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Effets de l’anesthésie et de la chirurgie sur l’incidence des dysfonctions cognitives postopératoires chez la souris - 30/08/14

Doi : 10.1016/j.annfar.2014.07.277 
F. Labaste 1, , M. Bennis 1, C. Vinel 2, C. Dray 2, P. Valet 2, B. Frances 3, V. Minville 1
1 Anesthésie-réanimation, CHU 
2 I2MC, Inserm 
3 CRCA, CNRS, Toulouse, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les dysfonctions cognitives postopératoires (DCPO) correspondent à une réduction en postopératoire des capacités de mémorisation, une réduction de la flexibilité mentale et des difficultés au traitement d’information (incidence entre 30 et 40 %) [1]. Les DCPO sont associées à une augmentation de la mortalité à un an et à une augmentation des dépenses sociales [1]. Bien que plusieurs pistes soient décrites, les mécanismes physiopathologiques restent indéterminés, le rôle de l’anesthésie étant discuté. Le but de cette étude était de distinguer chez la souris l’impact de l’anesthésie et de la chirurgie sur la survenue des DCPO.

Matériel et méthodes

Une fracture du tibia droit était réalisée chez des souris (C57BL6) sous anesthésie générale (sufentanil 5μg/kg IP, Sévoflurane Fi 6%), mimant ainsi une procédure orthopédique [2]. Pour étudier les performances mnésiques des animaux, nous avons utilisé deux protocoles: le Morris Water Maze (MWM) et le fear conditionning (FC). Ces tests permettaient, chez la souris, de tester la mémoire et le fonctionnement de l’hippocampe et de l’amygdale, deux structures importantes dans les phénomènes de mémorisation. Après une phase d’apprentissage préopératoire, nous avons testé la mémoire des souris au 3e et au 15e jour postopératoire. Les souris étaient réparties en 3 groupes : contrôle, anesthésie, et fracture sous anesthésie. Au 15e jour, les cytokines inflammatoires circulantes IL6 et IL1béta étaient dosées afin d’évaluer le statut inflammatoire postopératoire.

Résultats

Seules les souris fractures ont développé des DCPO en postopératoire. En effet, en MWM et en FC, les souris fractures avaient des perturbations des tests cognitifs alors que les souris anesthésiées avaient un comportement similaire au groupe contrôle. Notamment en FC, les souris fractures avaient des taux de freezing (réaction de peur attendue) réduit par rapport aux souris contrôles et anesthésies (39,58 % vs 67,38 % et 60,44 % respectivement, p=0,005). Chez ces animaux, ces troubles sont associés à une augmentation des cytokines pro inflammatoires plasmatiques 15jours après l’intervention. Les souris ayant subit uniquement l’anesthésie présentent un phénotype cognitif et inflammatoire comparable à celui des souris contrôles (Fig. 1).

Discussion

Ces résultats mettent en évidence un rôle important de la fracture dans la survenue des DCPO par rapport à l’anesthésie seule, les DCPO semblant être liés au couple chirurgie-anesthésie. De par le type de tests utilisés, les DCPO sont ici consécutifs à une altération du fonctionnement de deux structures majeures de la mémoire : l’amygdale et l’hippocampe. De plus, la survenue de DCPO semble être étroitement liée à un état inflammatoire de la souris, consécutif à la fracture. Dans l’avenir, ce modèle nous permettra de mieux comprendre la physiopathologie des DCPO, et de cerner les interactions entre les phénomènes inflammatoires plasmatiques et les perturbations des fonctions hippocampiques et amygdaliennes. Il permettra également de tester différents candidats médicaments pour limiter la survenue de ce trouble.

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