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Chirurgie de la main
Volume 34, n° 6
page 343 (décembre 2015)
Doi : 10.1016/j.main.2015.10.034
Annual Congress of the French Society for Surgery of the Hand

Application du concept de damage control orthopédique aux traumatismes de la main : une spécificité militaire ?
 

Laurent Mathieu 1, , Camille Choufani 2, Olivier Barbier 3, Didier Ollat 3, Alain-charles Masquelet 2, Sylvain Rigal 2
1 101, avenue Henri-Barbusse, Clamart, France 
2 HIA Percy, Clamart, France 
3 HIA Bégin, Saint-Mandé, France 

Auteur correspondant.
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Introduction

Si les traumatismes de la main relèvent classiquement d’une réparation « tout en un temps », il existe des situations d’exception où un traitement séquentiel s’impose. La précarité du contexte sanitaire de guerre, la gravité des lésions et les associations lésionnelles expliquent le recours à des procédures de damage control orthopédique (DCO) basées sur le contrôle de l’hémorragie, la décontamination des plaies et la stabilisation provisoire des fractures.

Matériel

Les auteurs ont étudié les traumatismes de la main de guerre pris en charge selon les principes du DCO au sein d’un hôpital militaire de campagne déployé en Afghanistan entre 2009 et 2014.

Méthodes

Les blessés ayant présenté un traumatisme de la main occasionné par un agent vulnérant de guerre et ayant reçu un traitement séquentiel ont été inclus. Les critères d’exclusion étaient les traumatismes de pratique civile et les traitements chirurgicaux en un temps. Les paramètres étudiés concernaient le mécanisme lésionnel, la typologie des lésions, les raisons d’application du DCO et les données du traitement chirurgical.

Résultats

Parmi les 74 patients opérés pour un traumatisme de guerre de la main, 41 (55 %) ont bénéficié d’un DCO et ont été inclus. Le mécanisme était un projectile dans 27 cas et un blast dans 14 cas. Le DCO s’est imposé en raison de lésions graves isolées dans 18 cas, de lésions associées dans 19 cas (dont 16 polytraumatisés) ou uniquement en raison du contexte précaire dans 4 cas. Le parage, l’exploration et l’irrigation des plaies ont été systématiques à la phase initiale. Le traitement définitif a été effectué après un délai moyen de 4,9jours (0–21jours) à l’issue de l’évacuation en France ou sur place pour les 27 blessés afghans.

Discussion

Au niveau de la main, les particularités du DCO à la phase initiale sont la nécessité d’un bilan lésionnel précis, une fixation osseuse souvent d’emblée définitive, le repérage des éléments tendineux et nerveux lésés, et la possibilité d’une couverture provisoire.

Conclusion

L’absence de chirurgien de la main disponible, la gravité des lésions locales ou l’association à un polytraumatisme sont des circonstances fréquemment rencontrées en pratique civile, qui pourraient justifier l’application de ce DCO spécifique avant un transfert précoce du patient en centre spécialisé.

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