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Analyse de l’activité d’une équipe mobile psychiatrie-précarité (EMPP) : des urgences médicopsychiatriques dans la rue à la pratique d’hospitalisation à domicile pour des personnes sans domicile - 02/05/12

The analysis of a mobile mental health outreach team activity: From psychiatric emergencies on the street to practice of hospitalization at home for homeless people

Doi : 10.1016/j.lpm.2011.09.032 
Vincent Girard 1, 2, Aline Sarradon-Eck 2, , Noura Payan 2, Jean-Pierre Bonin 3, Sylvain Perrot 4, Vanessa Vialars 2, Laurent Boyer 1, Aurélie Tinland 1, 2, Marie-Claude Simeoni 5
1 Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille, hôpital La Timone, pôle de santé publique, EA 3279 Évaluation des systèmes de soins et mesure de la santé perçue, 13385 Marseille, France 
2 Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille, pôle de psychiatrie universitaire, 13274 Marseille, France 
3 Université de Montréal, faculté des sciences infirmières, Montréal, Québec H3C 3J7, Canada 
4 Médecin de monde, 13000 Marseille, France 
5 Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille, hôpital de la Conception, Aix-Marseille University, pôle de santé publique, EA3279 évaluation des systèmes de soins et mesure de la santé perçue, 13385 Marseille, France 

Aline Sarradon-Eck, Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille, service Naudin, pôle psychiatrie universitaire, 270, boulevard Sainte-Marguerite, 13274 Marseille, France.

Summary

Context and objective

Since their creation in 2005 in France, mobile mental health outreach teams (EMPP) have been working to improve the health of the homeless who, for 30 to 50% of them, present severe mental disorders. Their missions are defined by ministerial circular’s specifications. Few studies have been undertaken in France to analyze the practices of these teams’ professionals, nor the characteristics of the populations with whom they are involved. The EMPP described in this paper had in 2010 a greater staff than other French EMPPs. It has 15 full-time staff, including four doctors (two psychiatrists, one GP, one house physician), two nurses, two educators, one social worker, three peer-workers, one secretary and two coordinators. The article analyzes the way of support developed within the range of EMPP’s missions defined by the ministerial circular.

Methods

Descriptive statistical analysis was carried out using standardized data from four different sources (round sheet, record of activity, record of hospitalization, housing information, interviews conducted by medical and social professionals with patients). Another source of data consists of records describing the operation of the team (reference framework) and annual activities (annual report).

Results

The method of care was developed based on a street working, involving a full medical and its relationship with the hospital and a place to live in a semi-community context. The Mobile Mental Health Outreach team documented 318 rounds in 2010, describing 666 contacts among whom 87.9% were followed regularly thereafter. It focuses to a target population. The team actively followed 198 people including 161 for whom a psychiatric diagnosis was done: 48.5% of the patients followed presented schizophrenic-type disorders, 21.8% bipolar disorders and other mood-linked problems, 13% behavioral disorders and 6.2% substance-use disorders. A percentage of 44.9 presented with a physical disease. Among the 89 hospitalizations, 86.5% were motivated by psychiatric disorders and 43% were forced. In about one third of the cases, hospitalizations were motivated by a double indication – psychiatric and physical – and in 13.5% for only a physical indication. Thirty people of the actively followed people had stayed in a halfway house as an alternative to hospitalization, restoring a continuity of care and allowing to resolve social problems that had until then been hopeless.

Perspectives

The strategies developed by this Mobile Health Outreach Team ensure local community medical, psychiatric and social care for “hard to reach” people. The results confirm the interest of the link between the street work, the hospital and the halfway home, both as a living facility and an alternative to hospitalization. They suggest the importance of a critical minimum size for these EMPP that allows them a street work with doctors providing guidance. The presence of a GP is another welcome development because of the severity and the entanglement of somatic and psychiatric problems of these populations.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Résumé

Contexte et objectif

Depuis 2005 en France, des équipes mobiles psychiatrie-précarité (EMPP) ont été créées pour tenter d’améliorer la santé des personnes sans abri dont 30 à 50 % ont des troubles psychiatriques sévères. Leurs missions sont définies par un cahier des charges et une circulaire ministérielle. Peu d’études ont entrepris en France d’analyser les pratiques de ces équipes, ainsi que le profil des personnes qu’elles suivent. L’EMPP décrite avait en 2010 un effectif plus important que les autres équipes françaises : 15 salariés à temps plein, dont quatre médecins (deux psychiatres, un généraliste, un interne en psychiatrie), deux infirmières, deux éducatrices spécialisées, une assistante sociale, trois médiateurs de santé, un secrétaire et deux coordinateurs. L’article analyse le mode de prise en charge qu’elle développe dans l’éventail des missions des EMPP définies par la circulaire ministérielle.

