Article

PDF
Access to the PDF text
Service d'aide à la décision clinique
Advertising


Free Article !

Journal Français d'Ophtalmologie
Vol 22, N° 2  - juillet 1999
p. 160
Doi : JFO-03-1999-22-2-0181-5512-101019-ART2
La mesure de l'épaisseur cornéenne est-elle fiable et utile ?La mesure de l'épaisseur cornéenne est-elle fiable et utile ?
 

ARTICLE ORIGINAL

JFO
1999; 22: 160-168
© Masson, Paris, 1999

A. Bron(1), , J. Chapard(1), , C. Creuzot-Garcher(1), , V. Guerzider(1), , P. D'athis(2)
(1)Service d'Ophtalmologie, CHU Dijon, 3, rue du Faubourg Raines, BP 1519, 21033 Dijon Cedex.

(2)Service d'Informatique Médicale et de Biostatistiques, CHU Dijon, 1, boulevard Jeanne d'Arc, BP 1542, 21034 Dijon Cedex.

SUMMARY

Is corneal thickness measurement reliable and useful?

A.Bron, J.Chapard, C.Creuzot-Garcher, V.Guerzider, P.D'athis

Purpose

We evaluated the accuracy and the reproducibility of central corneal thickness measurements using an ultrasound pachymeter, and its usefulness in clinical practice.

Methods

We calculated the intra-observer, inter-observer, and inter-session variability in control subjects (n = 38). We observed the diurnal variation (n = 8) and the role of surgery (n = 12) on central corneal thickness. We measured and compared central corneal thickness and intraocular pressure in 6 groups (control subjects n = 134, primary open-angle glaucoma n = 111, ocular hypertension n = 66, normal tension glaucoma n = 12, diabetes mellitus n = 62, corneal graft n = 27). We studied the influence of dorzolamide on central corneal thickness (n = 16).

Results

The intra-observer variability was 9 ± 4 μm, whereas the inter-observer and inter- session variabilities were 4 μm and 5 μm respectively. The central corneal thickness in patients with ocular hypertension (587 ± 41 μm) was significantly greater than control subjects (548 ± 32 μm) and all the other groups (p < 0,001). No influence of dorzolamide was observed on central corneal thickness.

Conclusion

Central corneal thickness assessed with an ultrasound pachymeter may be a useful and accurate method in selected patients whose intraocular pressure measurement does not correlate with other clinical findings.

Key words : Central corneal thickness. , Glaucoma. , Intraocular pressure. , Ultrasound pachymetry. , Variability.

RÉSUMÉ


La mesure de l'épaisseur cornéenne est-elle fiable et utile ?

Buts de l'étude

Nous avons évalué la précision et la reproductibilité de la mesure de l'épaisseur cornéenne centrale par un pachymètre ultrasonique d'une part, et d'autre part l'intérêt de cette mesure en pratique clinique.

Matériel et méthodes

Nous avons étudié la variation intra-observateur, inter-observateur et inter-session chez des sujets sains (n = 38). De plus, nous avons observé la variation diurne (n = 8), le rôle de la chirurgie (n = 12) et les variations à long terme de l'épaisseur cornéenne (n = 69). Nous avons mesuré et comparé l'épaisseur cornéenne centrale et la pression intra-oculaire dans 6 groupes (sujets contrôles n = 134, glaucome primitif à angle ouvert n = 111, hypertonie oculaire n = 66, glaucome à pression normale n = 12, diabète n = 62 et greffes de cornée n = 27). Nous avons également étudié l'influence du dorzolamide sur l'épaisseur cornéenne centrale (n = 16).

Résultats

La variation moyenne intra-observateur est de 9 ± 4 μm, tandis que les variations inter-observateur et inter-session sont de 4 μm et 5 μm, respectivement. L'épaisseur cornéenne centrale des patients avec une hypertonie oculaire (587 ± 41 μm) est significativement plus élevée que celle des sujets contrôles (548 ± 32 μm) et que celle des patients de chacun des autres groupes (p < 0,001). Nous n'avons pas observé d'influence du dorzolamide et de la chirurgie sur l'épaisseur cornéenne centrale.

Conclusions

La mesure de l'épaisseur cornéenne par un pachymètre ultrasonique est une méthode précise et utile pour les patients dont la pression intra-oculaire semble être en discordance avec les autres données cliniques.

Mots clés : Épaisseur cornéenne centrale. , Glaucome. , Pachymétrie ultrasonique. , Pression intra-oculaire. , Variabilité.


La prise du tonus oculaire est un acte important lors de la consultation ophtalmologique. Le tonomètre à aplanation est toujours l'outil de référence même si la tonométrie non-contact à air pulsé se développe de plus en plus aujourd'hui. Goldmann en 1957, en s'appuyant sur les travaux d'Imbert et Fick de la fin du XIXe siècle, a mis au point un tonomètre à aplanation dont les mesures sont fiables pour un Sil avec des caractéristiques bien définies [1]. Cependant, il existe de nombreuses causes d'erreurs dans le sens d'une sur-estimation ou d'une sous estimation, comme l'explique Whitacre dans son article princeps [2]. Parmi celles-ci la variation de l'épaisseur cornéenne joue un rôle prépondérant. Ce problème a été beaucoup étudié dans les années 70 et il est revenu sur le devant de la scène avec l'avènement des pachymètres ultrasoniques et surtout le développement de la chirurgie réfractive. Ainsi, au cours de notre étude, nous avons voulu déterminer la fiabilité de la mesure de l'épaisseur cornéenne par un pachymètre ultrasonique et l'importance que l'on doit lui accorder lors de l'interprétation de la mesure du tonus oculaire par le tonomètre à aplanation de Goldmann dans des groupes de patients susceptibles de présenter une modification de l'épaisseur de la cornée.

