des cas selon les séries les plus récentes, avec une moyenne avoisinant 2 %. La prévalence des septicémies et des endocardites infectieuses est plus faible, de 0,005 à 0,5 % des implantations selon les séries. L'expérience de l'opérateur, la longueur de la procédure, ainsi que les gestes itératifs sont considérés comme des facteurs favorisants.
Actualités et points forts. - Récemment démontré, le mécanisme incriminé est en premier lieu celui d'une contamination locale survenue au cours même de l'implantation. La présence d'un staphylocoque est observée dans la majorité des infections liées à la pose d'un pacemaker (75 à 92 %). Staphylococcus aureus est le plus souvent responsable des infections aiguës (moins de six semaines), alors que Staphylococcus epidermidis est plutôt pourvoyeur d'infections tardives (plus de deux mois). L'infection de la loge du boîtier constitue la forme clinique habituelle, mais d'autres formes ont été décrites telles qu'abcès, endocardites, extériorisation de matériel, emboles septiques ou phlébites suppurées. Sur la base des constatations cliniques, le diagnostic repose sur les prélèvements bactériologiques locaux et généraux et sur l'échocardiographie, notamment transoesophagienne en cas de suspicion de végétation sur sonde ou d'endocardite du coeur droit associée. Une attitude thérapeutique médicale avec double antibiothérapie bactéricide et chirurgicale avec extraction du matériel infecté par voie percutanée, voire par cardiotomie, est recommandée.
Perspectives et projets. - Une méta-analyse récente souligne le rôle bénéfique de l'antibioprophylaxie systématique préopératoire dans la prévention de ces complications. Une étude prospective contrôlée serait souhaitable afin de confirmer ces résultats.
Mots clés : pacemaker ; infection ; endocardite infectieuse ; septicémie ; antibioprophylaxie.
Abstract |
Introduction. - Infectious complications following pacemaker implantation are not common but may be particularly severe. Localized wound infections at the site of implantation have been reported in 0.5% of the cases in the most recent series, with an average of about 2%. The incidence of septicemia and infectious endocarditis is lower, about 0.5% of the cases. The operator's experience, the duration of the procedure and repeat procedures are considered to be predisposing factors.
Current knowledge and key points. - The main cause of these infections has been recently demonstrated to be local contamination during implantation. The commonest causal organism is Staphylococcus (75 to 92% of the cases), Staphylococcus aureus being the cause of acute infections (less than 6 weeks), whereas Staphylococcus epidermidis is associated with cases of secondary infection (more than 2 months). The usual clinical presentation is infection at the site of the pacemaker but other forms such as abscess, endocarditis, rejection of the implanted material, septic emboli or phlebitis have been described. The diagnosis is confirmed by local and systemic biological investigations and by echocardiography (especially transesophageal echocardiography) in cases of right heart endocarditis. There are two axes of treatment: bactericidal double antibiotherapy and surgical ablation of the infected material either percutaneously or by cardiotomy.
Future prospects and projects. - A recent meta-analysis supported the role of systematic, preoperative, prophylactic antibiotic therapy in the prevention of these complications. These data should be confirmed by suitably powered clinical trials.
Mots clés : pacemakers ; infection ; endocarditis ; septicemia ; antibiotic prophylaxis.
Plan
Vol 21 - N° 3
P. 256-265 - mars 2000 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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