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« Mieux vivre la réanimation » : applications des recommandations de la conférence de consensus de 2009 dans les services de réanimations du Sud de la France - 30/08/14

Doi : 10.1016/j.annfar.2014.07.387 
M. Monnin 1, , F. Ferré 1, B. Riu 1, E. Brunel 1, V. Minville 2, T. Geeraerts 3, O. Fourcade 3
1 Réanimation, CHU Purpan 
2 Anesthésie, CHU Rangueil 
3 Réanimation Neurochirurgicale, CHU Purpan, Toulouse, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Si les services de réanimation sont des lieux de vie, ils représentent aussi un lieu d’agression pour les patients qui doivent y subir l’application des techniques de suppléance lourdes, souvent invasives. Dans ce contexte, un séjour en réanimation peut être vécu comme un événement traumatisant pour les patients ainsi que pour leur famille. L’ensemble du personnel soignant est lui aussi « agressé » par la répétition des situations stressantes. Pour permettre aux différents acteurs d’un service de réanimation de « mieux vivre », nos sociétés savantes ont édité en 2009 une conférence de consensus intitulée « Mieux vivre la réanimation ». Dans la mesure où le bien-être en réanimation est un intérêt commun, l’objectif de notre étude est d’évaluer l’application des recommandations au sein de 45 services de réanimation du Sud de la France.

Matériel et méthodes

Étude prospective observationnelle, au moyen d’un questionnaire anonyme adressé au médecin et au cadre de santé responsable de chacune des unités de réanimations (UR) interrogées. Cette étude n’a pas été soumise à l’approbation d’un comité d’éthique.

Résultats

Parmi les 45 UR interrogées, 34 (76 %) ont répondu au questionnaire. Concernant les « barrières au mieux vivre » pour le patient, 76 % (26/34) n’ont jamais mesuré l’intensité sonore au sein de leur UR, et seulement 38 % (13/34) ont mis en place une stratégie de réduction du bruit depuis 2009. Peu de services (12 % 4/34) appliquent la visite des proches sans restriction d’horaires. Les items relatifs aux soins rapportent que la majorité des UR n’utilisent pas de scores d’évaluation du délirium (53 % 18/34) et peu de réanimations ont un programme de réhabilitation précoce adapté (35 % 12/34). Concernant la communication au sein des UR, le journal de bord n’est mis en place que dans 2 unités (6 %), et 12 % (4/34) ont mis en place un dépistage du burn-out pour les soignants. Le dépistage d’un syndrome de stress post-traumatique chez les patients (15 % 5/34) ou leurs proches (9 % 3/34) est quasiment absent des services de réanimation.

Discussion

Cette étude permet de mettre l’accent sur les mesures peu ou pas appliquées de la conférence de consensus. En effet, si le bien-être du patient hospitalisé en réanimation passe par la prise en charge de la douleur, il passe aussi par le dépistage du délirium et du syndrome de stress post-traumatique. De même, le bien-être des familles nécessite une plus grande participation aux soins, aux processus décisionnels ainsi qu’un plus grand accès à leurs proches durant l’hospitalisation avec une ouverture plus large des horaires de visite. Enfin, si la communication entre le personnel soignant semble s’être améliorée depuis 2009, le faible dépistage du syndrome d’épuisement professionnel nuit à leur bien-être. Autant de pistes à explorer pour qu’enfin les patients, les familles et le personnel soignant puissent « mieux vivre la réanimation ».

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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