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Étude de la fiabilité de la mesure de l'épaisseur cornéenne par un pachymètre ultrasonique
Sujets et patients

Nous avons recruté des sujets sains, vus en consultation dans le service pour des troubles de la réfraction ou pour des maladies autres qu'un glaucome, une hypertonie oculaire ou un diabète. Toutes ces pathologies ont été éliminées par l'interrogatoire et au cours de l'examen clinique. Tous les sujets atteints de maladies oculaires ou générales à retentissement oculaire (maladies de système) ou porteurs de lentilles de contact ont été exclus. Seuls les astigmatismes inférieurs à 3 dioptries et les amétropies comprises entre ­ 6 et + 8 dioptries ont été retenus pour éviter des facteurs d'erreurs supplémentaires [3, 4]. Les sujets et patients ont été dûment informés et ont donné leur consentement pour la participation à cette étude.

Méthodes

Les méthodes employées ont permis de d'étudier la fiabilité de la pachymétrie ultrasonique d'une part et son intérêt d'autre part.

Instruments

Pour mesurer l'épaisseur cornéenne centrale, nous avons utilisé le pachymètre à ultrasons KMI RK-5000 (Lab. Alcon, Forth Worth, Texas) calibré pour une vitesse des ultrasons dans la cornée de 1 640 m/s et une fréquence de 20 MHz. Les mesures étaient pratiquées après instillation d'une goutte de collyre anesthésique (oxybuprocaïne). Tout au long de notre étude, nous avons pris en compte la moyenne des trois mesures les plus faibles sur une série de six mesures de l'épaisseur cornéenne.

Pour mesurer la pression intra-oculaire, nous avons utilisé un tonomètre à aplanation de Goldmann parfaitement étalonné. Les mesures étaient pratiquées par deux investigateurs après instillation d'une goutte de collyre anesthésique (oxybuprocaïne) et une bandelette de fluorescéine calibrée Haag-Streit®. La moyenne de trois mesures successives était retenue.

TestsComparaison de la moyenne de six mesures et de la moyenne des trois mesures les plus faibles

Nous avons comparé la moyenne des six mesures à celle des trois plus faibles chez des patients sains (n = 25 soit 49 yeux).

Variation intra-observateur

Nous avons également étudié la variation intra-observateur par une série de 6 mesures de l'épaisseur cornéenne centrale par le même observateur, sur un échantillon de 20 yeux chez 10 sujets normaux répondant aux critères déjà cités. Une tierce personne notait les résultats sans les communiquer à l'observateur. Nous avons calculé la différence entre la mesure la plus élevée et la mesure la plus basse par série, puis calculé le coefficient de variation.

Variation inter-observateur

Nous avons évalué la variation des mesures pouvant exister entre deux observateurs entraînés à cette technique sur des patients identiques. Pour cela, nous avons retenu un seul Sil par patient sur un échantillon de 10 sujets normaux.

Variation inter-session

Toujours suivant le même protocole, nous avons mesuré l'épaisseur cornéenne sur un seul Sil de 8 sujets normaux au cours d'une première session puis au cours d'une deuxième session 7 heures plus tard chez les mêmes sujets, par le même observateur.

Variation diurne de l'épaisseur cornéenne

Nous avons effectué sur un groupe de 8 sujets normaux quatre séries de mesures de l'épaisseur cornéenne sur chaque Sil, au cours de la journée (9, 11, 14 et 16 heures). Nous avons effectué la moyenne des pachymétries des sujets normaux pour chaque horaire et pour chaque côté, et nous avons calculé le pourcentage de la variation de ces mesures.

Variation de l'épaisseur cornéenne sur une période prolongée

Pour achever cette étude sur la fiabilité de la mesure de l'épaisseur cornéenne, nous avons étudié la variation de l'épaisseur cornéenne dans le temps chez un même sujet. Pour cela, nous avons repris les dossiers de 69 patients porteurs d'un glaucome primitif à angle ouvert ou d'une hypertonie oculaire ayant bénéficié de plusieurs pachymétries lors des consultations successives dans le service par des observateurs différents.

Variation avant et après chirurgie

Nous avons réalisé sur un échantillon de 12 patients des mesures de l'épaisseur cornéenne la veille et le lendemain d'une intervention pour chirurgie de glaucome à type de trabéculectomie ou de sclérectomie profonde afin de mettre en évidence une éventuelle variation de l'épaisseur cornéenne induite par la chirurgie.

Influence du traitement par dorzolamide sur l'épaisseur cornéenne

Nous avons également recherché s'il existait une différence entre l'épaisseur cornéenne des sujets traités par dorzolamide (n = 16) et les sujets recevant un autre traitement dans les groupes des glaucomes primitifs à angle ouvert et des hypertonies (n = 161). La durée de traitement par le dorzolamide variait de 6 à 26 mois avant la mesure.

