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Hypersensibilité allergique aux médicaments : épidémiologie et délais de sensibilisation (étude prospective de 101 patients) - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.115 
F. Augey , I. luez, F. Bérard
 Immunologie et allergologie clinique, centre hospitalier Lyon Sud, université Claude-Bernard Lyon-I, Pierre-Bénite, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’épidémiologie des hypersensibilités allergiques (HSA) médicamenteuses est encore mal connue. Nous analysons les caractéristiques démographiques, types et délais de sensibilisation de 101 patients testés positivement.

Patients et méthodes

De 2008 à 2010, dans un service de CHU, étaient recueillis prospectivement chez des adultes avec HSA médicamenteuse de moins de 5 ans (hors anesthésiques et photosensibilisation) : sexe, âge, antécédents, nombre de jours cumulés du traitement (d’après anamnèse, interrogatoire, réponses des médecins référents à un questionnaire standardisé, carnet de santé). L’HSA était retenue préalablement s’il y avait concordance clinique-tests cutanés (pricks positifs et/ou IDR 10-2 ou-3 à 20 min si réaction immédiate (I), tests épicutanés au moins deux croix et/ou IDR 10-2 ou-3 positifs à 48 ou 72 heures si réaction retardée (R)).

Observations

Cent un cas ont été analysés (6 % des patients testés) : 62 femmes, 39 hommes (17–84 ans ; moyenne 47).

Résultats

Des antécédents personnels d’atopie, d’urticaire chronique, dysimmunitaires (MICI, sarcoïdose, myasthénie, SEP, Biermer) étaient relevés dans respectivement 38 %, 8 % et 7 % des cas. Les HSA étaient I dans 70 % des cas (deux tiers de grade II ou III ; IDR décisive une fois sur deux), R dans 30 % (12 EMP, 7 érythrodermies, 1 EPF, 7 DRESS, 1 SJS, 2 PEAG, 1 toxidermie pustuleuse ; IDR décisive une seule fois). Trente-deux molécules différentes ont été impliquées, la voie orale étant majoritaire (75 %). Soixante-dix-sept pour cent réactions ont été imputées aux antibiotiques (bêtalactamines 56), une au paracétamol (EPF), aucune à l’aspirine. Les traitements séquentiels provoquaient des HAS plus souvent I (55/75) que R, les traitements continus des HSA majoritairement R (7/9). Dix-sept HSA sont survenues dès la 1re prise supposée (13 I, 4 R), impliquant quinolones (6), céfazoline (4), pristinamycine (3), lymécycline, ceftriaxone, gadolinium, iobitridol, acétazolamide. Des réactions croisées étaient mises en évidence chez 38 patients/77 explorés, le plus souvent entre bêtalactamines (jamais entre amoxicilline et ceftriaxone) et entre quinolones. Trente pour cent des médecins ont répondu au questionnaire. Le nombre de jours cumulés de traitement (estimable 78 fois) était inférieur à 10 jours dans 40 cas, à 75 jours dans tous les cas sauf un (insuline glargine : 328 jours).

Discussion

Cette étude confirme que l’HSA touche une population plutôt féminine. Atopie, urticaire chronique et maladies dysimmunitaires sont fréquemment associées. Les traitements séquentiels favorisent les HSI, les traitements continus les HSR. Aucun médicament n’a provoqué d’HSA après 75 jours de traitements cumulés sauf l’insuline, particularité peut-être liée au poids moléculaire important et l’administration sous-cutanée.

Conclusion

En cas de suspicion d’HSA médicamenteuse, il est licite de poursuivre les traitements importants pris de longue date car, hormis pour l’insuline, la probabilité d’une sensibilisation tardive est très faible.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Délais de sensibilisation, Épidémiologie, Hypersensibilité allergique, Médicaments


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Vol 141 - N° 12S

P. S274 - décembre 2014 Retour au numéro
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