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L’utilisation addictive des jeux vidéo est-elle une solution adaptative à la perception de soi et à la symptomatologie dépressive des jeunes adolescents (11–14 ans) ? - 13/06/15

Doi : 10.1016/j.neurenf.2014.09.001 
S. Gaetan a, , P. Therme a, A. Bonnet b
a CNRS, ISM UMR 7287, Aix-Marseille université, 910, avenue de Luminy, 13288 Marseille cedex 09, France 
b LPCLS, EA 3278, maisons de la recherche, Aix-Marseille université, 29, avenue Robert-Schuman, 13621 Aix-en-Provence cedex 1, France 

Auteur correspondant. Faculté des sciences du sport, campus Luminy, 163, avenue de Luminy, case 910, 13288 Marseille cedex 09, France.

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Résumé

Objectif

Le jeu vidéo est un objet d’actualité sociale et économique. Son utilisation parfois addictive en fait également un objet de la clinique. L’objectif de cette recherche est de proposer des éléments de compréhension de l’utilisation addictive des jeux vidéo (ou pratique vidéoludique addictive), aux regards de la perception du soi réel, du soi virtuel et de la symptomatologie dépressive.

Méthodologie

Ce travail a été mené auprès de 74 adolescents, âgés de 11 à 14ans (m=12,78±0,921). Les outils de mesure utilisés sont la Game Addiction Scale, le Profil des Perceptions de soi (double passation avec des instructions différentes permettant ainsi d’évaluer la perception du soi réel puis virtuel) et la Child Depression Inventory.

Résultats

Au sein de notre échantillon, 14 adolescents sont considérés comme addictés aux jeux vidéo, 15 présentent une symptomatologie dépressive. Les adolescents présentant une symptomatologie dépressive ont un score de perception de leur soi réel inférieur à celui des autres adolescents de l’échantillon. Il en est de même pour la perception du soi virtuel. Néanmoins, ils ont tendance à percevoir leur soi virtuel comme plus compétant que leur soi réel. De plus, les adolescents considérés comme addictés présentent une symptomatologie dépressive plus sévère que les autres adolescents. En outre, la perception du soi réel, du soi virtuel et la symptomatologie dépressive sont des facteurs explicatifs de l’utilisation addictive des jeux vidéo.

Conclusion

Cette étude permet d’affiner notre compréhension du processus addictif. L’avatar permettrait une « re-construction de soi », rehaussant la perception que le sujet a de lui-même dans le monde virtuel, et réduisant ainsi sa souffrance. En contre partie, un écart se crée avec l’environnement quotidien, renforçant la symptomatologie dépressive et la conduite addictive. Néanmoins, des questions émergent concernant le lien entre le joueur et son avatar, mais également concernant l’impact des différents formats de jeux vidéo sur ce processus.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Objectives

The video game is part to social and economic current events. It's also one of preferential activities of adolescents. However, video gaming is associated to negative image and is sometimes considered as a problematic behavior. Thus, video games addiction becomes an object of the clinic. The avatar –character from the video game embodied, directed and played by the player –and the virtual world –namely the environment of the avatar– are the two essential components of any video game. The avatar would be a possibility to change different parts of self. In addition, depression is a comorbidity of addiction and cyberaddiction. Moreover, in reference of the self-discrepancy theory, depressive symptomatology should correspond to a significant gap between the actual self and the ideal self. The aim of this study is to provide an understanding of the addictive videogame behavior, in the light of the “real” and “virtual” self-perception and of the depressive symptomatology.

Methods

This work was conducted with 74 adolescents aged from 11 to 14 years (Mage=12.78 and SD=0.921). The instruments used were the Game Addiction Scale, the Profile of self-perception - used with two different instructions in order to measure the perception about real and virtual self - and the Child Depression Inventory.

Results

Regarding GAS scores from the 74 adolescents, 14 adolescents were considered as addicted to video games, and 15 adolescents presented a depressive symptomatology. The results showed that this “depressive” adolescents had a perception of real and virtual self less than others adolescents, their virtual self-perception tended to be greater than real self-perception. In addition, adolescents considered as addicted to video games presented a depressive symptomatology higher than other adolescents. Furthermore, virtual self-perception, self-perception and depressive symptomatology were explicative from videogame addictive process.

Conclusions

These results lead us to question the video games addictive process as a functional restoration of identity, in order to reduce a major source of distress in adolescent. We consider it as the object of a “re-construction of self” in order to raise its self-perception and to reduce its suffering. In against part, a gap is created with the everyday environment, thus reinforcing the depressive symptomatology and addictive behavior. This addictive behavior would be a double process, both cause and consequence of the suffering of the subject, and wherein the failure of the self-image is a central axis. Nonetheless, questions arise concerning the relationship between the player and his avatar, but also on the impact of different formats of video games on this process.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Jeux vidéo, Conduite addictive, Symptomatologie dépressive, Perception de soi, Adolescence

Keywords : Video game, Addictive behavior, Depressive symptomatology, Self-perception, Adolescence


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