Étude de l'épaisseur cornéenne dans six groupes de patients

  • un premier groupe de 134 sujets normaux répondant aux critères cités plus haut,
  • un deuxième groupe de 111 patients avec un glaucome primitif à angle ouvert (GPAO) régulièrement suivis dans le service. Ils présentaient un tonus oculaire avant traitement supérieur à 21 mmHg, des atteintes de type glaucomateux du champ visuel et des signes de glaucome à l'examen des papilles. Ces patients étaient tous traités médicalement ou chirurgicalement,
  • le troisième groupe est composé de 66 sujets avec une hypertonie oculaire (HTIO). Le tonus oculaire était supérieur à 21 mmHg sans traitement (notion connue dans le dossier médical), et il n'existait pas d'atteinte du champ visuel ni de la papille,
  • dans le quatrième groupe, les sujets sont porteurs d'un glaucome à pression normale (GPN) (n = 12). Ils avaient un tonus oculaire inférieur à 21 mmHg avec des atteintes du champ visuel et de la papille de type glaucomateux,
  • dans le cinquième groupe, on dénombre 62 sujets diabétiques dont 10 atteints d'un diabète insulino-dépendant (DID) et 52 d'un diabète non insulino-dépendant (DNID). La moyenne de l'hémoglobine glycosylée était de 8,93 % (valeurs normales entre 4 et 6 %). Il existait une rétinopathie proliférative (RDP) chez 37 patients et non-proliférative (RDNP) chez 25 patients. Ces patients n'étaient pas glaucomateux ou hypertones pour ne pas introduire de biais, l'association entre diabète et glaucome étant rapportée, mais également discutée [5, 6],
  • le dernier groupe se compose de 27 sujets ayant bénéficié d'une kératoplastie transfixiante. Les indications de ces greffes étaient des kératocônes (n = 5), des dystrophies bulleuses sur implants de chambre antérieure (n = 19) et des taies cornéennes (n = 3).

Les caractéristiques des différentes populations sont exposées dans le tableau I.

Statistiques

Un seul Sil a été retenu au hasard pour l'analyse dans les affections bilatérales, et l'Sil touché pour les atteintes unilatérales.

Les données ont été saisies dans un tableur (Excel) et analysées avec le logiciel SAS. Pour comparer la variation inter-observateur et inter-session, nous avons employé le test de Wilcoxon. Pour analyser la variation de l'épaisseur cornéenne au cours du temps, nous avons utilisé le coefficient de variation (écart-type/moyenne) pour chaque patient et nous avons réalisé la moyenne de ces coefficients de variation. Nous avons comparé les groupes entre eux sur le plan de l'âge, du sexe, de la pression intra-oculaire, et de l'épaisseur cornéenne par un test d'analyse de variance (ANOVA) avec un post-test de Newman Keuls. La méthode de Bartlett nous a permis de tester l'homosédasticité (égalité des variances), pour placer cette ANOVA dans ses contours de validité : cette méthode est requise pour comparer des groupes d'effectifs disparates. Nous avons recherché une corrélation entre la pression intra-oculaire et l'épaisseur cornéenne par un test de régression linéaire.

RÉSULTATS

Comparaison de la moyenne de six mesures et de la moyenne des trois mesures les plus faibles

Nous retrouvons une différence de 2,7 ± 1 μm entre la moyenne des six mesures et celle des trois mesures les plus faibles.

Variation intra-observateur

La variation intra-observateur est de 9 ± 4 μm, [5-19 μm], [IC 95 % : 8-11], moyenne ± écart type, [mini-maxi], [intervalle de confiance à 95 %] et un coefficient de variation moyen de 0,60 ± 0,20 %, [0,33-1 %], [IC 95 % : 0,50-0,70 %].

Variation inter-observateur

La variation inter-observateur est non significative (p > 0,05) avec une différence de 4 ± 4 μm, [1-13 μm], [IC 95 % : 2-7 μm] et un coefficient moyen de variation entre les deux observateurs de 0,52 ± 0,42 %, [0,13-1,43 %], [IC 95 % : 0,22-0,82 %].

Variation inter-session

La variation des mesures entre deux sessions séparées de 7 heures est non significative avec une différence de 5 ± 5 μm, [1-17 μm], [IC 95 % : 1-9 μm] et un coefficient de variation entre les deux sessions de 0,60 ± 0,63 %, [0-2 %], [IC 95 % : 0-1,12 %].

Variation diurne de l'épaisseur cornéenne

La variation diurne est de 4 μm soit 0,70 % entre 9 heures et 16 heures, avec une légère différence entre l'Sil droit (3 μm soit 0,50 %) avec un coefficient de variation de 0,31 %, et l'Sil gauche (5 μm soit 0,90 %) avec un coefficient de variation de 0,41 %. Il existe des différences significatives sur le plan statistique (tableau II), entre l'Sil droit et l'Sil gauche et entre l'heure des mesures. Les écarts n'ont cependant pas de répercussion clinique.

Variation de l'épaisseur cornéenne sur une période prolongée

Sur un échantillon de 69 yeux, le coefficient de variation moyen est de 1,5 ± 1,9 % [0-14,5 %] soit 14 ± 16 μm [0-116 μm] pour un intervalle de temps moyen entre les deux mesures de 11 ± 7 mois [1 à 25 mois]. La plupart des différences n'excède pas 15 μ. La plus grande différence de 106 μ correspond certainement à une erreur de mesure.

