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Journal Français d'Ophtalmologie
Volume 38, n° 8
pages 743-751 (octobre 2015)
Doi : 10.1016/j.jfo.2015.04.009
Received : 20 Mars 2015 ;  accepted : 24 April 2015
Aspects épidémiologiques cliniques et thérapeutiques des traumatismes oculaires de l’enfant dans un service d’urgences ophtalmologiques en Île-de-France
Epidemiological, clinical and therapeutic features of pediatric ocular injuries in an eye emergency unit in Île-de-France
 

J. Mayouego Kouam a, , E. Epée b, S. Azria a, D. Enyama c, A. Omgbwa Eballe d, C. Ebana Mvogo b, M. Cherifi a
a Centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges, 40, allée de la Source, 94190 Villeneuve-Saint-Georges, France 
b Hôpital central de Yaoundé, Briqueterie, Yaoundé, Cameroun 
c Centre hospitalier universitaire de Bicêtre, 78, rue du Général-Leclerc, 94270 Le Kremlin-Bicêtre, France 
d Hôpital Laquintinie de Douala, rue Jamot, BP 15333, Douala, Cameroun 

Auteur correspondant. 7, square d’Angiviller, 78120 Rambouillet, France.
Résumé
Introduction

Les traumatismes oculo-orbitaires représentent une cause majeure de cécité monoculaire acquise chez l’enfant. Ces traumatismes diffèrent de ceux de l’adulte par certains aspects de la prise en charge et du pronostic, notamment le risque d’amblyopie. Le but de cette étude était d’analyser les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques des traumatismes oculaires d’enfants reçus dans un service d’urgences ophtalmologiques francilien.

Matériel et méthodes

Il s’agissait d’une étude descriptive, prospective et longitudinale. Ont été inclus des enfants âgés de 0 à 15ans, reçus pendant les gardes pour un traumatisme oculaire sur une période de 6mois. Chaque enfant a bénéficié d’un examen ophtalmologique aussi complet que son état et sa coopération le permettaient. Les traumatismes mécaniques du globe oculaire et les brûlures oculaires chimiques ont été répartis respectivement selon la terminologie de Birmingham et la classification de Dua. Le pronostic visuel a été mis en évidence par la meilleure acuité visuelle corrigée de l’œil atteint, mesurée à la fin de la prise en charge.

Résultats

Parmi les 586enfants qui ont été reçus pendant la période d’étude, 265 ont consulté pour traumatisme oculaire (45,22 %). Le sex-ratio était de 1,6/1. Les principaux lieux de survenue des traumatismes étaient la maison (64,15 %) et l’école (18,11 %). Les traumatismes par coup d’ongle étaient les plus fréquents (12,45 %). Cent cinquante-sept patients (59,19 %) ont consulté dans un délai de 6heures. Le siège prédominant des lésions était la cornée (44,40 %). Les traumatismes mécaniques du globe oculaire représentaient 75 % des cas. La fréquence des brûlures oculaires chimiques était de 6,41 %. Les traumatismes palpébraux et orbitaires ont été notés respectivement dans 22,26 % et 2,26 % des cas. Un traitement chirurgical a été administré à 6,79 % des patients. La fréquence de l’hospitalisation était de 3,02 %, avec une durée moyenne de 3jours. Quatre enfants ont présenté des séquelles, dont 2taies cornéennes et 2cataractes. Aucun cas de cécité n’a été enregistré.

Discussion

La fréquence élevée de la pathologie traumatique oculo-orbitaire dans notre série pourrait s’expliquer par son caractère de survenue brutal et accidentel amenant à une consultation en urgence. La plupart des traumatismes sont survenus à la maison et à l’école, ce qui reflète la présence dans ces endroits de dangers potentiels, souvent méconnus ou négligés. Le faible taux de traumatismes à globe ouvert pourrait être lié au recrutement ubiquitaire. En effet, dans des études incluant uniquement les traumatismes sévères, ce taux peut atteindre 73,4 %. Cette forme clinique est associée à un pronostic péjoratif en raison du risque infectieux et des séquelles responsables de baisse d’acuité visuelle et d’amblyopie. Peu d’enfants ont été hospitalisés. Ceci pourrait s’expliquer par la prédominance des traumatismes peu sévères.

Conclusion

La traumatologie oculaire représente près de la moitié des pathologies pédiatriques vues aux urgences ophtalmologiques pendant les gardes. Une prise en charge adéquate en urgence permet d’améliorer le pronostic visuel.

