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La mutation MYD88 L265P est fréquente et a une valeur pronostique péjorative dans les lymphomes cutanés B diffus à grandes cellules de type jambe - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.095 
A. Pham-Ledard a, b, , M. Beylot-Barry a, b, C. Barbe c, M. Leduc d, T. Petrella e, B. Vergier a, f, F. Martinez g, D. Cappellen a, g, J.-P. Merlio a, g, F. Grange h

Groupe français d’Étude des lymphomes cutanés

a EA2406, histologie et pathologie moléculaire des tumeurs, université de Bordeaux, Bordeaux, France 
b Dermatologie, CHU de Bordeaux, Pessac, France 
c Unité d’aide méthodologique, hôpital Robert-Debré, Paris, France 
d Recherche clinique, CHU de Reims, Reims, France 
e Pathologie, CHU de Dijon, Dijon, France 
f Pathologie, CHU de Bordeaux, Bordeaux, France 
g Tumorothèque et biologie des tumeurs, CHU de Bordeaux, Pessac, France 
h Dermatologie, CHU de Reims, Reims, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

La mutation activatrice du gène MYD88 L265P est un événement fréquent dans le lymphome cutané B diffus à grandes cellules de type jambe (LCBDGC-TJ), rapporté jusque dans 69 % des cas. Les particularités cliniques et évolutives associées à cette mutation n’ont pas été étudiées notamment sa valeur pronostique, ce qui fait l’objet de ce travail.

Patients et méthodes

Soixante et un patients de la cohorte SURVIELEG avec du matériel biologique exploitable pour l’analyse moléculaire ont été identifiés, provenant de 19 centres français du Groupe français d’Étude des lymphomes cutanés, diagnostiqués entre 1988 et 2010. La recherche de la mutation MYD88 L265P était effectuée sur l’ADN tumoral extrait à partir des biopsies cutanées par une technique de PCR en temps réel, avec détection allèle spécifique par sondes type TaqMan®. Les données cliniques au diagnostic, le traitement réalisé et l’évolution étaient recueillies. Les caractéristiques des patients au diagnostic et l’évolution étaient comparées selon le statut du gène MYD88. L’analyse statistique multivariée était ajustée sur l’âge.

Résultats

Les résultats moléculaires étaient interprétables pour 58 patients (95 %). Il s’agissait de 34 femmes et 24 hommes, d’âge médian 79 ans. Il existait une localisation à la jambe dans 44 (76 %) des cas. Vingt (34 %) était classés T1, 26 (45 %) T2 et 12 (21 %) T3. Cinquante-neuf pour cent avaient reçu un traitement comprenant du rituximab associé à une polychimiothérapie. La mutation MYD88 L265P était présente dans 34 cas (59 %), plus fréquemment chez des sujets âgés (p=0,006) et était associée à une atteinte du membre inférieur (p=0,008). Il n’y avait pas de différence significative en terme de traitement reçu entre les 2 groupes. La présence de la mutation MYD88 était associée à une survie spécifique plus courte en analyse univariée (p=0,03). L’analyse multivariée ajustée sur l’âge identifiait la mutation MYD88 (p=0,04) et l’existence de tumeurs multiples (p=0,03) comme facteurs pronostiques indépendants.

Discussion

Cette étude confirme la forte prévalence de la mutation MYD88 L265P au sein de ce lymphome, et montre son association avec des facteurs cliniques liés à cette maladie que sont la localisation à la jambe et un âge avancé. De plus, cette étude identifie pour la première fois cette mutation comme un facteur pronostique péjoratif.

Conclusion

L’impact clinique démontré ici de la mutation MYD88, activatrice de la voie NF-kB, pousse à explorer la biologie de ces lymphomes en vue de proposer des thérapies ciblées et personnalisées en cas de rechute ou de résistance après un traitement conventionnel.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Lymphome B cutané diffus à grandes cellules de type jambe, MYD88, Pronostic


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Vol 141 - N° 12S

P. S264 - décembre 2014 Retour au numéro
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