Comparaison des groupes de patients

La deuxième partie de nos résultats concerne la comparaison des groupes entre eux pour l'âge, la pression intra-oculaire et l'épaisseur cornéenne, le sexe et le côté droit ou gauche. Tout d'abord, en ce qui concerne l'âge, nous ne retrouvons pas de différence statistiquement significative entre les sujets normaux, les hypertones et les diabétiques. Cependant, il existe une différence statistiquement significative (p < 0,001) entre les sujets normaux (55 ± 19 ans, moyenne ± écart type) et les GPAO (68 ± 13 ans), les GPN (74 ± 15 ans) et les greffés (72 ± 18 ans). Nous ne retrouvons aucune relation entre l'âge et l'épaisseur cornéenne.

En ce qui concerne la pression intra-oculaire, nous observons une différence statistiquement significative (p < 0,001) entre les sujets normaux et les autres groupes sauf avec le groupe GPN (tableau III).

Il existe une différence statistiquement significative (p < 0,001) entre l'épaisseur cornéenne des sujets porteurs d'une hypertonie oculaire et celle des sujets des autres groupes. Les patients avec un GPN ont une épaisseur cornéenne statistiquement plus faible que les groupes contrôles et GPAO (p < 0,01) (tableau IV).

Nous avons retrouvé une corrélation statistiquement significative (p < 0,05) entre la pression intra-oculaire et l'épaisseur cornéenne chez les sujets normaux (figure 1) et diabétiques (figure 2). Cela signifie que la valeur de la pression intra-oculaire varie dans le même sens que la valeur de l'épaisseur cornéenne. Pour les patients normaux, la PIO augmente de 0,32 mmHg pour 10 μm d'épaisseur cornéenne supplémentaire.

En ce qui concerne les diabétiques, on retrouve un résultat à peu près équivalent avec une augmentation de la PIO de 0,39 mmHg pour 10 μm d'épaisseur cornéenne en plus. En revanche, aucune corrélation n'a pu être mise en évidence dans les trois autres groupes car ces patients recevaient un traitement hypotonisant.

Variation avant et après chirurgie

La chirurgie antiglaucomateuse ne modifie pas l'épaisseur cornéenne (test de Wilcoxon apparié, p = 0,15) (tableau V).

Influence du traitement par dorzolamide sur l'épaisseur cornéenne

Il n'existe aucune différence statistiquement significative entre les patients recevant ou pas du dorzolamide selon un test de Mann-Whitney (tableau VI).

Comparaison selon le sexe

La différence n'est pas statistiquement significative au niveau de l'épaisseur cornéenne entre les hommes et les femmes par le test de Mann-Withney, sauf dans le groupe des sujets ayant bénéficié d'une kératoplastie transfixiante.

Comparaison selon le côté

Une différence significative (p < 0,05) entre les deux yeux est notée par le test de Wilcoxon, quel que soit le groupe considéré. L'épaisseur cornéenne est plus grande pour l'Sil gauche que pour l'Sil droit, quel que soit le groupe ; cette différence n'excède pas 5 μ sauf dans le groupe greffes de cornée.

DISCUSSION

La relation entre l'épaisseur cornéenne et la pression intra-oculaire a déjà été étudiée dans les années 65-70 par plusieurs auteurs [7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14]. Plus de vingt ans après, Argus publie en 1995 un article qui fait date : il confirme, en utilisant un pachymètre à ultrasons, les données antérieures [15]. Pendant ces trois dernières années, plusieurs équipes ont publié les mêmes résultats, et aujourd'hui l'interprétation du chiffre de pression intra-oculaire lors de la chirurgie réfractive est un sujet d'actualité.

Le principe de Imbert-Fick énonce que la pression régnant dans une sphère idéale est égale à la force nécessaire pour aplanir sa surface. La sphère idéale se définit comme étant sans rigidité et sans épaisseur. Il est facile de concevoir que plus cette paroi est épaisse, cambrée et rigide, plus il faudra appliquer une force importante pour l'aplanir, et les chiffres obtenus lors de la mesure seront surestimés en cas de cornée épaisse et sous estimés en cas de cornée plus fine.

L'épaisseur cornéenne centrale n'est d'ailleurs pas le seul élément susceptible de fausser la mesure de la pression intra-oculaire. Ainsi, au cours d'un article qui fait référence, Whitacre ne dénombre pas moins de 45 paramètres pouvant influencer la mesure de la pression intra-oculaire dans une étendue allant de ­ 30 mmHg à + 24 mmHg [2] !

Sur le plan de la fiabilité des mesures de la pachymétrie ultrasonique, Gordon retrouve une variation intra-observateur moyenne de 6 μm, ainsi qu'une variation inter-observateur de 11 μm et inter-session de 14 μm [16]. Salz retrouve une variation intra-observateur de 7 μm et inter-observateur de 10 μm lors d'une étude comparative entre différents pachymètres [17]. Nos résultats montrent une reproductibilité identique à ces auteurs (tableau VII).

Harper dans son étude sur la variation diurne de l'épaisseur cornéenne sur une période de 48 heures retrouve une amplitude diurne de l'épaisseur cornéenne de 7,2 % chez des volontaires sains [18]. Kaya distingue deux groupes de sujets ; l'un dont l'épaisseur cornéenne est stable au cours de la journée et l'autre dont la variation est de 8,5 % principalement entre 9 heures et 12 heures [19]. Enfin, Kiely retrouve une diminution progressive de 2,1 % de l'épaisseur cornéenne centrale au cours de la journée [20].

