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La toxicité systémique des anesthésiques locaux peut-elle être prévenue par l’Intralipide® ? - 30/08/14

Doi : 10.1016/j.annfar.2014.07.021 
P. Dureau 1, , J.-X. Mazoit 2, V. Navarro 3, D. Benhamou 2, B. Charbit 1
1 CIC Paris Est, hôpital Pitié-Salpetrière, UPMC, Paris 6, Paris, France 
2 Laboratoire d’anesthésiologie, Inserm U788, université Paris-Sud, Le Kremlin-Bicêtre, France 
3 ICM, Pitié-Salpétrière, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’Intralipide® est recommandé, dans le traitement des intoxications graves par les anesthésiques locaux (AL), sur la base d’études animales et de cas cliniques [1]. Bien que très peu de données existent chez l’homme et qu’aucune étude contrôlée n’ait pu en démontrer l’efficacité, ainsi que le mécanisme d’action exact. Notre étude avait pour objectif de déterminer l’efficacité d’un bolus d’Intralipide dans un modèle reproduisant au mieux [2] la toxicité systémique des AL chez des volontaires.

Matériel et méthodes

L’étude TOXALIP (CCP IdF6, NCT01602250) était un essai prospectif randomisé et réalisé en double insu comportant 5 séances. La 1re, séance d’habituation aux effets des AL, consistait en une perfusion de lidocaine. Les 4 autres périodes, en crossover, consistaient en la perfusion continue de ropivacaine (ROP) ou de lévobupivacaine (LEVO) (8mg/min, maximum 120mg). Deux minutes après le début de la perfusion d’AL était administré un bolus de 120mL d’Intralipide® 20 % (IL) ou de sérum physiologique (PHY) en une minute. Pour les 5 séances, la perfusion d’AL était arrêtée dès l’apparition d’un signe d’imprégnation neurologique (paresthésie, sensation ébrieuse, etc.) par un investigateur en insu du type d’AL et du groupe IL ou PHY. Des enregistrements digitaux des signaux ECG et EEG étaient réalisés. Le critère principal était la dose d’AL (enmg) administrée à chaque séance. Ce critère était comparé pour chaque volontaire entre les séances ROP+IL ou PHY et LEVO+IL ou PHY. Les statistiques étaient effectuées par les procédures ezAnova et lme de R. Le calcul d’effectif (n=16) était basé sur une différence inter-groupes de 45 % (risque alpha 5 %, beta 10 %).

Résultats

Seize volontaires (8 hommes, 8 femmes) ont terminé l’étude et aucun effet indésirable grave n’a été observé. La dose maximum de 120mg a été administrée à 4 volontaires lors de 5 séances. Aucune différence significative de doses n’a été détectée entre les séances ROP avec IL (75,7±29,1) ou PHY (81,7±22,3) et entre les séances LEVO avec IL (69,4±26,2) ou PHY (80,8±31,7) (p=0,61). Les EEG de surveillance n’ont montré aucune anomalie. Nous avons observé un allongement de 3,8ms [IC 95 %=2,6–4,1] du QRS à l’arrêt de la perfusion de l’AL (p<0,001 vs basal) sans effet de l’Intralipide (p=0,68) ni de l’AL utilisé (p=0,96). Aucune différence des durées de PR et QTc n’a été mise en évidence pour l’espace PR et le QTc. La majorité des symptômes ayant entraîné un arrêt de la perfusion sont survenus pour des concentrations plasmatiques entre 0,5 et 1,5mg/L.

Discussion

L’efficacité clinique de l’Intralipide n’a pu être observée dans cette étude reproduisant un modèle de toxicité systémique de la ROP et LEVO chez des volontaires. Un élargissement modéré des QRS [3] pour des concentrations plasmatique d’AL retrouvées en pratique clinique a été mis en évidence. L’effet de l’Intralipide comme antidote aux intoxications par AL, s’il existe, est de taille trop faible pour être significatif cliniquement dans ce modèle, aux concentrations habituelles. Ceci ne traduit pas une inefficacité de l’IL aux concentrations toxiques, mais relativise son intérêt.

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Vol 33 - N° S2

P. A7-A8 - septembre 2014 Retour au numéro
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