The full text of this article is available in PDF format.
Summary
Introduction

Ocular and orbital trauma is a leading cause of acquired monocular blindness in childhood. These injuries differ from those in adults in some aspects of the management and prognosis, notably the risk of amblyopia. The goal of this study was to analyze the epidemiological, clinical and therapeutic features of ocular trauma in children who consulted in an eye emergency department in Île-de-France.

Patients and methods

This was a descriptive, prospective and longitudinal study. Over a period of 6months, we included children aged 15years old or less, who consulted during calls for ocular trauma. Each child received an ophthalmologic examination as complete as his or her condition and cooperation permitted. Mechanical injuries of the eyeball and chemical ocular burns were distributed respectively according to the Birmingham Eye Trauma Terminology and Dua's classification. The visual prognosis was defined as the best corrected visual acuity of the affected eye, measured at the conclusion of treatment.

Results

Among 586children who consulted during the study period, 265 suffered from ocular trauma (45.22%). The male:female ratio was 1.6:1. The main places of occurrence of the injuries were home (64.15%) and school (18.11%). Injuries from finger nail scratch were the most frequent (12.45%). One hundred and fifty-seven patients consulted within 6hours (59.19%). The cornea was the predominant site of the injury (44.40%). Mechanical injuries of the eyeball accounted for 75% of cases. The incidence of ocular chemical burns was 6.41%. Eyelid and orbital injuries were observed in 22.26% and 2.26% of cases respectively. Surgical treatment was required in 6.79% of cases. The incidence of hospitalization was 3.02% with a mean length of stay of 3days. Four children developed sequelae, including 2corneal scars and 2cataracts. No case of blindness was recorded.

Discussion

The high frequency of traumatic ocular and orbital pathology in our study may be due to its sudden and accidental onset, leading parents to seek emergency care. Most injuries occurred at home and at school, which reflects the presence in these places of potential hazards, often unrealized or neglected. The low frequency of open-globe injury may be related to the ubiquitous recruitment. Indeed, in studies including only severe trauma, this rate may reach 73.4%. This clinical presentation is associated with a poor prognosis because of the risk of infection and sequelae causing decreased visual acuity and amblyopia. Few children were hospitalized. This could be explained by the predominance of mild to moderate trauma.

Conclusion

Ocular trauma accounts for nearly half of pediatric conditions encountered in the eye emergency unit. Adequate emergency care improves the visual prognosis.

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Mots clés : Traumatismes oculaires, Enfants, Urgences ophtalmologiques, Prise en charge

Keywords : Ocular injuries, Children, Eye emergencies, Management


Introduction

Les traumatismes oculo-orbitaires représentent une cause majeure de cécité monoculaire acquise chez l’enfant [1]. Ces traumatismes diffèrent de ceux de l’adulte par des caractéristiques particulières qui peuvent en compliquer la prise en charge et le pronostic [1, 2]. Ces particularités sont liées aussi bien aux circonstances de survenue qu’au retard diagnostique fréquent, en raison des difficultés de verbalisation ou des réticences de l’enfant ou des parents à avouer les détails de l’accident [2, 3]. Les difficultés de l’examen oculaire chez le jeune enfant imposent parfois le recours à une exploration sous anesthésie générale pour un bilan plus précis, ce qui contribue à la complexité de la prise en charge [1, 2]. Les particularités de l’anatomie oculaire infantile caractérisées par la fragilité cornéenne, la finesse et l’élasticité de la cristalloïde antérieure, la cohérence du gel vitréen et la solidité des adhérences vitréo-rétiniennes rendent compte de problèmes per- et postopératoires spécifiques au terrain pédiatrique [4]. Le pronostic fonctionnel des traumatismes oculaires de l’enfant reste défavorable en raison de la fréquente sévérité des lésions. Le risque d’amblyopie chez l’enfant de moins de 7ans demeure important même en cas de restitution anatomique satisfaisante [1, 2, 4].

Nous avons analysé les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques des traumatismes oculaires des enfants de moins de 15ans reçus pendant les gardes dans un service d’urgences ophtalmologiques en Île-de-France, afin de mettre à jour les spécificités de cette problématique dans le contexte d’un centre de soins de second recours.

