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Traumatologie maxillo-faciale liée aux défenestrations : à propos de 64 cas - 22/02/08

Doi : STO-12-2003-104-5-0035-1768-101019-ART3 

J.-P. Meningaud [1],

J.-C. Bertrand [2],

D. Batista [2]

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Traumatologie maxillo-faciale liée aux défenestrations : à propos de 64 cas

Objectifs

La traumatologie liée aux chutes d'un lieu élevé a été peu étudiée dans la littérature, celle liée aux défenestrations encore moins et le versant maxillo-facial quasiment pas. Notre objectif est de rapporter la première série maxillo-faciale de patients victimes spécifiquement d'une défenestration.

Méthode

Cette étude rétrospective a été menée sur les dossiers de patients traités au sein du groupe hospitalier Pitié-Salpêtière entre juillet 1994 et juillet 1999, quel que soit le service d'admission : la réanimation chirurgicale polyvalente, les urgences neurochirurgicales, le service d'orthopédie et le service de chirurgie maxillo-faciale.

Résultats

Le sexe féminin était sur-représenté par rapport aux séries témoin (SR = 0,5), sans différence significative concernant l'âge (µ = 31,5, σ 2 = 9,1). 50 % avaient une atteinte maxillo-faciale. Le décès est survenu dans 17,2 % des cas (11/64). La hauteur de chute des survivants se répartissaient entre le 1 er et le 8 e étage ; le 3 e étage était le plus représenté (31 % des patients). 70,3 % des défenestrations étaient intentionnelles, 17,1 % accidentelles et 12,6 % indéterminées. Les tentatives de suicide concernaient 13 patients atteints de psychose maniaco-dépressive, 11 en dépression, 6 atteints de schizophrénie, 2 victimes de problèmes familiaux sans précisions, et enfin 12 sans antécédents. Par ailleurs, 4 patients étaient toxicomanes et 3 alcooliques. Les populations socio-économiquement défavorisées représentaient 50 % des cas. Au plan maxillo-facial on retrouvait : 20 fractures mandibulaires, 15 fractures de Lefort (I, II, III ou associées), 2 Blow out, 7 fractures du toit d'orbite, 15 fractures du malaire, 7 fractures des os propres du nez, 11 fractures du complexe naso-ethmoïdo-maxillo-fronto-orbitaire. La perte dentaire moyenne par patient était de 6 éléments. L'indice de Glasgow moyen des patients était de 7,9. Les lésions extra faciales les plus fréquentes étaient les fractures de membres (89 %), les traumatismes thoraciques (73,4 %), les lésions encéphaliques (67 %) et les atteintes du rachis (40,6 %), et les lésions abdominales (26,5 %).

Conclusion

L'état de vulnérabilité psychique et sociale considérable du patient défenestré, lui-même aggravé par le traumatisme, est une dimension fondamentale à prendre en compte dès la prise en charge initiale de ces patients.

Maxillofacial trauma by defenestration: 64 cases

Objective

There has been little work reported in the literature concerning trauma resulting from high level falls and almost none devoted to maxillofacial trauma following defenestration. The purpose of this work was to report the first series of defenestration victims who incurred maxillofacial trauma.

Method

This retrospective series included all patients treated at the Pitié-Salpêtrière hospital between July 1994 and July 1999, all units included: surgery intensive care, neurosurgical emergency, orthopedic surgery or maxillofacial surgery.

Results

Female gender predominated in comparison with studies concerning high level falls (SR=0.5) with no difference concerning age (µ = 31.5, σ 2 = 9.1). Fifty percent of the patients had a maxillofacial involvement. Death ensued in 17.2% (11/64 patients). The height of the fall among survivors ranged from one floor to eight floors; third-floor falls accounted for 31%. Defenestration was intentional in 70.3% of the cases, accidental in 17.1% and undetermined in 12.6%. The suicide attempts involved 13 patients with maniac depressive psychosis, 11 with depression, 6 with schizophrenia, 2 with undetermined familial problems, and 12 with no specific history. Four patients were drug abusers and 3 were alcoholics. Fifty percent of the victims were living in precarious social and economical conditions. The maxillofacial injuries included: 20 mandibular fractures, 15 Lefort fractures (I, II, III or combined), 2 blow out fractures, 7 fractures of the orbital roof, 15 fractures of the malar bone, 7 fractures of the nose bones, and 11 fractures of the naso-ethmoido-maxilo-fronto-orbital complex. On the average, patients lost 6 dental elements. The mean Glasgow index was 7.9. Extrafacial injuries included limb fractures (89%), chest trauma (73.4%), brain lesions (67%), spinal injury (40.6%), and abdominal injury (26.5%).

Conclusion

The psychic and social vulnerability of the defenestration patient aggravated by the trauma is a fundamental dimension which must be taken into consideration during the initial management of these patients.


Mots clés : Chute , Traumatologie

Keywords: Falls , Traumatology


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Vol 104 - N° 5

P. 260-264 - décembre 2003 Retour au numéro
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