La variation diurne moyenne de 0,70 % retrouvée au cours de notre étude se rapproche plus des données de la littérature montrant une relative stabilité de l'épaisseur cornéenne au cours de la journée, que des données de Harper où la variation de l'épaisseur cornéenne a été étudiée également pendant la nuit. Les autres études ont pris en compte uniquement la variation diurne, ce qui correspond plus à la pratique clinique habituelle.

La variation de l'épaisseur cornéenne chez des patients glaucomateux au cours des consultations itératives de suivi, n'a jamais été étudiée à notre connaissance. Nous avons donc recueilli de manière rétrospective les pachymétries chez 69 sujets glaucomateux ou hypertones suivis dans le service. Le coefficient de variation moyen des mesures de pachymétrie sur un suivi moyen de 11 ± 7 mois est de 1,5 ± 1,9 %. Ces résultats paraissent montrer la grande stabilité de l'épaisseur cornéenne au cours du temps ; ils suggèrent qu'il n'est pas nécessaire de pratiquer une pachymétrie à chaque consultation.

En ce qui concerne le type de pachymètre utilisé, il faut distinguer deux groupes. Les auteurs les plus anciens [7, 8, 9, 10, 11, 12, 14, 21, 22] utilisaient un pachymètre à cohérence optique Haag-Streit®, monté sur une lampe à fente du même constructeur. Cette méthode, réservée à des opérateurs entraînés, demandait une mesure rigoureuse sinon les erreurs pouvaient être nombreuses [23, 24]. Par la suite, est apparu le pachymètre à ultrasons, et de nouvelles études ont comparé ces deux types d'appareils [17, 25].

Avec la pachymétrie à cohérence optique, la valeur normale de l'épaisseur cornéenne se situait aux environs de 520 μm (tableau VIII).

En pachymétrie ultrasonique, la valeur normale de l'épaisseur cornéenne se situe entre 540 μm et 560 μm [18, 19, 27, 28, 29], avec une assez bonne corrélation entre les deux méthodes (tableau IX).

Au cours de notre étude, nous retrouvons sur un échantillon de 134 sujets normaux, une épaisseur cornéenne moyenne de 548 ± 32 μm, ce qui est tout à fait conforme aux résultats des autres études déjà citées (tableau X). La différence d'épaisseur cornéenne retrouvée entre notre étude et celle d'Argus, s'explique par le fait que cet auteur a mesuré l'épaisseur cornéenne centrale en plaçant sa sonde à 1,5 mm en temporal du reflet cornéen, contrairement à nous qui n'avons retenu que la moyenne des trois mesures les plus faibles pour s'assurer d'être le plus central possible sur la cornée ou l'épaisseur est moindre [31].

La pression intra-oculaire moyenne de 15,0 ± 2,5 mmHg que nous avons mesurée chez les sujets normaux est également conforme à la littérature (tableau XI).

Comme dans la plupart des études sur ce sujet, nous retrouvons une différence statistiquement significative entre l'épaisseur cornéenne des sujets hypertones et celle des autres groupes. Ces données étaient déjà connues en pachymétrie optique [37] (tableau XII). Seul Wolfs n'a pas pu mettre en évidence une telle différence entre sujets contrôles et le groupe avec hypertonie oculaire qui dans son étude est réduit à treize cas [29].

Chez les patients porteurs d'un glaucome primitif à angle ouvert, nous ne notons pas de différence statistiquement significative de l'épaisseur cornéenne avec les sujets normaux. Nos résultats confirment les données de la littérature [15, 36, 37, 38, 39], même si certains sont contradictoires [29, 40].

Nous avons également observé que chez les patients avec un glaucome à pression normale (certes avec un échantillon faible), la cornée est statiquement moins épaisse que chez les sujets normaux et les patients porteurs d'un GPAO. Cette différence est soulignée par certains auteurs [39, 41] mais pas par d'autres [38]. Ainsi, les sujets avec un glaucome à pression normale ont une cornée significativement plus fine que les autres, ce qui entraînerait une sous-estimation de la pression intra-oculaire (tableau XIII).

Chez les diabétiques, Pierro met en évidence une différence statistiquement significative entre les sujets sans rétinopathie et ceux avec, quelle que soit la sévérité de celle-ci [42]. Busted retrouve une différence statistiquement significative entre les sujets normaux ou avec une rétinopathie de type « background » et les sujets avec une rétinopathie proliférante [43]. Il ne semble pas exister de relation entre l'épaisseur cornéenne et la glycémie tout au moins chez l'animal [44]. Si l'on sépare notre échantillon en fonction du degré de la rétinopathie, la différence n'est pas statistiquement significative.

Le grand intérêt de la mesure de l'épaisseur cornéenne par la pachymétrie dans le suivi des patients présentant un problème de tonus oculaire, est de permettre d'éviter des erreurs entraînant une prise en charge mal adaptée. Ainsi, comme l'a étudié Ehlers, la correction peut aller de ­ 4,9 mmHg pour une pression intra-oculaire mesurée à 30 mmHg et une épaisseur cornéenne de 590 μm, à + 6,2 mmHg pour une pression intra-oculaire mesurée à 30 mmHg et une épaisseur cornéenne à 450 μm [45].