Matériel et méthode

Il s’agissait d’une étude descriptive, prospective et longitudinale. Elle s’est déroulée du 1er janvier 2012 au 30 juin 2012 dans un service d’accueil des urgences ophtalmologiques d’Île-de-France. Celui-ci fait partie des 10premiers établissements franciliens en termes d’activité d’urgences ophtalmologiques. L’accueil des urgences ophtalmologiques 24heures/24 et 7jours/7, fait unique dans le sud-est parisien, est une spécificité de cet hôpital. En dehors des heures ouvrables de la consultation classique, les urgences ophtalmologiques sont accueillies pendant les gardes, dans une salle dédiée à l’ophtalmologie sur le site des urgences générales, de 17h00 à 8h30 du lundi au vendredi et de 8h30 à 8h30 le samedi, le dimanche et les jours fériés. Pendant l’année 2011, 12 230passages aux urgences ophtalmologiques ont été enregistrés, dont 5741 (47 %) en consultation d’ophtalmologie pendant les heures ouvrables et 6489 (53 %) pendant les gardes.

Nous avons inclus tous les enfants âgés de 0 à 15ans, reçus en consultation aux urgences ophtalmologiques pendant les gardes pour un traumatisme oculaire. Ont été exclus : tous les enfants âgés de plus de 15ans, tous les enfants reçus aux urgences ophtalmologiques en dehors des horaires de garde et tous les enfants qui ne consultaient pas pour un traumatisme oculaire.

Après un interrogatoire, les patients ont bénéficié d’un examen aussi complet que possible, selon leur état et leur coopération, par l’interne d’ophtalmologie de garde. Ce dernier a planifié la prise en charge sous la supervision du senior d’astreinte de sécurité. Les patients ont ensuite été suivis jusqu’à la fin de la prise en charge ou jusqu’au 30 juin 2012. En cas d’atteinte bilatérale, nous avons retenu les lésions et l’acuité visuelle de chaque œil. Après la première consultation, les patients pouvaient ou non être revus ultérieurement en fonction de la sévérité de l’atteinte. Les traumatismes oculaires mécaniques ont été répartis selon la terminologie des traumatismes oculaires de Birmingham. Les brûlures oculaires chimiques ont été réparties selon la classification de Dua. Le pronostic visuel a été évalué par la meilleure acuité visuelle corrigée de l’œil atteint, mesurée à la fin de la prise en charge. Chez les enfants d’âge préverbal, l’acuité visuelle a été évaluée par la fixation et la poursuite. Les acuités visuelles ont été réparties selon la classification de l’Organisation Mondiale de la Santé, à savoir : la déficience visuelle moyenne (acuité visuelle inférieure à 3/10 et supérieure ou égale à 1/10), la déficience visuelle sévère (acuité visuelle inférieure à 1/10 et supérieure ou égale à 1/20), la déficience visuelle profonde (acuité visuelle inférieure à 1/20 et supérieure ou égale à 1/50) et la cécité (acuité visuelle inférieure à 1/50, le sujet ne compte pas les doigts à 1 mètre).

Les informations ont été recueillies sur une fiche de collecte des données (Annexe A). Elles concernaient les aspects épidémiologiques ainsi que les détails de l’admission aux urgences et de la prise en charge : caractéristiques démographiques des patients, anamnèse, examen clinique, examens complémentaires, modalités de traitement, suivi et évolution jusqu’à la fin de la prise en charge. L’analyse descriptive a été exprimée sous forme de moyennes, proportions, fréquences, pourcentages et déviations standard.

Résultats

Parmi les 586enfants âgés de 0 à 15ans qui ont été vus pendant les gardes aux urgences ophtalmologiques durant ces six mois, 265 ont consulté pour un traumatisme oculaire et ont donc été inclus dans ce travail, soit 45,22 %.

Il y avait 163garçons et 102filles, soit un sex-ratio de 1,6/1. L’âge des enfants variait de 28jours à 15ans, avec un âge moyen de 7,29 (±4,33ans).

Le Tableau 1 montre le lieu de survenue des traumatismes oculaires. Les principaux lieux de survenue étaient la maison (64,15 %) et l’école (18,11 %). Le Tableau 2 montre le mécanisme de survenue des traumatismes oculaires. Les traumatismes mécaniques étaient prédominants (86,04 %). Parmi les 27cas de traumatismes chimiques, 25 sont survenus à la maison. Les causes rencontrées étaient nombreuses et diverses (Tableau 3). Les traumatismes par coup d’ongle étaient prédominants (12,45 %). Il s’agissait d’accidents non intentionnels. Quinze des 27cas de traumatismes par produit chimique étaient dus à des produits ménagers (eau de Javel, lessive, savon liquide, produits spécialisés pour détartrage, décapage, débouchage de canalisation). Un cas avait été causé par une projection de bombe lacrymogène lors d’une rixe. Nous avons noté deux cas de traumatismes oculaires par automutilation. L’un des enfants était suivi pour une anesthésie cornéenne congénitale et le second était atteint d’un retard mental sévère. Parmi les autres causes, un seul cas d’accident de la voie publique a été enregistré.

