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Vécu et ressenti des équipes préhospitalières face au prélèvement d’organes sur sujets décédés après arrêt cardiaque (DDAC) - 30/08/14

Doi : 10.1016/j.annfar.2014.07.385 
M. Salvetti 1, , J.-P. Desclefs 1, A. Le Jan 1, S. Ayllon-Milla 1, L. Foudi 2, T. Hung Trung 3, S. Benenati 1, E. Cesaero 2, N. Briole 1, D. Sapir 1
1 SAMU 91 - SMUR Corbeil, Centre Hospitalier Sud-Francilien, Corbeil-Essonnes 
2 SAMU 77, Centre Hospitalier Marc-Jacquet, Melun 
3 SMUR Longjumeau, CH Longjumeau, Longjumeau, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Le prélèvement d’organes sur DDAC soulève en France depuis sa mise en place en 2006 des difficultés de positionnement face à la filière CEC thérapeutique (CECth) et des interrogations éthiques, notamment pour les personnels SMUR. Aucune étude n’a évalué spécifiquement le ressenti et le vécu de ces équipes en 1re ligne.

Matériel et méthodes

Questionnaire anonyme diffusé en juin 2013, après accord de l’espace éthique de l’AP–HP, aux médecins, infirmiers et ambulanciers de 11 SMUR de 2 départements franciliens.

Résultats

Des personnes, 134 (37 % de médecins) ont répondu soit un taux de réponse de 39 %. Aussi, 65 % ont participé au transport d’un patient en ACR réfractaire et 58 % à un transport DDAC. Dans ce cas, 66 % déclarent avoir participé à une annonce préhospitalière de décès et de projet de prélèvement sur DDAC ; cette annonce est vécue comme plus difficile (82 %) que l’annonce d’un décès simple. Le sentiment de bien veiller au respect du corps est quasi unanime (92 % des soignants), plus mitigé quant au respect du deuil des proches (absence de respect pour 47 %). L’annonce aux proches est à privilégier dès la phase préhospitalière pour 70 % des soignants interrogés, principalement par souci d’honnêteté (89 %) ; l’absence de formation et le timing trop serré sont évoqués pour y renoncer. Parmi les médecins, 76 % déclarent ne pas avoir de problème de choix d’orientation entre DDAC et CECth en préhospitalier, mais 65 % d’entre eux privilégieraient en pratique le transport du patient vers un centre habilité aux 2 procédures. Quant au ressenti et rôle d’équipe SMUR dans cette procédure, 88 % des soignants la qualifient d’utile, nécessaire ou compatible. Parmi eux, 56 % décrivent cette activité comme éprouvante, difficile ou stressante. Ce ressenti a évolué favorablement pour 31 % des soignants (pas d’évolution pour 64 %). Trois SMUR sur 11 disposent d’une procédure interne DDAC. Des personnes, 85 % interrogées sont demandeuses de formations et réunions sur le sujet, notamment les personnels paramédicaux.

Discussion

Le volontarisme et l’implication des soignants préhospitaliers dans cette activité sont manifestes malgré un malaise et un vécu difficile et éprouvant. Les paradoxes relevés dans notre étude sont le témoin d’une lutte entre volonté de s’engager dans cette activité et doutes inconscients, qui incitent parfois les soignants à ne pas assumer jusqu’au bout leur démarche. Ces difficultés éthiques pourraient être à l’origine de la stagnation de l’activité DDAC de ces dernières années.

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Vol 33 - N° S2

P. A228-A229 - septembre 2014 Retour au numéro
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  • Critères épidémiologiques prédictifs ou non de l’acceptation du don d’organe par les proches des patients en état de mort encéphalique
  • E. Dolla, H. Bout Dal Soglio, M. Eurin, S. Pease, S. Kandelman, C. Bonneville, L’équipe de coordination de l’hôpital Beaujon, C. Paugam-Burtz
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  • Retentissement psychologique et connaissance des notions relatives à la fin de vie en médecine d’urgence pré-hospitalière chez les médecins du SMUR – résultats de l’enquête nationale de 2013
  • R. Jouffroy, B. Vivien, A. Guyard, P. Philippe, L. Lamhaut, P. Carli

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