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Effets de la capsaïcine topique dans le traitement des vestibulodynies provoquées - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.428 
E. Deveza 1, , P. Humbert 1, 2, B. Parratte 3, F. Aubin 1, 4, F. Pelletier 1, 2
1 Dermatologie, CHU de Besançon, Besançon, France 
2 UMR 1098, Inserm, université Franche-Comté, Besançon, France 
3 Médecine physique et réadaptation, CHU de Besançon, Besançon, France 
4 EA 3181, université Franche-Comté, Besançon, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les vestibulodynies provoquées représentent la forme clinique la plus fréquente des vulvodynies. Il s’agit d’une allodynie du vestibule vulvaire responsable d’une dyspareunie d’intromission et d’inconfort au moindre contact. Une augmentation de l’innervation intra-épithéliale du vestibule (récepteurs membranaires vanilloïdes sous type 1) a été mise en évidence chez les patientes atteintes de vestibulodynies provoquées (VP). La capsaïcine agit spécifiquement sur ces récepteurs et pourrait avoir un rôle antalgique sur ces douleurs.

Observations

Cinq patientes présentant une VP ont été traitées par préparation magistrale (PMR) à 0,025 % de capsaïcine, une fois par jour sur le vestibule vulvaire, pendant 3mois. L’évaluation de la douleur provoquée (échelle visuelle analogique : EVA) a été effectuée avant et après traitement.

Résultats

La moyenne d’âge au moment du diagnostic était de 22ans. Les 5 patientes avaient des antécédents de candidoses vulvo-vaginales. Quatre sur 5 avaient des cystalgies à urines claires et 2 une colopathie fonctionnelle. Toutes les patientes avaient été traitées par antalgiques (antidépresseurs, anti-épileptiques) et kinésithérapie périnéale. Trois patientes avaient reçu des injections de toxine botulinique A dans les muscles vaginaux. La moyenne des EVA provoquées, avant traitement par capsaïcine, était de 4,6 (3 à 8) avec un score DLQI moyen de 7,4. Après traitement, l’EVA moyenne était de 1,2 (0 à 3) avec un DLQI moyen à 2,5. Une patiente a arrêté le traitement dès la première application, en raison de brûlures. Pour les 4 autres, le seul effet secondaire était une sensation de brûlure sans érythème vulvaire, durant environ 20minutes et s’atténuant en quelques jours. Pour 2 patientes, l’application de la PMR avait permis la diminution du traitement médicamenteux.

Discussion

Nous confirmons que les VP touchent les femmes jeunes. Le rôle d’une infection vulvaire précédent la vulvodynie a été rapporté et se confirme dans notre série. La physiopathologie impliquerait une part neurologique mixte : douleur neuropathique et dysfonctionnelle avec sensibilisation centrale. Ceci expliquerait l’association à des cystalgies et à un syndrome du côlon irritable.

Aucun traitement de référence efficace n’existe. Après plusieurs traitements, toutes nos patientes avaient une EVA supérieure ou égale à 3, avec retentissement sur la qualité de vie.

La capsaïcine est une neurotoxine qui se lie aux récepteurs membranaires vanilloïdes de type 1 des fibres C. Lors d’applications répétées, elle induit un blocage durable de la conduction nerveuse. Nos résultats sont encourageants. Le facteur limitant est la tolérance. Quatre séries ont étudié la capsaïcine topique dans le traitement des VP, aucun effet secondaire grave n’a été rapporté à ce jour.

Conclusion

La capsaïcine topique pourrait constituer une nouvelle option thérapeutique dans la prise en charge des VP.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Capsaïcine, Vestibulodynie provoquée, Vulvodynie


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Vol 141 - N° 12S

P. S418 - décembre 2014 Retour au numéro
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