Il semble donc que la pachymétrie soit indispensable à une interprétation correcte du chiffre de pression intra-oculaire mesurée par le tonomètre à aplanation de Goldmann. Ceci est d'autant plus vrai s'il existe une discordance entre la valeur de la pression intra-oculaire mesurée chez un patient et l'examen de la papille, des fibres optiques et du champ visuel. En effet, comme le montre Johnson, la mesure de l'épaisseur cornéenne peut éviter des traitements inutiles [46]. Il relate l'histoire d'une jeune fille de dix-sept ans avec une pression intra-oculaire mesurée avec le tonomètre de Goldmann à 40 mmHg dans chaque Sil, résistante à tous les traitements médicaux entrepris. L'épaisseur cornéenne est mesurée à 900 μm de chaque côté ! Il entreprend alors la mesure de la pression intra-oculaire dans la chambre antérieure avec une canule reliée à un appareil de mesure de pression et retrouve une pression intra-oculaire réelle en chambre antérieure de 11 mnHg.

Pour les patients bénéficiant d'une chirurgie réfractive se pose le problème du dépistage et du suivi d'un éventuel glaucome primitif à angle ouvert avant ou après la chirurgie comme le soulignent Mardelli [47] et Pepose [48]. En effet, ces patients myopes sont à risque pour le GPAO et reçoivent de plus une corticothérapie locale souvent prolongée. L'amincissement de la cornée et la modification de sa structure rendent les chiffres de pression intra-oculaire plus difficiles à interpréter. Des abaques de corrections ont même été proposés [49]. Ce sera certainement un des défis majeurs à relever ces prochaines années dans les procédures où la cornée est amincie, PKR et LASIK [50].

Lorsqu'on s'intéresse à la variation de l'épaisseur cornéenne par rapport à une chirurgie antiglaucomateuse, on note que Korey, au cours de son étude sur la densité cellulaire et la pachymétrie, ne retrouve pas de différence statistiquement significative entre la valeur préopératoire et la valeur mesurée 12 semaines après l'intervention [51]. Nous avons voulu étudier l'influence de la chirurgie antiglaucomateuse immédiatement après celle-ci. Nous avons ainsi mesuré l'épaisseur cornéenne la veille et le lendemain de l'intervention à type de trabéculectomie selon la technique de Cairns ou de sclérectomie profonde, chez douze patients. Nous ne retrouvons pas de différence statistiquement significative entre ces deux séries de valeurs. Là encore il est légitime de considérer que l'épaisseur cornéenne est un paramètre stable dans le temps.

Comme dans la plupart des études [11, 29, 52], nous ne retrouvons pas de différence statistiquement significative entre l'épaisseur cornéenne des hommes et celle des femmes, quel que soit le groupe considéré.

Dans notre étude, nous retrouvons une différence statistiquement significative entre l'épaisseur cornéenne de l'Sil droit et celle de l'Sil gauche dans chacun des groupes. La différence entre les deux yeux est comprise entre 3 et 5 μm. Cette différence est à considérer comme négligeable en pratique clinique puisque le constructeur du pachymètre annonce une précision de la mesure à ± 5 μm. Cette différence peut donc être uniquement due à l'incertitude de la mesure.

Par contre en pachymétrie optique il avait été mis en évidence une différence significative entre l'épaisseur cornéenne de l'Sil droit et celle de l'Sil gauche d'un même sujet. Cette différence s'expliquerait par un biais dans la méthode de mesure en pachymétrie à cohérence optique au niveau de l'angle d'incidence du faisceau lumineux sur la cornée [23, 24].

Nous nous sommes intéressés à l'influence du traitement par le dorzolamide sur l'épaisseur cornéenne car les inhibiteurs de l'anhydrase carbonique peuvent modifier l'activité des enzymes intra-cornéennes et notamment l'isotype II. Si Herndon retrouve une augmentation significative de l'épaisseur cornéenne chez des patients recevant du dorzolamide [36], cette modification de la cornée n'est pas observée sur des yeux de sujets sains [53], pas plus que chez des patients glaucomateux et hypertones [54, 55]. Nos propres résultats se rapprochent de ces dernières études.

CONCLUSION

Ainsi, comme nous venons de le voir la mesure de l'épaisseur cornéenne par un pachymètre à ultrasons est une méthode fiable, avec une bonne reproductibilité des valeurs entre les différents observateurs et au cours du temps. Ceci permet d'en faire un examen indispensable à la bonne interprétation de la mesure de la pression intra-oculaire par le tonomètre à aplanation de Goldmann et ainsi d'éviter des erreurs dans le classement nosologique des affections et dans leur prise en charge.


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).


(Les tableaux sont exclusivement disponibles en format PDF).

Figure 1. Corrélation entre l'épaisseur cornéenne et la pression intra-oculaire chez les sujets normaux.

Figure 2. Corrélation entre l'épaisseur cornéenne et la pression intra-oculaire chez les diabétiques



REFERENCE(S)

[1] Goldmann H, Schmidt T. Über applanationstonometrie. Ophthalmologica 1957;134:221-42.

[2] Whitacre MM, Stein R. Sources of error with use of Goldmann-type tonometers. Surv Ophthalmol 1993;38:1-30.