Deux cent trente-sept enfants (89,46 %) ont consulté en première intention le service des urgences ophtalmologiques tandis que 28 (10,54 %) avaient été adressés par une autre structure sanitaire (médecin traitant ou pédiatre). Cent cinquante-sept enfants (59,19 %) ont été pris en charge dans un délai de 6heures après la survenue du traumatisme. Cet intervalle était de 7 à 23heures dans 75cas (28,25 %), de 24 à 47heures dans 21cas (8,15 %), de 2 à 6jours dans 11cas (4,10 %) et de 7 à 30jours dans 1cas (0,31 %).

Il y avait 244cas de traumatismes unilatéraux (92,07 %), dont 125cas à l’œil droit (47,17 %) et 119cas à l’œil gauche (44,90 %), et 21cas bilatéraux (7,93 %). Ceci représentait un total de 286yeux.

Des lésions ont été observées sur tous les sites anatomiques. Certains yeux ont présenté des lésions sur plusieurs sites anatomiques à la fois. Pour 40yeux sur 286 (13,98 %), l’examen ophtalmologique n’a pas décelé de lésions cliniques, malgré l’histoire de la maladie évoquant un traumatisme et les signes fonctionnels du patient. Les lésions cornéennes, conjonctivales, palpébrales et orbitaires représentaient respectivement 44,40 % (n =127), 34,96 % (n =100), 20,97 % (n =60) et 2,09 % (n =6). Les lésions des segments antérieur et postérieur représentaient respectivement 5,59 % (n =16) et 3,49 % (n =10). L’acuité visuelle initiale a été enregistrée chez 101 patients, soit 38,11 %. Ceci représentait 105yeux. Une acuité visuelle inférieure ou égale à 3/10 à l’entrée a été enregistrée dans 7cas. Il s’agissait de 3cas de contusion du globe oculaire, 2cas de plaies pénétrantes du globe et 2cas d’érosions cornéennes.

Les traumatismes du globe oculaire représentaient 81,13 % des cas (n =215). La Figure 1 montre la description des traumatismes mécaniques du globe oculaire selon la terminologie de Birmingham. Les lésions observées en cas de contusion du globe oculaire sont représentées par la Figure 2. Nous avons enregistré 17cas de brûlures chimiques du globe oculaire (6,41 %) dont 15cas de grade I et 2cas de grade II d’après la classification de Dua. Aucun cas d’hypertonie oculaire post-traumatique n’a été noté.



Figure 1


Figure 1. 

Description des traumatismes mécaniques du globe oculaire d’après la terminologie de Birmingham chez 265enfants reçu aux urgences ophtalmologiques de janvier à juin 2012 (CE : corps étranger).

Zoom



Figure 2


Figure 2. 

Description des lésions observées en cas de contusions du globe oculaire dans un échantillon de 265enfants reçus aux urgences ophtalmologiques de janvier à juin 2012 (HHC : hyperhémie conjonctivale ; HSC : hémorragie sous-conjonctivale ; H. rétinienne : hémorragie rétinienne ; HIV : hémorragie intra-vitréenne).

Zoom

Des lésions palpébrales ont été retrouvées chez 59enfants (22,26 %). Pour 16 d’entre eux, elles étaient associées à des lésions du globe oculaire. Il y avait 26cas de contusions palpébrales, représentées par des œdèmes, des ecchymoses et des hématomes au niveau des paupières, et 20plaies superficielles. Nous avons noté 4cas de plaies canaliculaires, dont 2 étaient dues à une morsure de chien et 2 autres avaient été causées par un cintre, et une plaie du bord libre. Les autres lésions palpébrales étaient des dermabrasions (8cas) et une agglutination des cils due à de la colle « superglue ».

Les lésions orbitaires quant à elles ont été observées chez 6enfants (2,26 %). Elles étaient associées à des lésions du globe oculaire dans 3cas. Il y avait deux cas de fractures orbitaires de type « blow-out  ». Les autres lésions orbitaires étaient des plaies superficielles de l’arcade (2cas), un hématome orbitaire et une contusion orbitaire.

