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Devenir des formes cutanées de lupus : étude rétrospective - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.045 
A. Meyer a, , B. Pereira b, M. D’Incan a
a Dermatologie, CHU de université Clermont I, Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand, France 
b DRCI, CHU de Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les dermatologues suivent des patients présentant des lupus limités à la peau. Contrairement au lupus systémique, le pronostic du lupus cutané est mal connu. Notre but était d’en évaluer les facteurs pronostiques. Une surveillance biologique s’impose-t-elle ?

Patients et méthodes

Cent trente-quatre patients avec signes cutanés de lupus et biopsie confirmant le diagnostic, consultant entre 1990 et 2010, suivis au moins 6 mois, ont été inclus, LES d’emblée et LE induits exclus. Ont été recueillies des données épidémiologiques, cliniques, biologiques et thérapeutiques. La réponse au traitement était évaluée par photographies ou sur description d’un dermatologue. L’absence de lésion cutanée inflammatoire et/ou squameuse caractérisait la rémission complète (RC). La date de première RC et le délai jusqu’à rechute ont été relevés. Les dossiers ont été révisés en été 2013.

Résultats

La durée moyenne de suivi était de 144 mois (6–440). Les femmes étaient majoritaires (4/1), les lupus chroniques (47 %) et subaigus (29,8 %) plus fréquents. Cent dix patients n’avaient que des lésions cutanées, 22 un et deux 2 autres critères de l’ARA. Les APS étaient utilisés en première intention (85 %), surtout dans les formes subaiguës et chroniques, le thalidomide en deuxième ligne. 63 % des patients ont obtenu une rémission (délai moyen 50 mois [± 67]). Parmi eux, 61 % ont rechuté, en moyenne après 46 mois (± 59). Le type de lupus n’influençait pas le taux de rechute (p=0,82). Après un suivi moyen de 144 mois, 48 % des patients étaient en RC, moins de la moitié alors non traités. Quatre patientes avaient évolué vers un LES dans un délai moyen de 40 mois (3–72), avec signes cardiaques, rhumatologiques, ou hématologiques. Trois avaient un lupus aigu avec vespertiglio, et des AAN significatifs (≥ 1/160). En analyse multivariée, le sexe et la localisation étaient prédictifs de première RC, le tabac un facteur de risque et le lupus subaigu protecteur pour la RC à long terme. Seul un nombre de lignes de traitement plus important était prédictif de rechute.

Discussion

Il s’agit de la première étude s’intéressant au pronostic évolutif des formes strictement cutanées du lupus. Une rémission clinique survient dans 63 % des cas, dans un délai d’environ 4 ans, mais 60 % des patients rechutent après une réponse de 5 ans. Notre population est représentative (sexe et âge), mais aucune comparaison avec des données de la littérature n’est possible pour la RC. C’est une population hospitalière, de lupus probablement plus résistants ou sévères que ceux suivis « en ville », ce qui peut minorer notre réponse. Le rôle péjoratif du tabac est confirmé, avec moins de rémissions à long terme. L’évolution vers un LES avec atteinte viscérale est faible à long terme en dermatologie, et concerne des patients ayant un profil atypique.

Conclusion

Le pronostic du lupus cutané est bon. L’évolution vers un LES est rare, et prévisible. Une surveillance biologique s’imposerait pour les patients avec vespertiglio et AAN positifs.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Facteurs prédictifs, Lupus cutané, Lupus systémique, Rechute, Rémission


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Vol 141 - N° 12S

P. S238 - décembre 2014 Retour au numéro
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