[3] Hovding G. A clinical study of the association between thickness and curvature of the central cornea. Ophthalmol (Copenh) 1983;61:461-6.

[4] Mark HH. Corneal curvature in applanation tonometry. Am J Ophthalmol 1973;76:223-4.

[5] Dielemans I, De Jong PTVM, Stolk R, Vingerling JR, Grobbee DE, Hofman A. Primary open-angle glaucoma, intraocular pressure, and diabete mellitus in the general elderly population. The Rotterdam Study. Ophthalmology 1996;103:1271-5.

[6] Mitchell P, Smith W, Chey T, Healey PR. Open-angle glaucoma and diabetes. Ophthalmology 1997;104:712-8.

[7] Ehlers N, Hansen FK. On the optical measurement of corneal thickness. Acta Ophthalmol (Copenh) 1971;49:65-81.

[8] Ehlers N, Riise D. On corneal thickness and intraocular pressure : a clinical study on the thickness of the cornea in eyes with retinal detachment. Acta Ophthalmol (Copenh) 1967;45:809-13.

[9] Ehlers N. On corneal thickness and intraocular pressure. II : a clinical study on the thickness of the corneal stroma in glaucomatous eyes. Acta Ophthalmol (Copenh) 1970;48:1107-12.

[10] Hansen FK, Ehlers N. Elevated tonometer readings caused by a thick cornea. Acta Ophthalmol (Copenh) 1971;49:775-8.

[11] Hansen FK. A clinical study of the normal human central corneal thickness. Acta Ophthalmol (Copenh) 1971;49:82-9.

[12] Hedbys BO, Mishima S. The thickness-hydratation relationship of the cornea. Exp Eye Res 1966;5:221-8.

[13] Lowe RF. Central corneal thickness : ocular correlations in normal eyes and those with primary angle-closure glaucoma. Br J Ophthalmol 1969;53:824-6.

[14] Ytterborg J, Dohlman CH. Corneal edema and intraocular pressure, II : Clinical results. Ophthalmol 1965;74:477-84.

[15] Argus WA. Ocular hypertension and central corneal thickness. Ophthalmology 1995;102:1810-2.

[16] Gordon A, Boggess EA, Molinari JF. Variability of ultrasonic pachometry. Opt Vis Sci 1990;67:162-5.

[17] Salz JJ, Azen SP, Berstein J, Caroline P, Villasenor RA, Schanzlin DJ. Evaluation and comparison of sources of variability in the measurement of corneal thickness with ultrasonic and optical pachymeters. Ophthalmic Surg 1983;14:750-4.

[18] Harper CL, Boulton ME, Bennett D, Marcyniuk B, Jarvis-Evans JH, Tullo AB, Ridgway AE. Diurnal variations in the human corneal thickness. Br J Ophthalmol 1996;80:1068-72.

[19] Kaya G, Delbosc B, Prost F, Montard M. Variabilité diurne de l'épaisseur cornéenne. Contactologia 1986:159-63.

[20] Kiely PM, Carney LG, Smith G. Diurnal variations of corneal topography and thickness. Am J Optom Physiol Opt 1982;59:976-82.

[21] Azen SP, Burg KA, Smith RE, Maguen E. A comparison of three methods for the measurement of corneal thickness. Invest Ophthalmol Vis Sci 1979;18:535-8.

[22] Weekers JF. La cornée : pachymétrie, examen au microscope spéculaire. J Fr Ophtalmol 1982;5:535-45.

[23] Olsen T, Nielsen CB, Ehlers N. On the optical measurement of corneal thickness. I. Optical principe and source of error. Acta Ophthalmol (Copenh) 1980;58:760-6.

[24] Olsen T, Nielsen CB, Ehlers N. On the optical measurement of corneal thickness. II. The measuring conditions and sources of error. Acta Ophthalmol (Copenh) 1980;58:975-84.

[25] Giasson C, Forthomme D. Comparison of central corneal thickness measurements between optical and ultrasound pachometers. Opt Vis Sci 1992;69:236-41.

[26] Alsbrirk PH. Corneal thickness. I. Age variation, sex difference and oculometric correlations. Acta Ophthalmol (Copenh) 1978;56:95-104.

[27] Saxena S, Agrawal PK, Pratap VB, Nath R, Saxena RC. Central corneal thickness in primary closure glaucoma. Afro-Asian J Ophthalmol 1993;12:360-2.

[28] Siu A, Herse P. The effect of age on human corneal thickness : statistical implications of power analysis. Acta Ophthalmol (Copenh) 1993;71:51-6.

[29] Wolfs RCW, Klaver CC, Vingerling JR, Grobbee DE, Hofman A, De Jong PTVM. Distribution of central corneal thickness and its association with intraocular pressure : the Rotterdam Study. Am J Ophthalmol 1997;123:767-72.

[30] Nissen J, Hjortdal JO, Ehlers N, Frost-Larsen K, Sorensen T. A clinical comparison of optical and ultrasonic pachometry. Acta Ophthalmol (Copenh) 1991;69:659-63.

[31] Lam AKC, Douthwaite WA. The corneal thickness profile in Hong Kong Chinese. Cornea 1998;17:384-8.

[32] Phelps CD, Phelps GK. Measurement of intraocular pressure : a study of its reproducibility. Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol 1976;198:39-43.

