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Incidence et facteurs de risque des hypotensions artérielles postopératoires sous analgésie péridurale après chirurgie digestive - 30/08/14

Doi : 10.1016/j.annfar.2014.07.405 
T. Chardon , A. Bonnet, N. Steer, S. Duperret, F. Aubrun
 Service d’Anesthésie-Réanimation, Hôpital de la Croix-Rousse, Hospices Civils de Lyon, Lyon, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’anesthésie péridurale (APD) permet un bon contrôle de la douleur et une diminution des complications postopératoires après chirurgie digestive et thoracique [1]. L’hypotension artérielle (HoTA), liée au bloc sympathique, est un effet indésirable potentiellement délétère en termes de perfusion d’organes. Son traitement par remplissage vasculaire et vasoconstricteurs peut comporter des complications propres. L’objectif de cette étude a été de colliger la survenue d’HoTA chez les patients ayant une APD et d’en identifier les facteurs de risque.

Matériel et méthodes

Étude prospective observationnelle, après accord du comité d’éthique, des patients porteurs d’APD après chirurgie abdominale ou thoracique, hospitalisés en unité de surveillance continue (USC). Les caractéristiques pré- et peropératoires, les données hémodynamiques postopératoires, les réglages, les modifications de l’APD et les actions correctrices mises en œuvre étaient recueillis pendant 48heures. Pour l’analyse statistique, 2 groupes étaient constitués : absence ou survenue d’épisode d’HoTA (20 % de réduction de la PAM de base préopératoire au repos). Le logiciel MedCalc a été utilisé pour les tests t de Student, Mann Whitney et de normalité de Kolmogorov-Smirnov.

Résultats

Cinquante-huit patients ont été inclus dans l’étude. Quarante-trois (74 %) ont présenté au moins un épisode d’HoTA, conduisant à un remplissage vasculaire plus important (1151 vs 367mL, p=0,006). Il n’existait pas de différence concernant l’utilisation de vasoconstricteurs et les caractéristiques de l’APD. La douleur était significativement moins importante dans le groupe HoTA (p=0,02), mais les scores étaient inférieurs à 3/10 dans les 2 groupes. L’incidence des complications postopératoires n’était pas différente entre les 2 groupes. Le protocole d’APD a dû être adapté chez 62 % des patients tous groupes confondus. En analyse multivariée, le traitement préopératoire par bêtabloquant (BB) était retrouvé comme protecteur de la survenue d’HoTA durant les premières 24h (OR 0,077 [IC95 % 0,018–0,337]).

Discussion

La survenue d’HoTA dans cette étude était fréquente. Dans la littérature, son incidence varie entre 3 et 30 % et l’APD en est un facteur de risque avec un OR à 13,5 (4,0–57,7) [2]. Ceci soulève la question d’une surveillance en USC des patients sous APD, le diagnostic et le traitement des HoTA y étant plus rapide, tout comme la réactivité à l’adaptation du protocole d’APD. Les scores de douleur plus bas dans le groupe HoTA, sans effet négatif sur le contrôle de la douleur, évoquent un éventuel surdosage en anesthésique local (AL) dans ce groupe. Il pourrait s’agir de patients pour lesquels l’utilisation d’emblée d’un AL à plus faible concentration pourrait être proposée. Le faible effectif de cette étude n’a pas permis de mettre en évidence de facteur de risque d’HoTA sous APD permettant de cibler une population. Le traitement préopératoire par BB a été retrouvé comme protecteur de survenue des HoTA, ceci avait déjà été retrouvé en postopératoire de thoracotomie sous anesthésie générale et APD des patients sous métoprolol [3]. En conclusion, les HoTA postopératoires sous APD sont fréquentes et pourraient nécessiter une surveillance en USC.

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Vol 33 - N° S2

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