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Mélanomes vaginaux et vulvaires métastatiques : intérêt de l’ipilimumab ? - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.081 
G. Quereux a, , A. Brocard a, L. Peuvrel a, M. Saint-Jean a, S. Wylomanski b, R. Bouquin b, E. Vaucel b, B. Dréno a
a Dermatologie, CHU de Nantes, Nantes, France 
b Gynécologie, CHU de Nantes, Nantes, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les mélanomes de la muqueuse génitale féminine sont rares et ont un pronostic encore plus sombre que les cutanés. Les thérapies ciblées apportent un espoir, cependant ces mélanomes ne présentent généralement pas de mutation de B-RAF et la mutation de c-Kit n’est retrouvée que dans 10 à 15 %. L’anti-CTLA4, ipilimumab pourrait être une option thérapeutique, mais il n’y a pas d’élément dans la littérature quant à son efficacité dans cette indication.

Nous avons donc réalisé une étude rétrospective de toutes les patientes vues dans notre unité depuis 10 ans, pour un mélanome de la muqueuse génitale, en s’intéressant en particulier à leurs profils mutationnels et à leurs réponses aux nouvelles thérapies.

Patientes et méthodes

Inclusion de toutes les femmes ayant consulté dans notre unité, pour un mélanome primitif vaginal ou vulvaire de 2003 à 2013.

Résultats

Treize patientes (d’un âge moyen de 61 ans) ont été prises en charge pour un mélanome de la sphère génitale. Il s’agissait de 8 mélanomes vulvaires et 5 vaginaux, et le Breslow médian était de 4,5 mm. Onze patientes/13 ont récidivé, après un délai médian de 5,4 mois.

Avec un suivi médian de 1,5 ans, 6/13 patientes étaient décédées.

Une mutation de B-RAF, NRAS et C-KIT (exons 11 et 13) a été trouvée dans respectivement 1 cas/10, 0/7 et 0/9.

Aucune patiente n’a pu être traitée par inhibiteur de B-RAF ou C-KIT.

Quatre patientes ont été traitées par ipilimumab. Leur mélanome primitif était dans 3 cas vaginal et 1 cas vulvaire. Aucun de ces 4 mélanomes n’avait de mutation de B-RAF, C-KIT ou NRAS.

Dans 3 cas/4 l’ipilimumab a été initié pour des métastases cutanées et ganglionnaires locorégionales (stade IIIc inextirpable) et dans le dernier cas des métastases hépatiques. Dans 1 cas, il s’agissait d’une première ligne thérapeutique et dans les 3 autres une seconde ligne après dacarbazine. L’ipilimumab était prescrit à la dose de 3 mg/kg toutes les 3 semaines (4 cures).

Aucune réponse tumorale n’a été obtenue chez ces 4 patientes, tant lors de l’évaluation 1 mois après la fin de l’ipilimumab que lors des évaluations ultérieures.

Une seule patiente a présenté un effet secondaire lié à l’ipilimumab : une colite de grade 3.

Discussion

Ces résultats, même négatifs, sont importants à connaître car, compte tenu de la rareté du mélanome de la muqueuse génitale, il n’y avait pas de données jusqu’à ce jour dans la littérature sur l’efficacité de l’ipilimumab. Une seule étude rapporte l’utilisation de l’ipilimumab dans 71 mélanomes muqueux métastatiques (dont 22 % vaginaux) avec un taux global d’efficacité de 12 %, mais le taux de réponse des mélanomes vaginaux n’est pas précisé.

Conclusion

Nos résultats, certes limités, n’incitent donc pas à utiliser l’ipilimumab dans le mélanome des muqueuses génitales. Ils seront à confirmer sur des effectifs plus importants.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Immunothérapie, Ipilimumab, Mélanome, Vulve


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Vol 141 - N° 12S

P. S257 - décembre 2014 Retour au numéro
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  • Facteurs associés à la réponse à l’ipilimumab dans le mélanome métastatique
  • J. Zaragoza, A. Caille, N. Bénéton, G. Bens, F. Christiann, H. Maillard, M. Samimi, L. Machet
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  • Comparaison du siège du mélanome cutané chez l’homme et chez la femme : une étude française basée sur la population
  • V. Chevalier, C. Barbe, A. Le Clainche, G. Arnoult, P. Bernard, E. Hibon, F. Grange

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