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Néoplasies intra-épithéliales basales « potentiellement sévères » de la cavité buccale : profil clinico-biologique et évaluation du risque de transformation carcinomateuse - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.288 
C. Demongeot 1, , B. Cavelier-Balloy 2, M. Battistella 2, A. Si-Mohammed 3, A. Rigolet 4, M. Bagot 1, A. Janin 2, V. Meignin 2
1 Dermatologie, hôpital Saint-Louis, Paris, France 
2 Pathologie, hôpital Saint-Louis, Paris, France 
3 Virologie, hôpital Européen Georges-Pompidou, Paris, France 
4 Stomatologie, hôpital Saint-Louis, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les carcinomes épidermoïdes (CE) buccaux sont souvent précédés ou associés à des lésions précancéreuses dont les néoplasies intra-épithéliales orales (NIEO). Celles-ci sont classées en bas grade (NIEO 1) ou haut grade (NIEO2/3) selon l’extension en hauteur des atypies kératinocytaires intra-épithéliales (critères de l’OMS). Cette classification propose cependant d’« up-grader » certaines NIEO1 qui pourraient avoir un potentiel évolutif plus agressif.

Patients et méthodes

Dans une série de 34 patients ayant présenté, entre 1995 et 2011, des lésions de NIEO 1 avec une désorganisation architecturale et des atypies kératinocytaires marquées au niveau des couches basales, nous avons étudié de manière rétrospective les caractéristiques cliniques, évolutives (survenue d’un CE) et virologiques de ces NIEO 1, que nous appellerons NIEO basales potentiellement sévères (NIEOBPS).

Observations

Vingt-sept patients présentaient des lésions de NIEO 2/3 associées. Dans les 7 autres cas, les lésions de NIEOBPS étaient isolées. Alors que les NIEOBPS non isolées semblent survenir sur le même terrain que les CE décrits dans la littérature (56 % de patients avec une intoxication alcoolo-tabagique ; 66 % de patients de sexe masculin ; 44 % atteints de lichen), les NIEOBPS isolées seraient plutôt observées chez des patients atteints de lichen buccal (67 %), non alcoolo-tabagiques (67 %), majoritairement de sexe féminin (71 %). Au cours du suivi, 9 CE ont été diagnostiqués, dont 4 parmi les patients atteintes de NIEOBPS isolées (4/7, soit 57 %). La recherche d’HPV oncogène (PCR HPV16) était négative dans 100 % des NIEOBPS isolées. Le marquage p53 était positif dans 57 % des NIEOBPS isolées (contre 38 % des NIEOBPS associées à des NIEO 2/3).

Discussion

Alors que l’on considère que les NIEO 1 ne se transforment qu’exceptionnellement en CE, 26 % des NIEOBPS ont eu une telle évolution dans notre étude. Au sein des NIEO1, les NIEOBPS semblent donc avoir un potentiel de malignité élevé. Il existe des cas d’évolution vers un CE sans passer par le stade d’atypies sévères étagées. Cette évolution, constatée également par l’auteur japonais Izumo, nous fait rapprocher ces NIEOBPS des NIE génitales différenciées (vulvaires et péniennes). Ces dernières se développent sur lichen scléreux ou plan, sans infection HPV associée, et expriment majoritairement p53, avec un risque de transformation en CE.

Conclusion

Nous proposons d’individualiser un sous-type de néoplasie intra-épithéliale (NIEOBPS ou NIEO différenciée) au sein des NIEO 1, à considérer comme une lésion pré-néoplasique de haut grade. L’individualisation de cette entité à risque permettrait de mettre en place un suivi clinique adapté, afin de prévenir l’apparition d’un carcinome invasif.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Bouche, Carcinome épidermoïde, Lichen plan, Néoplasie intra-épithéliale, Papilloma virus humain


Plan


 Iconographie disponible sur CD et Internet.


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Vol 141 - N° 12S

P. S352 - décembre 2014 Retour au numéro
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