Méthodes

Une analyse statistique descriptive a été réalisée à partir de données standardisées issues de cinq sources différentes (fiches de tournée, fiches de relevé d’activité, fiches d’hospitalisation, fiches d’hébergement, entretiens médicosociaux réalisés par les professionnels avec les patients). Une autre source de données se compose de documents décrivant le fonctionnement de l’équipe (référentiel) et son activité annuelle (rapport d’activité).

Résultats

Le mode de prise en charge développé repose sur un travail de rue quotidien, impliquant à part entière les médecins et son articulation avec l’hôpital et un lieu de vie semi-communautaire. L’EMPP a renseigné 318 tournées en 2010 ayant permis de rendre compte de 666 contacts dont 87,9 % avec des patients suivis régulièrement. Elle concentre son action vers une population cible. Sa file active compte 198 personnes dont 161 pour lesquelles un diagnostic psychiatrique a pu être posé : 48,5 % d’entre elles avaient des troubles de type schizophrénique, 21,8 % des troubles bipolaires et autres troubles de l’humeur, 13 % des troubles du comportement et 6,2 % des troubles liés à des abus de substances ; 42,9 % avaient en plus un problème somatique. Parmi les 89 hospitalisations, 86,5 % ont été motivées pour un trouble psychiatrique et 42,9 % ont été effectuées sous la contrainte. Dans environ un tiers des cas, les hospitalisations ont été motivées par une double indication psychiatrique et somatique et dans 13,5 % pour une indication uniquement somatique. Trente personnes de la file active ont séjourné dans un lieu de vie semi-communautaire constituant une alternative à l’hospitalisation en rétablissant une continuité des soins et en permettant une résolution des problèmes sociaux jusque-là insolubles.

Perspectives

Les stratégies développées par cette EMPP permettent d’assurer une prise en charge médicale, psychiatrique et sociale de proximité pour des personnes « difficiles à atteindre ». Les résultats confirment la pertinence de l’articulation entre le travail de rue, l’hôpital et un lieu intermédiaire, à la fois lieu de vie et alternative à l’hospitalisation. Ils suggèrent l’importance d’une taille minimum critique pour ces EMPP qui leur permette un travail de rue avec des médecins assurant l’orientation. La présence d’un médecin généraliste est une autre évolution souhaitable en raison de la gravité et de l’intrication des problèmes psychiatriques et somatiques de ces populations.

Ce qui était connu

La prévalence des troubles psychiatriques sévères parmi les personnes sans abri est entre 30 et 50 %.
Les soins de proximité et la continuité des soins pour les personnes sans abri ayant des troubles psychiatriques sévères ne sont pas optimaux.
Depuis 2005, des équipes mobiles psychiatrie-précarité (EMPP) proposent des soins de proximité et d’améliorer la prise en charge sanitaire et sociale des personnes en situation de précarité et d’exclusion.

Ce qu’apporte cet article

L’EMPP décrite concentre son action vers une population cible : les personnes sans chez soi chronique ayant des troubles psychiatriques graves et éloignées du système de soin.
Les professionnels de l’EMPP sont des professionnels de première ligne. L’activité de travail de rue, à laquelle participent activement les médecins, est plurihebdomadaire. Les médecins ont un rôle particulier de diagnostic et surtout d’aiguillage depuis la rue vers les différents services d’urgence (somatique et psychiatrique) et spécialisés (psychiatrie, médecine interne, neurologie, infectiologie, etc.).
Son activité se différencie des autres EMPP par sa taille (nombre de salariés à temps plein) plus importante que la moyenne nationale, la présence d’un médecin généraliste et de trois médiateurs de santé
L’EMPP dispose d’un lieu de vie semi-communautaire permettant une résolution de problèmes sociaux et la réappropriation d’un « chez soi » favorisant le rétablissement de ces personnes.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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