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Pseudoxanthome élastique (PXE) associé à un digénisme ABCC6/GCCX - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.321 
M. Etienne 1, , M. Hosen 2, G. Leftheriotis 3, J.-M. Ebran 4, E. De Maistre 5, O. Vanakker 2, L. Martin 1
1 Dermatologie, CHU d’Angers, Angers, France 
2 Laboratoire de génétique, CHU de Gand, Gand, Belgique 
3 Explorations fonctionnelles vasculaires, CHU d’Angers, Angers, France 
4 Ophtalmologie, CHU d’Angers, Angers, France 
5 Laboratoire d’hémostase, CHU de Dijon, Dijon, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Le PXE est une affection héréditaire systémique du tissu conjonctif, autosomique récessive, caractérisée par la fragmentation et la calcification des fibres élastiques. L’atteinte cutanée se manifeste par des papules jaunâtres atteignant le cou et les plis. Les autres atteintes classiques sont oculaires et cardiovasculaires (artériosclérose diffuse précoce). Le gène impliqué dans le PXE est ABCC6. Il a été décrit récemment une nouvelle entité génétique autosomique récessive, chez des patients présentant un phénotype PXE cutané sévère et des anomalies des facteurs de la coagulation dépendants de la vitamine K (PXE variant). Le gène en cause est GGCX qui code pour une enzyme impliquée dans la carboxylation des protéines Gla. Nous rapportons le cas d’une patiente présentant un phénotype PXE porteuse à l’état hétérozygote d’une mutation du gène ABCC6 et du gène GGCX suggérant un digénisme.

Observations

Une femme de 27ans présentait depuis l’âge de 6ans des lésions cutanées typiques de PXE au niveau de la nuque, du cou et des plis de flexion. Il n’était pas observé de perte d’élasticité. L’examen ophtalmologique retrouvait des stries angioïdes bilatérales. Les pouls périphériques étaient faibles, la patiente ne décrivait pas de claudication, l’index de pression systolique (IPS) était à 0,9. La biopsie cutanée réalisée au niveau du cou était caractéristique de PXE. L’étude du gène ABCC6 mettait en évidence une seule mutation à l’état hétérozygote (p.Leu495His). À l’âge de 20ans, la patiente avait présenté une hémorragie digestive avec déglobulisation à 6g/dL. Il n’avait pas été mis en évidence de lésions digestives lors des examens endoscopiques. Le séquençage de l’exome permettait la mise en évidence une mutation hétérozygote du gène GGCX (p.Arg441Cys). La recherche d’un déficit en facteurs de la coagulation était négative. Les autres membres de la famille de la patiente ne présentaient pas d’anomalies cliniques évocatrices de PXE.

Discussion

Le déterminisme digénique est défini lorsque l’existence de variants génotypiques de 2 loci explique le phénotype observé chez un individu. Ce phénotype ne pourrait s’expliquer par la présence seule de l’un ou de l’autre de ces 2 variants. Pour notre patiente la présence à l’état hétérozygote d’une mutation des gènes ABCC6 et GGCX, tous deux connus pour être responsable respectivement d’un phénotype PXE/PXE variant lorsqu’ils sont présents à l’état homozygote, suggère un tel digénisme. Un seul autre cas a été rapporté (Li et al., 2009), mais le phénotype PXE extracutané n’était pas décrit. La fréquence d’un digénisme est peut-être sous-estimée au cours du PXE puisque chez près de 10 % des sujets on ne retrouve qu’une seule mutation de ABCC6.

Conclusion

Le PXE et le PXE variant sont des maladies génétiques distinctes partageant des similitudes phénotypiques de PXE. Notre observation illustre un cas de digénisme chez une patiente de phénotype PXE et porteuse d’une seule anomalie de séquence des gènes ABCC6 et GGCX.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Digénisme, Gène ABCC6, Gène GGCX, Pseudoxanthome élastique


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Vol 141 - N° 12S

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