[33] Leydhecker W, Akiyama K, Newmann HG. Der intraokulare Durrck gesunder Menschlicher. Augen Klin Monatsbl Augen-heilkd 1959;133:662-70.

[34] Stodtmeister R. Applanation tonometry and correction according to corneal thickness. Acta Ophthalmol (Copenh) 1998;76:319-24.

[35] Bron AM, Creuzot-Garcher C, Goudeau-Boutillon S, D'Athis P. Falsely elevated intraocular pressure due to increased central corneal thickness. Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol 1999;237, in press.

[36] Herndon LW, Choudhri SA, Cox T, Damji KF, Schields MB, Allingham RR. Central corneal thickness in normal, glaucomatous, ocular hypertensive eyes. Arch Ophthalmol 1997;115:1137-41.

[37] Ehlers N, Hansen FK, Aasved H. Biometric correlations of corneal thickness. Acta Ophthalmol (Copenh) 1975;53:652-9.

[38] Tomlinson A, Leighton DA. Ocular dimensions in low-tension glaucoma. Br J Ophthalmol 1972;56:97-105.

[39] Morad Y, Sharon E, Hefetz L, Nemet P. Corneal thickness and curvature in normal tension glaucoma. Am J Ophthalmol 1998;125:164-8.

[40] De Cevallos A, Dohlman CH, Reinhart WJ. Corneal thickness in glaucoma. Ann Ophthalmol 1976;8:177-82.

[41] Ehlers N, Hansen FK. Central corneal thickness in low-tension glaucoma. Acta Ophthalmol (Copenh) 1974;52:740-6.

[42] Pierro L, Brancato R, Zaganelli E. Correlation of corneal thickness with blood glucose control in diabetes mellitus. Acta Ophthalmol (Copenh) 1993;71:169-72.

[43] Busted N, Olsen T, Schmitz O. Clinical observations on the corneal thickness and the corneal endothelium in diabetes mellitus. Br J Ophthalmol 1981;65:687-90.

[44] Herse P, Adams L. Effect of hyperglycemia duration on rabbit corneal thickness and endothelial ATPase activity. Acta Ophthalmol (Copenh) 1995;73:158-61.

[45] Ehlers N, Bramsen T, Sperling S. Applanation tonometry and central corneal thickness. Acta Ophthalmol (Copenh) 1975;53:34-43.

[46] Johnson M, Kass MA, Moses RA, Grodzki WJ. Increased corneal thickness simulating elevated intraocular pressure. Arch Ophthalmol 1978;96:664-5.

[47] Mardelli PG, Piebenga LW, Whitacre MM, Siegmund KD. The effect of Excimer laser photorefractive keratectomy on intraocular pressure measurements using the Goldmann applanation tonometer. Ophthalmology 1997;104:945-9.

[48] Pepose JS, Lim-Bon-Siong R, Mardelli PG. Future shock : the long term consequences of refractive surgery. Br J Ophthalmol 1997;81:428-9.

[49] Chatterjee A, Shah S, Bessant DA, Naroo SA, Doyle SJ. Reduction in intraocular pressure after excimer laser photorefractive keratectomy : correlation with pre-treatment myopia. Ophthalmology 1997;104:355-9.

[50] Emara B, Probst LE, Tingey DP, Kennedy DW, Willms LJ, Machat J. Correlation of intraocular pressure and central corneal thickness in normal myopic eyes and after laser in situ keratomileusis. J Cataract Refract Surg 1998;24:1320-5.

[51] Korey M, Gieser D, Kass MA, Waltman SR, Gordon M, Becker B. Central corneal endothelial cell density and central corneal thickness in ocular hypertension and primary open-angle glaucoma. Am J Ophthalmol 1982;94:610-6.

[52] Foster PJ, Baasanhu J, Alsbirk PH, Munkhbayar D, Uranchimeg D, Johnson GJ. Central corneal thickness and intraocular pressure in a Mongolian population. Ophthalmology 1998;105:969-73.

[53] Egan CA, Hodge DO, McLaren JW, Bourne WM. Effect of Dorzolamide on corneal endothelial function in normal human eyes. Invest Ophthalmol Vis Sci 1997;115:1137-41.

[54] Kaminski S, Hommer A, Koyuncu D, Biowski R, Barisani T, Baumgartner I. Influence of dorzolamide on corneal thickness, endothelial cell count and corneal sensibility. Acta Ophthalmol (Copenh) 1998;76:78-9.

[55] Lass JH, Khosrof SA, Laurence JK, Horwitz B, Ghosh K, Adamsons I. A double-masked, randomized, 1-yaer study comparing the corneal effects of dorzolamide, timolol, and betaxolol. Arch Ophthalmol 1998;116:1003-10.


© 1999 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
EM-CONSULTE.COM is registrered at the CNIL, déclaration n° 1286925.
As per the Law relating to information storage and personal integrity, you have the right to oppose (art 26 of that law), access (art 34 of that law) and rectify (art 36 of that law) your personal data. You may thus request that your data, should it be inaccurate, incomplete, unclear, outdated, not be used or stored, be corrected, clarified, updated or deleted.
Personal information regarding our website's visitors, including their identity, is confidential.
The owners of this website hereby guarantee to respect the legal confidentiality conditions, applicable in France, and not to disclose this data to third parties.
Close
Article Outline
You can move this window by clicking on the headline
@@#110903@@