Seuls sept cas (2,64 %) ont nécessité la réalisation d’examens complémentaires pendant la garde. Il s’agissait de radiographies de la face et de scanners orbitaires. Ils ont été réalisés en cas de contusion du globe oculaire (4cas), de traumatisme palpébral (5cas) ou orbitaire (3cas). Certains patients ont bénéficié à la fois d’une radiographie de la face et d’un scanner orbitaire.

Cent quatre-vingt-dix-sept enfants (74,33 %) ont bénéficié d’un traitement médical. Ce dernier était à base d’antibiotiques, d’antalgiques, de corticoïdes, de mydriatiques, de cicatrisants, de larmes artificielles ou de sérum physiologique. Cinquante enfants (18,86 %) n’ont reçu aucun traitement. Ceux-ci ont reçu des conseils tels que la pose de compresses froides. Dix-huit patients (6,79 %) ont bénéficié d’un traitement chirurgical dont 11réparations de plaies palpébrales superficielles par suture sous anesthésie locale après administration de MEOPA (mélange équimolaire d’oxygène et de protoxyde d’azote) ou par pose de Stéristrips®, en salle de sutures et 7 reconstructions au bloc opératoire sous anesthésie générale de plaies du globe oculaire (2cas), du bord libre (1cas) et des voies lacrymales avec intubation canaliculaire (4cas). Au bloc opératoire, une exploration sous anesthésie générale avait précédé l’intervention chirurgicale. Parmi les 18patients qui avaient bénéficié d’un traitement chirurgical, 13 étaient des garçons.

Deux cent cinquante-six patients (96,60 %) ont été traités en ambulatoire. Huit enfants (3,02 %) ont été hospitalisés, parmi lesquels 6garçons. La durée moyenne d’hospitalisation était de 3jours, avec des extrêmes variant entre 2 et 6jours. Un enfant avait été transféré dans un autre hôpital pour la prise en charge de sa plaie canaliculaire en raison d’une insuffisance du plateau technique.

Un suivi après la première prise en charge réalisée en urgence pendant la garde a été nécessaire pour 54enfants (20,37 %). Quatre d’entre eux ont présenté des séquelles post-traumatiques. Il s’agissait de taies cornéennes chez deux enfants qui avaient présenté une plaie pénétrante à l’examen initial, de cataractes contusives chez deux enfants suite à une contusion du globe oculaire ; l’une d’elle présentait en plus une mydriase post-traumatique persistante. L’acuité visuelle finale a été mesurée chez 33 des 54patients revus après la première consultation en urgence et ceci représentait 34yeux. Deux patientes avaient une acuité visuelle finale à l’œil atteint correspondant à une déficience visuelle moyenne unilatérale (acuité visuelle supérieure à 1/10 et inférieure à 3/10), suite à une cataracte post-contusive. Nous n’avons pas enregistré des cas de cécité, ni d’endophtalmie ou de décollement de rétine.

Discussion
Fréquence

Dans notre série, les traumatismes oculaires représentaient 45,22 % des consultations d’ophtalmologie pédiatrique. Ce chiffre est plus élevé que ceux retrouvés dans les données de la littérature [5, 6, 7]. Cette différence peut s’expliquer par le mode de recrutement. En effet, dans notre série, seuls les enfants reçus pendant les gardes ont été retenus. De ce fait, toutes les pathologies oculaires pédiatriques ne relevant pas de l’urgence, en particulier les vices de réfraction, n’ont pas été prises en compte. D’une manière générale, tous âges confondus, la traumatologie oculaire représente 60 % des pathologies vues aux urgences ophtalmologiques en garde [8].

Données démographiques

Le sex-ratio était de 1,6/1. Ceci confirme la prédominance masculine constamment rapportée dans la littérature en matière de traumatologie oculaire [9, 10, 11, 12, 13, 14, 15]. Celle-ci traduirait le comportement agressif des garçons et leur préférence pour les jeux brutaux. La majorité des enfants (64,15 %) était âgée de plus de 5ans. Ce résultat est semblable à celui rapporté par d’autres études [9, 14, 16]. À cet âge, l’enfant devient peu à peu autonome et échappe parfois à la surveillance parentale.

Circonstances de survenue

La maison était le lieu de survenue de la majorité des traumatismes oculaires (64,15 %), suivie par l’école (18,11 %). Ce résultat corrobore les données de la littérature [12, 13, 16, 17, 18, 19]. Certes, ces lieux sont les endroits où les enfants passent le plus de temps. Mais ceci reflète également l’existence dans les maisons de dangers potentiels, très souvent méconnus ou négligés, en particulier dans la cuisine, et renforce la nécessité d’informer les parents sur la prévention des accidents domestiques.

