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Isotrétinoïne et dépression : étude prospective contrôlée en pratique dermatologique de ville par mesure itérative du score Adolescent Depression Rating Scale (ADRS) - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.066 
F. Guibal a, , M. Resche-Rigon b, C. Juillard a, F. Cordoliani a, I. Moraillon a, A.-M. Heudes c, F. Ramel d, M. Baccard a, M. Bagot a, D. Lehucher-Ceyrac a
a Dermatologie, hôpital Saint-Louis, Paris, France 
b Biostatistiques, hôpital Saint-Louis, Paris, France 
c Cabinet de dermatologie, Montreuil, France 
d Cabinet de dermatologie, Sèvres, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Le risque de dépression induit par l’isotrétinoïne est sujet à controverse. Nous rapportons les résultats de la première étude prospective contrôlée en pratique de ville utilisant le score Adolescent Depression Rating Scale (ADRS) chez 403 adolescents traités pour une acné par isotrétinoïne ou traitement antibiotique.

Patients et méthodes

L’objectif de l’étude était de comparer le risque de dépression entre les patients traités par isotrétinoïne et ceux traités par antibiotique. Le critère principal de jugement était le score ADRS mesuré à M0, M1/2 et M5/6 (ADRS ≤ 2 : pas de dépression ; ADRS ≥ 3 et < 6 : dépression infraclinique ; ADRS ≥ 6 : dépression avérée). Deux groupes de patients ont été étudiés, selon qu’ils avaient reçu de l’isotrétinoïne ou pas pendant les 3 mois considérés. Les variables qualitatives sont décrites en termes d’effectifs et de pourcentages. Les variables quantitatives sont décrites en termes de médiane et de 25e et 75e percentiles. Les différences ont été testées à l’aide du test de Fisher pour les variables qualitatives et du test de Wilcoxon pour les autres.

Résultats

Au total, 403 patients ont été inclus entre 2011 et 2013. Le degré de sévérité de l’acné était réparti de la manière suivante : léger : 37 (10 %) ; moyen : 214 (55 %) ; sévère : 135 (35 %). Au moment de l’inclusion, 29 patients avaient un score ADRS supérieur à 3 (7 %), dont 10 % dans le groupe antibiotiques et 7 % dans le groupe isotrétinoïne (p=0,57). Au cours des 3 mois étudiés, 109 patients ont reçu de l’isotrétinoïne, et 62 patients des antibiotiques per os. Sur cette période, la proportion de patients avec un ADRS ≥ 3 à au moins une des évaluations ne différait pas entre les 2 groupes (17 % dans le groupe antibiotiques vs 8 % dans le groupe isotrétinoïne ; p=0,08). Toujours sur cette période de 3 mois, la proportion de patients dont l’ADRS a augmenté au cours du suivi ne différait pas (12,5 % dans le groupe antibiotiques vs 10 % dans le groupe isotrétinoïne ; p=0,71).

Discussion

Notre étude ne montre pas de différence statistique sur le score ADRS entre les 2 groupes, que ce soit pour le pourcentage de patients présentant un score ≥ 3 au moins une fois au cours des 3 premiers mois de traitement ou pour le pourcentage de patients dont l’ADRS est devenu ≥ 3 en cours de traitement alors qu’il était normal auparavant. Elle trouve par ailleurs une proportion non négligeable (7 %) de patients présentant au moins une dépression infraclinique au moment de la mise sous traitement et surtout une fréquence de dépression à un moment ou un autre du traitement bien plus élevée (17 et 8 %) que ce qui est rapporté dans la littérature.

Conclusion

Même si la fréquence de dépression survenant sous traitement n’est pas significativement différente entre les 2 groupes, il est remarquable qu’elle soit supérieure à 10 % dans les 2 cas.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Acné, Dépression, Étude contrôlée, Étude prospective, Isotrétinoïne per os


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Vol 141 - N° 12S

P. S249 - décembre 2014 Retour au numéro
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