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Pneumopathie à éosinophiles chez un patient atteint de psoriasis en plaques - 24/11/14

Doi : 10.1016/j.annder.2014.09.438 
M. Amy De La Breteque 1, , C. Appere de Vecchi 2, C. Zeboulon 1, M.-L. Sigal 1, E. Mahé 1
1 Dermatologie, centre hospitalier Victor-Dupouy, Argenteuil, France 
2 Pneumologie, centre hospitalier Victor-Dupouy, Argenteuil, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

L’ustekinumab (Stelara®) a montré son efficacité dans le psoriasis en plaques modéré à sévère. Les effets indésirables les plus fréquents sont les rhinopharyngites, les maux de tête, les infections respiratoires hautes. Nous rapportons un cas de pneumopathie à éosinophiles (PEo) sous ustekinumab.

Observations

Un patient de 71ans présentait un psoriasis en plaques sévère en échec du méthotrexate et de la photothérapie. Un traitement par ustekinumab était introduit après traitement antituberculeux devant un Quantiféron® positif. Après 4 injections, le patient se plaignait d’une toux, résistant à 7jours d’amoxicilline-acide clavulanique. L’examen trouvait des râles bronchiques, des expectorations jaunâtres. Un scanner thoracique objectivait des plages en « verre dépoli » et des adénopathies médiastinales. Le liquide de lavage bronchoalvéolaire retrouvait 800 éléments/mm3 dont 34 % d’éosinophiles. Il n’y avait pas d’argument pour une cause infectieuse. Il existait une hyperéosinophilie sanguine à 1480/mm3. Le diagnostic de PEo était retenu et l’imputabilité de l’ustekinumab retenue en l’absence d’autre étiologie. Le traitement par ustekinumab était arrêté. L’état du patient se dégradait rapidement, avec dyspnée, aggravation de l’hyeperéosinophilie à 13 247/mm3 et des anomalies radiologiques. Une corticothérapie à 1mg/kg permettait une normalisation clinique et radiologique à 2mois.

Discussion

La PEo regroupe un ensemble d’affections caractérisées par une infiltration du parenchyme pulmonaire par les éosinophiles, associée ou non à une éosinophilie circulante. Il existe 4 grandes étiologies : les PEo à éosinophiles associée à une maladie de système, les causes infectieuses, médicamenteuses et idiopathiques.

De nombreux médicaments sont susceptibles d’induire une PEo aiguë ou chronique. Elle peut se développer à un moment variable après l’introduction du médicament. La clinique est non spécifique. Les manifestations radiologiques peuvent être diffuses à début aigu, une fibrose interstitielle, un infiltrat variable dans sa topographie et son intensité. L’évolution peut être spontanément favorable à l’arrêt du médicament ou nécessiter une cure courte de corticothérapie dans les formes graves.

Un seul cas de pneumopathie à éosinophiles sous ustekinumab a déjà été rapporté chez un patient qui a développé une toux fébrile 6semaines après l’introduction d’ustekinumab, sans amélioration après antibiothérapie. Il existait une hyperéosinophilie sanguine et au lavage bronchiolo-alveolaire. Il a été traité par corticothérapie générale, l’ustekinumab n’était pas réintroduit. Il n’a pas rechuté à l’arrêt du traitement.

Conclusion

Devant une toux persistante chez un patient sous biothérapie, les causes infectieuses, notamment la tuberculose, doivent systématiquement être recherchées. Une pneumopathie à éosinophile, bien que rare (2e observation rapportée), doit être évoquée notamment en cas d’hyperéosinophilie sanguine.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Pneumopathie à éosinophiles, Psoriasis, Ustekinumab


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Vol 141 - N° 12S

P. S423 - décembre 2014 Retour au numéro
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