Les dix-huit traumatismes survenus sur une aire de sport concernaient les enfants de plus de 5ans, avec une prédominance dans la tranche d’âge des 10–15ans (n =16). En effet, à cet âge, les enfants commencent à pratiquer une activité sportive, parfois de manière informelle et sans supervision. Dès lors qu’ils pratiquent un sport, ils doivent être éduqués sur les risques de traumatisme qui y sont liés, ainsi que sur la nécessité de porter les protections oculaires appropriées quand elles existent et de jouer dans un esprit de « fair play  ». Dans la littérature, la fréquence des traumatismes oculaires pédiatriques survenant dans le cadre d’une activité sportive varie entre 8 % et 16 % [13, 16, 20].

Dans notre série, le traumatisme oculaire est survenu au cours d’un accident de la voie publique chez un enfant. Podbielski et al. [13] et Cariello et al. [10] ont enregistré dans leurs séries respectives un taux de 2,01 % et 2,2 % de traumatismes oculaires dus aux accidents de la route chez l’enfant. L’équipe de MacEwen quant à elle n’a retrouvé aucun cas [16]. Cette faible proportion des traumatismes oculaires dus à un accident de la voie publique pourrait traduire l’efficacité des mesures législatives régissant la sécurité routière dans les pays développés, qui imposent le port de la ceinture de sécurité et interdisent l’installation des petits enfants sur le siège avant, près du conducteur.

Les traumatismes mécaniques étaient prédominants (86,04 %), suivis par les traumatismes chimiques (10,19 %). Chez huit enfants, le mécanisme du traumatisme était inconnu. L’examen clinique dans ces cas a révélé un corps étranger superficiel passé inaperçu. En effet, chez l’enfant, en cas de corps étranger superficiel, le contexte traumatique n’est pas toujours facile à retrouver [1].

Nous avons retrouvé une prédominance de traumatismes par coup d’ongle (12,45 %), suivis par les corps étrangers superficiels (10,95 %). D’une manière générale, les causes varient selon les études et les régions. Certains auteurs rapportent une majorité de traumatismes dus à des chutes [11, 15], des projectiles [5, 10, 21] ou des outils domestiques [20]. Ces derniers ont été en cause dans 7,92 % de cas de notre série. Les traumatismes par les outils domestiques sont liés au mauvais usage qu’en font les enfants, en raison de leur maladresse et de leur insouciance.

Les produits chimiques représentaient 10,19 % des agents vulnérants. Ce chiffre se rapproche de celui de Poon et al. qui ont retrouvé 10 % de traumatismes oculaires causés par un produit chimique chez l’enfant [20]. Dans la majorité des cas, il s’agissait de produits chimiques ménagers. Les parents doivent être sensibilisés sur la nécessité de ranger ces produits hors de la portée des enfants, d’autant plus que ces derniers peuvent les ingérer accidentellement.

Nous n’avons enregistré aucun cas de traumatisme oculaire dû à des sévices corporels. Cependant, dans les séries africaines, avec une fréquence variant de 3,2 % à 25,9 %, les sévices corporels infligés par les parents ou les éducateurs représentent l’une des principales circonstances de survenue des traumatismes oculaires chez l’enfant [6, 9, 17, 18, 22].

Clinique

La proportion de patients examinés dans les six premières heures suivant le traumatisme était de 59,25 %. Dans les séries de Cariello et al. à Sao Paulo, de Ahnoux-Zabsonre et al. à Abidjan et de Yaya et al. à Bangui, respectivement 37 %, 10 % et 2 % seulement des enfants ont été examinés dans ce délai [9, 10, 23]. D’une manière générale, les études réalisées dans les pays en voie de développement, rapportent constamment un retard de prise en charge [9, 15, 18, 19, 22, 23]. Pourtant, en matière de traumatologie oculaire, une prise en charge adéquate retardée aggrave le pronostic. Notre résultat traduit un délai de prise en charge adéquat dans les pays développés, sans doute en raison d’une meilleure accessibilité géographique et financière aux soins oculaires spécialisés et d’une meilleure organisation de l’itinéraire des patients en cas d’urgence ophtalmologique. En effet, dans notre série, 237enfants (89,46 %) ont consulté en premier lieu le service d’urgences ophtalmologiques. L’équipe de Cariello rapporte que 44 % des patients avaient au préalable consulté dans un ou plusieurs hôpitaux généralement sans ophtalmologistes avant de pouvoir bénéficier d’une consultation spécialisée dans le service d’ophtalmologie du Centre Hospitalier Universitaire de Sao Paulo [10]. Dans la série de Mensah et al. à Abidjan, 66 % des enfants avaient eu une première prise en charge médicale non spécialisée ou par un tradipraticien [18].

