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Quel système pour quelle classification psychiatrique ? De Linné à Schotte en passant par le DSM et Szondi - 12/02/14

Doi : 10.1016/j.evopsy.2013.11.001 
Jean-Louis Feys  : Psychiatre, Médecin-chef
 CP St Bernard-Manage, 43, rue Jules-Empain, 7130 Manage, Belgique 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif

Cet article a pour objectif de mieux cerner différents modèles de classification qui ont accompagné l’histoire de la psychiatrie ce qui permet de mieux situer le DSM par rapport aux modèles de classifications qui l’ont précédé. Cela permet aussi de souligner l’originalité et l’intérêt de la conception nosographique proposée par Jacques Schotte.

Méthode

Cet article défend l’idée qu’il n’est pas possible de réfléchir à cette question de la classification sans définir plus fondamentalement l’épistémologie sur laquelle repose la pratique psychiatrique. Distinguer et classifier les systèmes philosophiques tels que Jules Vuillemin l’a fait permet de mieux définir ces épistémologies et ensuite le type de classification qui y correspond.

Résultats

Les classifications naturalistes dogmatiques sont les classifications que la médecine et la psychiatrie ont héritées de Linné et Sydenham et cela à une époque où la médecine est apparentée à la botanique : les maladies y sont décrites et définies comme des substances. Le DSM-III a constitué un profond changement de paradigme : en se voulant a-théorique et en se limitant à être un consensus fondé sur les statistiques et l’avis des différents participants à sa rédaction, le DSM se réduit à une classification sceptique valable à une certaine époque et dans certaines régions. L’originalité des travaux de Jacques Schotte est de tenter de fonder une nosographie qui ne soit ni dogmatique, ni sceptique.

Discussion

Fondée sur une épistémologie intuitionniste, la nosographie de Schotte échappe aux modèles psychiatriques classiques de type naturaliste mais évite également le modèle sceptique. À partir de ce modèle, il s’agit de concevoir le diagnostic des troubles psychiatriques comme une présentification et non plus une représentation. Le diagnostic ne peut plus être détaché de la pensée du soignant et d’une méthode thérapeutique.

Conclusions

La question de la classification des pathologies psychiatriques parcourt toute l’histoire de la discipline. Aucune classification ne semble satisfaisante et la nouvelle version du DSM ne fait que relancer d’anciennes polémiques. Ce problème de nosographie n’est que le reflet de la grande confusion épistémologique qui règne dans le champ psychiatrique. Distinguer, par le biais de la classification des systèmes philosophiques, les différentes épistémologies auxquelles la psychiatrie est confrontée permet de mieux comprendre en quoi diffèrent les modèles de classification et de mieux comprendre l’intérêt des travaux de Jacques Schotte sur la nosographie psychiatrique.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Objective

The aim of this article is to define more clearly the different models of classification that have accompanied the history of psychiatry, which will situate the DSM better with regard to the models of classification that preceded it. This will also highlight the originality and interest of the nosographical conception proposed by Jacques Schotte.

Method

This article defends the idea that it is impossible to think about this question of classification without defining more fundamentally the epistemology on which the psychiatric practice is based. Distinguishing and classifying the philosophical systems such as Jules Vuillemin had done permits the better definition of these epistemologies and hence the type of classification that corresponds.

Results

Dogmatic naturalistic classifications are the classifications that medicine and psychiatry had inherited from Linné and Sydenham and that at a time when medicine was assimilated to botany: the diseases were described and defined as substances. The DSM-III represented a profound change in paradigm: attempting to be a-theoretical and limited to a consensus based on the statistics and opinion of the various editorial participants, the DSM was reduced to being a sceptical classification legitimate at a certain period in time and in certain areas. The originality of the works of Jacques Schotte was his attempt to establish a nosography that was neither dogmatic nor sceptical.

Discussion

Based on intuitional epistemology, Schotte's nosography avoids the classical naturalistic-type psychiatric models but also the sceptical model. Using this system, a diagnosis should be composed of psychiatric disorders as a ‘presentification’ and no longer as a ‘representation’. The diagnosis can no longer be detached from the thoughts of the therapist and from a therapeutic method.

Conclusions

The question of the classification of psychiatric pathologies runs throughout the history of the discipline. No classification appears satisfactory; the new version of the DSM only starts up old controversies. This problem of nosography only reflects the great epistemological confusion that prevails in the field of psychiatry. Through the bias of the classification of philosophical systems that distinguish the various epistemologies that are confronted by psychiatry, allows one to understand better in which way the classification models differ and improve our understanding of the interest of the works of Jacques Schotte on psychiatric nosography.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Classification, Psychiatrie, Pathologie psychiatrique, Épistémologie, Structure psychique, Psychose, Kraepelin E., Bergeret J., Schotte J., DSM

Keywords : Classification, Psychiatry, Psychiatric disease, Epistemology, Psychotic structure, Psychosis, Kraepelin E., Bergeret J., Schotte J., DSM


Plan


 Toute référence à cet article doit porter mention : Feys JL. Quel système pour quelle classification psychiatrique ? De Linné à Schotte en passant par le DSM et Szondi. Evol psychiatr 2014;79 (1): pages (pour la version papier) ou URL [date de consultation] (pour la version électronique).


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Vol 79 - N° 1

P. 109-121 - janvier 2014 Retour au numéro
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