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Le syndrome de Fanconi : un nouvel effet indésirable rénal induit par le vémurafénib - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.393 
D. Denis-Maurice Mac Carthy 1, , N. Franck 1, F. Fichel 1, C. Levi 2, N. Dupin 1
1 Dermatologie, hôpital Cochin, Paris, France 
2 Néphrologie, hôpital Européen Georges-Pompidou, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Le vémurafénib est un inhibiteur de BRAF, validé dans le traitement du mélanome stade IIIC-IV présentant la mutation BRAFV600. Récemment ont été rapportés des cas de toxicité rénale. Nous rapportons le premier cas de syndrome de Fanconi induit par le vémurafénib.

Observations

Un patient de 74ans débutait une première ligne de traitement par vémurafenib pour un mélanome stade IV (métastases ganglionnaires et hépatiques) présentant la mutation V600K. Il était traité par hydrochlorothiazide, olmesartan, amlodipine et sotalol pour une hypertension artérielle et une arythmie cardiaque depuis plusieurs années. À j9, il présentait un rash fébrile associé à une hyper-éosinophilie, compatibles avec un syndrome d’hypersensibilité médicamenteuse. À j12, apparaissaient une hypokaliémie, avec kaliurèse excessive, persistant malgré une supplémentation orale et intraveineuse et l’arrêt du diurétique thiazidique. Le profil électrolytique montrait une hypophosphatémie, une hypouricémie et une hypocalcémie, associées à une hyperphosphaturie, une glycosurie, une hyperuricurie et une hypercalciurie. Le diagnostic de syndrome de Fanconi était établi. Il existait une discrète protéinurie sans insuffisance rénale, la biopsie rénale n’était donc pas réalisée. L’arrêt du vémurafénib, à j19, permettait une régression de la fièvre, de l’éruption cutanée, de l’hyperéosinophilie et une normalisation du profil électrolytique en sept jours. Du fait d’une très bonne réponse tumorale, celui-ci était réintroduit à mi-dose à j29. Vingt et un jours plus tard, le syndrome de Fanconi récidivait, sans fièvre, ni éruption cutanée, ni hyperéosinophilie. Le vémurafénib était alors définitivement arrêté, permettant une normalisation de la kaliémie en cinq jours. Le dabrafénib, autre inhibiteur de BRAF, était introduit, sans récidive de syndrome de Fanconi jusqu’à ce jour (neuf semaines de traitement à ce jour).

Discussion

Ce cas est, à notre connaissance, le premier cas de syndrome de Fanconi apparu sous vémurafénib : les arguments chronologiques (apparition et récidive du syndrome de Fanconi après introduction du vémurafénib, régression à l’arrêt du traitement) et l’absence d’autre cause de tubulopathie proximale sont très en faveur d’une imputabilité du vémurafénib dans la survenue du syndrome de fanconi, comme cela a été rapporté avec le tenofovir ou le cisplatine. Récemment ont été rapportés des cas d’altération de la fonction glomérulaire ou d’insuffisance rénale aiguë sous vémurafénib, dont la physiopathologie reste inconnue.

Conclusion

Nous recommandons la surveillance du profil électrolytique sanguin et urinaire des patients sous vémurafénib, la survenue d’un syndrome de Fanconi devant faire discuter l’arrêt du vémurafénib et le relai par un autre inhibiteur de BRAF.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Effet indésirable, Mélanome, Syndrome de Fanconi, Vémurafénib


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Vol 141 - N° 12S

P. S402 - décembre 2014 Retour au numéro
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