Les traumatismes à globe fermé étaient prédominants (73,96 %). Ce résultat est semblable à ceux des équipes de Cariello et Lee qui ont retrouvé respectivement 73,6 % et 78,1 % de traumatismes à globe fermé [10, 11]. A contrario, certains auteurs ont retrouvé une prédominance de traumatismes à globe ouvert, avec une fréquence variant de 40,5 % à 73,4 % [12, 15, 17, 18, 21, 22, 23]. Cette forme clinique est associée à un pronostic péjoratif en raison du risque infectieux et des séquelles responsables de baisse d’acuité visuelle et d’amblyopie. Dans notre série, 2cas de traumatismes à globe ouvert (0,75 %) ont été observés. Cette faible proportion peut être due à notre recrutement ubiquitaire. Il s’agissait de plaies pénétrantes, dont une plaie cornéenne et une plaie cornéo-sclérale. Aucun cas de décollement de rétine n’a été recensé. Pourtant les traumatismes représentent l’étiologie dominante de cette pathologie chez l’enfant. Dans l’étude de Bourges et al. sur les particularités du décollement de rétine chez l’enfant, le tiers des cas était dû à un traumatisme [24]. L’absence de décollement de rétine dans notre série peut être liée à la prédominance de traumatismes peu sévères.

Les brûlures oculaires chimiques représentaient 6,41 % des cas. Il s’agissait de brûlures de bas grade (I et II) d’après la classification de Dua. La fréquence des brûlures oculaires chimiques varie entre 2 % et 10 % des cas chez l’enfant, selon les auteurs [11, 15, 18, 20]. Les données épidémiologiques révèlent que, d’une manière générale, les brûlures oculaires chimiques sont plus fréquentes et plus sévères chez l’adulte jeune, et surviennent le plus souvent dans le cadre des accidents de travail [25]. Nous n’avons pas observé de brûlures oculaires physiques. Lee et al. quant à eux ont rapporté 13cas de brûlures oculaires thermiques dans leur série de 228enfants [11].

Les lésions palpébrales isolées représentaient 16,22 % des cas. Ce chiffre est proche des données de la série de Cariello et al. où les traumatismes palpébraux isolés représentaient 13,2 % des cas [10]. Yaya et son équipe ont noté seulement 8,6 % de traumatismes palpébraux purs dans leur série [9]. Selon eux, ce taux serait inférieur à la réalité en raison du fait que certaines plaies palpébrales simples sont suturées en dehors du service d’ophtalmologie [9]. Parmi les 59cas de traumatismes des paupières, nous avons observé 4 plaies des voies lacrymales, dont deux étaient dues à des morsures de chien. Dans une étude de Ducasse et al. sur les plaies palpébro-lacrymales de l’enfant, les plaies canaliculaires représentaient 55,88 % et 44,11 % des plaies palpébrales de l’enfant étaient dues à une morsure de chien [26].

Les traumatismes orbitaires représentaient 2,26 % des cas. Ce taux est inférieur au chiffre de 4,8 % rapporté par Bella-Hiag et Ebana Mvogo [7].

Traitement

Seuls 3,01 % patients ont été hospitalisés. Dans les séries de Mensah et al. et Meda et al., une hospitalisation a été nécessaire pour 71 % et 78,65 % des cas, respectivement [17, 18]. Le faible taux d’hospitalisation que nous avons retrouvé peut être expliqué par la prédominance dans notre étude de traumatismes peu sévères. La durée moyenne d’hospitalisation était de 3jours. Ce résultat corrobore les données de la littérature des pays développés [11, 16], où le plateau technique et les techniques chirurgicales permettent de réduire la durée d’hospitalisation.

Le traitement chirurgical a été nécessaire chez 6,79 % des patients. Ce résultat se rapproche de celui de Podbielski et al. qui s’élevait à 7,4 % [13]. Cependant, les équipes de Poon, MacEwen et Al-Mahdi ont enregistré respectivement 35 %, 48 % et 52,8 % d’enfants ayant bénéficié d’un traitement chirurgical [14, 16, 20]. Celles-ci avaient inclus uniquement des traumatismes sévères ayant conduit à une hospitalisation. Cinquante enfants (18,86 %) n’ont pas eu besoin de traitement. La prise en charge après l’examen clinique dans ces cas s’est limitée à des conseils et à rassurer les enfants et leurs parents. Pour Podbielski et al. ce taux s’élevait à 16,1 % [13].

