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Carcinome épidermoïde et hyperkératoses de la muqueuse buccale induits par les inhibiteurs BRAF - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.057 
E. Vigarios a, , J.-C. Fricain b, J.-P. Delord c, C. Munsch c, V. Sibaud d
a Consultation de pathologies de la muqueuse buccale, institut universitaire du cancer de Toulouse-Oncopole, Toulouse, France 
b Consultation de médecine buccale, CHU Pellegrin, Bordeaux, France 
c Oncologie médicale, institut universitaire du cancer de Toulouse-Oncopole, Toulouse, France 
d Onco-dermatologie, consultation de pathologies de la muqueuse buccale, institut universitaire du cancer de Toulouse-Oncopole, Toulouse, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Introduction

Les effets indésirables dermatologiques représentent la principale toxicité des inhibiteurs BRAF. Dans ce cadre, les lésions cutanées hyperkératosiques induites sont les plus caractéristiques, constituant un spectre continu allant de lésions bénignes très fréquentes à de véritables carcinomes épidermoïdes. Paradoxalement, il n’a été qu’exceptionnellement décrit des lésions similaires sur la muqueuse orale. Nous rapportons ici huit patients traités par inhibiteurs BRAF développant des lésions hyperkératosiques endobuccales dont un carcinome épidermoïde.

Observations

Tous les patients étaient traités par différents inhibiteurs BRAF pour mélanome métastatique avec mutation V600. L’examen endobuccal systématique mettait en évidence des lésions hyperleucokératosiques homogènes et non symptomatiques. Les lésions, uni- ou multifocales, étaient localisées sur les bords latéraux de la langue, le palais dur, la gencive, la lèvre inférieure et surtout sur la muqueuse jugale prédominant au niveau de la linea alba. Le délai d’apparition ne pouvait être précisé sur l’anamnèse. Une caractérisation histologique a été effectuée chez quatre patients et a mis en évidence un carcinome épidermoïde micro-infiltrant bien différencié avec marquage immuno-histochimique P16 positif et absence de mutation BRAF (lésion de la demi-muqueuse labiale inférieure). Enfin, les huit patients présentaient de façon synchrone des lésions hyperkératosiques cutanées bénignes de types papillomes verruqueux, microkystes ou kératose pilaire induite.

Discussion

Les lésions hyperkératosiques cutanées observées avec les inhibiteurs BRAF sont à la fois très fréquentes et très caractéristiques, regroupant entre autres les papillomes verruqueux, les kératoses pilaires, les microkystes, les dyskératoses acantholytiques et, dans un tiers des cas, des tumeurs malignes de type kératoacanthome ou carcinomes épidermoïdes. Ces lésions sont probablement liées à la prolifération paradoxale des kératinocytes BRAF V600 wild type induite par le traitement. Même si les données rapportées jusqu’ici sont tout à fait exceptionnelles, le développement de lésions hyperkératosiques bénignes, et même malignes, sur la muqueuse buccale apparaît également possible. Le caractère asymptomatique de ces lésions, couplé à l’absence d’un examen endobuccal systématique, peut sans doute partiellement expliquer cette dichotomie.

Conclusion

Un examen endobuccal mensuel est préconisé chez les patients traités par inhibiteurs BRAF. Le risque d’apparition d’un carcinome épidermoïde dans ce contexte n’est pas nul et une caractérisation histologique doit être systématiquement réalisée en cas de lésion hyperkératosique cliniquement suspecte, notamment si la lésion est inhomogène.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Carcinome épidermoïde, Hyperkératose, Inhibiteur BRAF, Muqueuse orale


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Vol 141 - N° 12S

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