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Allergie de contact à la méthylisothiazolinone : ce qu’il faut savoir en 2014 - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.412 
S. Hosteing 1, , J.-L. Bourrain 2, J. Waton 3, N. Meyer 1, C. Paul 1, F. Labadie 1
1 Dermatologie, hôpital Larrey, université Paul-Sabatier, CHU de Toulouse, Toulouse, France 
2 Dermatologie, hôpital Saint-Éloi, Montpellier, France 
3 Dermatologie, CHU de Nancy, Nancy, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

La méthylisothiazolinone (MI), conservateur de nombreux produits, entraîne des allergies de contact dont le taux augmente de manière alarmante en Europe, notamment à cause de l’augmentation de l’exposition à la MI par les cosmétiques.

Matériel et méthodes

Revue de la littérature et des recommandations, afin de mettre à jour les données sur le sujet.

Observations

Depuis plusieurs années, il existe une augmentation importante de la sensibilisation à la MI en Europe. Dans les îles britanniques, l’incidence est de 9,4 % sur 3ans ; la prévalence actuelle en Finlande est de 13 %.

L’émission de la MI dans les peintures est rapide mais perdure. Des réactions sévères aéroportées sont publiées.

Discussion

L’European Society of Contact Dermatitis and the European Environmental and Contact Dermatitis Research Group (EECDRG) recommande depuis novembre 2013 d’inclure dans la batterie standard européenne (BSE) le test à la MI à 2000ppm et depuis avril 2014 de tester le mélange méthylchloroisothiazolinone/MI (MCI/MI) à 200ppm pour diminuer les faux-négatifs.

La MI a été autorisée en 2005 dans les cosmétiques à des concentrations allant jusqu’à 100ppm, soit 25 fois sa concentration autorisée dans le mélange MCI/MI. Ces recommandations se sont basées sur des tests à concentrations sous-optimales et une étude classant la MI « sensibilisant fort » n’a pas été prise en compte.

En décembre 2013, le Scientific Committee for Consumer Safety (SCCS) a publié à la Commission Européenne un avis (révisé en mars 2014) sur l’utilisation de la MI dans les cosmétiques. Il vise à arrêter l’utilisation de la MI dans les cosmétiques sans rinçage, restreindre sa concentration à 15ppm dans ceux à rincer, limiter l’utilisation de la MCI/MI, ne pas utiliser la MCI/MI avec la MI dans un même produit pour ne pas modifier le rapport de concentration, évaluer l’exposition à la MI aussi par les sources autres que cosmétiques où elle est largement employée, revoir les données plus souvent pour surveiller les fréquences de sensibilisation à la MI afin d’intervenir à temps.

Cosmetics Europe a par la suite recommandé aux fabricants la suppression de la MI dans les cosmétiques sans rinçage, incluant les lingettes, sans attendre la modification réglementaire. Espérons que ces derniers la restreindront rapidement de leurs marchés, afin d’éviter l’extension de l’épidémie hors d’Europe.

Concernant les produits industriels, les concentrations utilisées ne sont pas régulées.

Conclusion

La sensibilisation à la MI est une épidémie. Désormais le test à la MI à 2000ppm fait partie de la BSE et la MCI/MI est testée à 200ppm. Le SCCS demande la suppression de la MI dans les cosmétiques sans rinçage, une restriction de concentration à 15ppm dans ceux à rincer et la surveillance rapprochée de son taux de sensibilisation. Il n’existe toujours pas de concentration limite dans les produits industriels. De nouvelles réglementations européennes sont nécessaires en urgence.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Allergie de contact, Batterie standard européenne, Concentration, Conservateur, Cosmétiques, Épidémie, Lingettes, Méthylchloroisothiazolinone, Méthylisothiazolinone, Patch-tests, Sensibilisation


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Vol 141 - N° 12S

P. S411 - décembre 2014 Retour au numéro
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