Après la prise en charge initiale, 20,38 % des patients ont nécessité un suivi. Ce chiffre se rapproche des 27,8 % rapporté par Cariello et al. [10]. Dans la série de Podbielski et al., 57,7 % des patients ont nécessité un suivi [13]. Dans cette étude, les enfants avaient été examinés aux urgences par des médecins non ophtalmologistes qui par prudence les rappelaient pour qu’ils soient revus ultérieurement par un ophtalmologiste en consultation classique.

Six des 8patients hospitalisés étaient des garçons, ainsi que 13 des 18enfants qui ont bénéficié d’un traitement chirurgical. L’équipe de Podbielski a également observé que la majorité des enfants nécessitant une prise en charge chirurgicale étaient des garçons [13]. Ceci amène à penser que les traumatismes oculaires graves seraient plus fréquents chez ces derniers.

Évolution

Parmi les 54patients qui ont été suivis après la prise en charge initiale, l’acuité visuelle finale a été précisée chez 33 d’entre eux (61,11 %). Deux patientes avaient une acuité visuelle finale correspondant à une déficience visuelle moyenne d’après la classification de l’Organisation Mondiale de la Santé, réversible, suite à une cataracte post-contusive. Nous n’avons pas enregistré des cas de cécité.

Les autres séquelles observées étaient des taies cornéennes chez deux enfants qui avaient présenté une plaie pénétrante du globe oculaire. Cependant, étant situées en dehors des axes visuels des patients, ces cicatrices cornéennes n’ont pas entraîné de déficit visuel profond. Aucun cas d’endophtalmie n’a été enregistré.

Le pronostic visuel est lié au type de traumatisme, à sa sévérité et au délai de prise en charge initiale. Chez l’enfant de moins de 7ans, le risque d’amblyopie reste majeur même en cas de restitution anatomique satisfaisante [1, 2, 4]. Dans notre travail, la plupart des enfants ont eu un bon pronostic visuel. En effet, dans 57,40 % des cas, l’acuité visuelle finale était supérieure à 3/10. Ce résultat est sans doute lié à la prise en charge rapide et optimale, et la prédominance des traumatismes à globe fermé. Ceci se rapproche des données rapportées par les équipes de MacEwen, Poon et Al-Mahdi [14, 16, 20]. Cependant, plusieurs auteurs africains rapportent un pronostic fonctionnel très sombre [6, 7, 9, 17, 18, 22, 23] avec parfois un taux de cécité atteignant 55 % des cas [18]. Ces études ont en commun une prise en charge initiale retardée et une majorité de traumatismes oculaires à globe ouvert.

Limites

Bien que la mesure de l’acuité visuelle constitue une étape essentielle de l’examen ophtalmologique, les acuités visuelles initiales et finales des patients n’ont pas toujours pu être évaluées ou notées dans le cadre de la consultation ophtalmologique aux urgences. Ceci constitue l’une des limites de ce travail.

Conclusion

Près de la moitié des enfants reçus aux urgences ophtalmologiques pendant les gardes présentent un traumatisme oculaire. La majorité des patients était des garçons. Les principaux lieux de survenue de ces traumatismes étaient la maison et l’école. La cornée était le site prédominant des lésions. Les traumatismes oculaires à globe fermé étaient plus fréquents. Plus de la moitié des enfants ont été vus dans un délai de 6heures. La fréquence du traitement chirurgical était de 6,79 %. Aucun cas de cécité n’a été enregistré. L’organisation de la prise en charge des traumatismes oculaires de l’enfant dans ce service permet d’assurer dans les meilleurs délais une prise en charge adéquate, offrant ainsi un pronostic visuel optimal. Bien que la mesure de l’acuité visuelle constitue une étape essentielle de l’examen ophtalmologique, nous n’avons pas toujours pu la réaliser dans le cadre de la consultation ophtalmologique aux urgences.

Déclaration d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflit d’intérêt en relation avec cet article.


Annexe A. Matériel complémentaire

(317 Ko)
  

 Communication orale présentée lors du 120e congrès de la Société française d’ophtalmologie en mai 2014 sous le titre « Les traumatismes oculaires de l’enfant dans un service d’urgences ophtalmologiques ».

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